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Politique - Conseil départemental

Les adieux à la politique de Dominique Bussereau

© Anne-Lise Durif - Elu conseiller départemental à partir de 1985, Dominique Bussereau est resté treize ans à la tête de l’assemblée
Publié le 11/06/2021

Le président du Département de la Charente-Maritime a tenu sa dernière audience le 21 mai 2021. La session s’est clôturée sur une ovation et quelques larmes d’émotion

Il a beau être « branché sur 100 000 volts », comme il en plaisantait encore avant le début de cette dernière séance, le président du Département de la Charente- Maritime estime qu’il « faut savoir passer la main ». Ce qu’il a fait avec émotion en fin de séance, touché par les remerciements d’une dizaine d’élus de l’assemblée de tous bords. Durant près de 45 minutes, les conseillers départementaux ont salué l’homme et ses trentesix années de vie politique. Une carrière « qui suscite le respect », comme l’a rappelé l’élue rochelaise Marylise Fleuret-Pagnoux, égrenant ses différentes fonctions : conseiller général, maire de Saint-Georgesde- Didonne, deux fois député, plusieurs fois secrétaire d’Etat, une fois ministre. Malgré un CV tressé de lauriers, « vous avez toujours su rester simple et accessible », estime encore l’élue rochelaise. Tous ont souligné « la qualité des débats et des relations », « le bon esprit », « la courtoisie des échanges », et même le « respect » de chacun, y compris des voix divergentes, régnant à l’assemblée et au sein des services du Département. Plusieurs d’entre eux ont qualifié Dominique Bussereau d’homme « visionnaire », « pétri d’un humanisme profond », doté d’ « un humour fin et bondissant ».

L’exigence de la ponctualité

Fidèle à sa réputation d’orateur caustique, le sénateur PS de Marennes Mickaël Vallet s’est fendu d’un discours oscillant entre panégyrique et satire. « La ponctualité existe, je l’ai rencontrée », a-t-il affirmé, relatant des anecdotes de visites officielles et de réunions où le président du Département n’avait de cesse de commencer avant l’heure convenue – « Celui qui n’est pas là en avance est déjà en retard », en conclut Mickaël Vallet. Et de s’interroger tout haut sur l’origine « des rafales de tweets systématiques le dimanche en fin d’après-midi ». Des tweets d’où transpireraient quelques « fixations » du président – Ségolène Royal, les trains – et toujours des « jugements balancés fortement d’un côté, puis de l’autre », « une mise au carré immédiatement accompagnée de “malgré toute l’amitié que je lui porte” ». Notant sa passion à défendre les événements sportifs, comme le Tour de France l’an dernier, l’élu marennais s’est étonné que Dominique Bussereau n’ait jamais eu de poste au ministère de la jeunesse et des sports. « Détrompez-vous, en 1978, j’y ai été conseiller ministériel », a répondu malicieusement l’intéressé, pas bégueule.

Un changement dans la continuité

Taquiné sur le dossier de l’A831 qui n’a jamais avancé, Dominique Bussereau a admis que c’était le grand regret de sa mandature. Il a appelé la prochaine assemblée à poursuivre le projet avec la Région et les Pays de la Loire. Il regrette également de n’avoir pas vu l’électrification de la ligne Angoulême- Saintes-Royan et l’arrivée du TGV sur le littoral. « On a déjà fait une grosse partie du chemin avec des travaux de signalisation, d’infrastructures… J’espère que l’on pourra aller plus loin dans les années à venir », a-t-il confié à l’issue de la séance. L’homme repart fier de la mise en place de nombreux autres projets comme le déploiement de la fibre ou encore le plan patrimoine. « Mais nous n’avons rien inventé : nous n’avons fait que poursuivre des politiques déjà engagées, notamment par Claude Belot. On les a au mieux modifiées, adaptées, avant de les abroger », précise-t-il. Il espère que la prochaine assemblée départementale poursuivra le travail de concertation mené auprès des habitants : « Je souhaite notamment que mes successeurs créent un budget participatif qui permette aux citoyens de décider d’une partie des attributions de crédit. Ça existe déjà dans d’autres départements comme le Gers ou les Deux-Sèvres. Ça serait bien que ça se fasse maintenant. »

Et maintenant ?

Interrogé sur ses projets postmandat, Dominique Bussereau a déroulé ainsi son programme de retraité de la politique : « Un tiers de glande, un tiers de bénévolat et un tiers d’activité de conseils ». L’élu compte évidemment profiter de sa famille et en particulier de ses petits enfants. Il a également envie de consacrer du temps à des associations comme L’Hermione-La Fayette, Trains et Tractions (le Train des Mouettes) et à la fondation Valéry Giscard d’Estaing, dont il est déjà le viceprésident délégué. Concernant l’activité de conseil, il va donner des cours dans les grandes écoles comme Sciences-Po ou HEC, où il intervient déjà. Il estime qu’à « la soixantaine bien tassée, transmettre aux plus jeunes ce que l’on sait est sans aucun doute ce que l’on puisse faire de mieux ».

 

Bio Express
1952 : naissance à Tours
1985 : élu conseiller départemental de la circonscription de Royan
1989 : maire de Saint-Georges-de-Didonne
1993 : député de la 4e circonscription de la Charente-Maritime
2002 : secrétaire d’Etat aux transports et à la mer
2004 : ministre de l’agriculture
2007 : secrétaire d’Etat aux transports
2015 : président de l’Assemblée des départements de France (ADF)

Anne-Lise Durif

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