Nature

Photoreportage naturaliste

Les As du Camouflage

© Mathieu Latour
Publié le 13/05/2021

Dans le royaume animal, l’évolution a permis à de nombreuses espèces de s’adapter à leur environnement de manière à pouvoir se fondre totalement dans le paysage. C’est là toute la beauté du « camouflage ». Ce mécanisme est une méthode de dissimulation permettant à une espèce d’imiter des objets inanimés ou des végétaux et devenir presque « invisible » aux yeux des autres animaux. Les différentes espèces concernées arrivent à ce processus en adoptant des formes et des couleurs variées en rapport avec leur milieu de vie.

Oeil de seiche avec ses chromatophores

Le camouflage peut être utilisé de différentes manières mais le plus souvent il agit comme un mécanisme de défense. C’est notamment le cas pour le phasme gaulois (que nous vous présentions dans le numéro précédent) qui imite à la perfection les brindilles. Mais il n’est pas le seul pouvant se fondre dans son environnement.

Araignée-crabe, fleur mortelle !

On retrouve ce type de camouflage chez certains oiseaux comme le hibou moyen-duc qui passe la journée immobile dans un pin ou un cyprès et dont le plumage rappel l’écorce des arbres. Le poussin du vanneau huppé se plaque au sol lorsqu’il entend le cri d’alarme de ses parents. Avec ses nuances jaunes et brunes, il se confond à merveille avec le sol terreux. Avec sa petite taille, il devient dès lors indétectable et peut rester immobile même si le prédateur l’approche à quelques centimètres. Le crabe en forme de poire va encore plus loin en accrochant des algues sur sa carapace. Il se camoufle ainsi parfaitement dans l’estran rocheux.

Poussin de vanneau huppé caché

Mais le camouflage peut aussi servir aux prédateurs. Chez les insectes, le plus célèbre exemple est la mante religieuse. Verte ou brune, elle peut rester immobile pendant des heures dans la végétation avant de frapper de ses pinces un insecte imprudent. L’araignée-crabe ne tisse pas de toile, mais se cache parmi les fleurs de la même couleur que sa peau. En fonction des variétés de couleurs par espèce (blanche, rose ou jaune), cette araignée devient invisible et transforme la fleur à butiner en piège mortel pour les abeilles et les papillons qui viennent s’y nourrir. Enfin sous les mers, vit tapis entre les algues la seiche. Surnommé « le caméléon des mers », elle est la maîtresse incontestée du camouflage sous-marin sur l’île de Ré. Elle est pour cela pourvue de chromatophores, des cellules pigmentaires qui lui permettent de changer de couleur et même de texture de forme pour se fondre à la perfection parmi la végétation aquatique et le sable. Elle n’a plus qu’à attendre un petit poisson et à frapper avec ses tentacules.

Mante religieuse à l’affût

Tous ces animaux semblent impossibles à observer, pourtant ils sont bien là parmi nous. Il suffit juste d’ouvrir l’oeil et d’être attentif aux indices de la nature pour s’en rendre compte.

Hibou moyen-duc

Mathieu Latour
Photographe animalier
Administrateur Ré Nature Environnement
mathieu.latour98@gmail.com

Mathieu Latour

Réagir à cet article

Je souhaite réagir à cet article

* Champs obligatoires