Nature

Espaces naturels

Les bienfaits de l’écotaxe

© PLR - Fragile, le milieu naturel boisé exige beaucoup d’attentions lors du nettoyage.
Publié le 12/12/2022

Entre soleil et giboulées de novembre, promenade bucolique et riche d’enseignement sur l’écotaxe.

Nous sommes quelque part dans les bois de Rivedoux a l’initiative de Patrice Raffarin, portant à la fois casquette de Maire et de Conseiller départemental. L’élu a invité la presse à une balade automnale les pieds dans la terre détrempée car il souhaite nous montrer, au-delà des grandes opérations, le travail important et minutieux également réalisé grâce aux ressources apportées par l’écotaxe. A ses côtés, Lionel Assier, Chargé de patrimoine naturel au Département. Il sera notre guide dans le labyrinthe de sentiers boisés que nous empruntons.

Un travail de fourmi en plusieurs phases

Première des missions de Lionel Assier, l’identification et l’étude des parcelles pouvant faire l’objet d’une préemption du Département à des fins de renaturation. Ces préemptions peuvent être menées suite à des demandes spontanées (et cela arrive) de propriétaires souhaitant vendre ces parcelles, souvent en camping privé, mais le Département peut lui aussi les solliciter dans le cadre de négociations qui, non abouties, peuvent conduire jusqu’à des procédures d’expropriation. Une fois les parcelles préemptées acquises commence un soigneux travail de nettoyage, préalable nécessaire à la renaturation d’un site qui sera suivi de bout en bout par Lionel Assier.

Des critères sélectifs

« Pour que des parcelles soient préemptées par le Département, elles doivent présenter un intérêt environnemental, paysager ou agricole », explique le Chargé de Patrimoine naturel. Dans ce dernier cas, elles peuvent être ensuite proposées en commission agricole après nettoyage et validation de ce que l’on peut faire dessus. Depuis 2018, quarante et une actions de renaturation ont été menées sur l’île de Ré, dont dix-huit cette année sur une surface totale d’environ huit hectares. Sur celles-ci, au moins une sera proposée en maraîchage bio à la prochaine commission, tandis que de nombreuses autres seront dédiées au pâturage. « Ces actions de préemption permettent une maîtrise foncière et la mise en place d’un vrai plan de gestion », souligne Patrice Raffarin.

In situ, cahier des charges technique

Notre déambulation nous amène devant une parcelle de camping privé en cours de nettoyage. Les entreprises sélectionnées par le Département pour ces opérations doivent souscrire à un cahier des charges strict et les contraintes sont nombreuses, explique Lionel Assier. Leur mission, nettoyer mais avec finesse et doigté puisqu’il s’agit de supprimer l’indésirable, tels grillages rouillées, poteaux, surfaces en béton ou encore espèces végétales indigènes, tout en en préservant au contraire d’autres (pins, chêne vert) ainsi que l’intégrité des sols. Bref, nettoyer une parcelle pour renaturation exige pas mal de travail. Pour exemple, le grillage de la parcelle sur laquelle nous emmène Lionel Assier a préalablement été découpé à la main pour le détacher des poteaux de béton avant de pouvoir être enlevé par la machine.

Entre préemption et nettoyage, les budgets sont importants et il faut par exemple compter quelques 154 K€ pour le seul nettoyage des dix-huit parcelles préemptées cette année par le Département. Des dépenses qui seraient fortement contrariées sans l’existence de l’écotaxe, uniquement dédiée rappelons-le, à des actions en faveur de l’environnement, et dont nous voyons ici un exemple bien utile. « Il y a beaucoup d’habitats naturels d’intérêt européen sur l’Ile de Ré », nous précise Lionel Assier, « des habitats très fragiles et donc à protéger», poursuit-il. Merci donc à la vertueuse écotaxe, principe actif de préservation de notre précieux milieu insulaire.

Pauline Leriche Rouard

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