Territoire

Révision du PPRL

Léon Gendre, conseiller général

Léon Gendre : « Oui sur le fond, non sur la forme »

Léon Gendre, avec André Trigano
Publié le 23/07/2013

Les positions prises par le Maire de La Flotte, Léon Gendre, dans le cadre de la révision du PPRL n’étant pas toujours très lisibles aux yeux des Rétais, Ré à la Hune l’a interrogé pour qu’il puisse les clarifier.

Ré à la Hune : Êtes-vous solidaire des autres Maires dans leur combat auprès de l’État ?

Léon Gendre : Je suis parfaitement d’accord sur le fond – c’est pourquoi j’ai signé la motion approuvée à l’unanimité en conseil communautaire – mais je n’approuve absolument pas la forme. Vous ne me verrez pas tenir de « grand-messes » et je souhaite travailler avec les fonctionnaires de l’État. La position de l’état aujourd’hui est l’aboutissement d’un très long cheminement en matière d’inondations et incendies. L’Etat est in fine responsable quand un événement est d’une gravité telle qu’il doit décréter l’état de « catastrophe naturelle » et il a les assureurs sur le dos, qui exercent une pression énorme et ne veulent plus assurer. Après la tempête de décembre 1999, une première circulaire a vu le jour, puis en 2002 Ré a élaboré son PPRL, révisé en 2004. Nathalie Kosciusko- Morizet a ensuite sorti la circulaire de juillet 2011, base de l’élaboration des PPRL.

Qu’est-ce qui vous différencie des autres Maires de l’île de Ré ?

Comme eux, je ne suis pas du tout d’accord avec l’extrême rigueur des cartes. Pour ce qui concerne les conséquences des cartes, je suis totalement aux côtés de mes collègues. Mais je ne m’y prendrais pas comme cela, la « méthode forte » décrédibilise l’île de Ré. L’État a les assureurs à gérer, il doit tenir compte de directives européennes. De plus, Madame le Préfet nous a bien dit que des aménagements seraient possibles quand les digues seront construites, des terrains d’entente trouvés. Si on braque les fonctionnaires, on n’obtiendra rien. La circulaire date de 2011, il fallait la contester à ce moment là. Pour ma part, je garde le contact avec les fonctionnaires au plan local et national. La commune de La Flotte n’ira à aucune réunion publique sur le sujet. Tenir des discours alarmistes auprès de 1000 personnes, toutes mélangées – particuliers, professionnels, agents immobiliers – est facile, voire « poujadiste », et n’apporte rien. C’est comme si je faisais une réunion publique pour dire aux Rétais qu’ils paient trop d’impôts, ils viendraient en masse !

Sur votre Commune de La Flotte, quel discours tenez-vous à vos administrés ?

La Flotte est la commune la plus impactée du canton sud par ces cartes de niveaux d’eau. En intra-muros essentiellement, c’est encore différent pour les communes qui sont impactées en « péri-urbain ». J’ai donc pour le moment arrêté l’élaboration du PLU de La Flotte, dans l’attente des réponses de l’État sur le PPRL. Il faut faire faire une contre-analyse, il y a des marges d’erreurs importantes, qui certainement donneront des niveaux de sol différents. Je ne soutiens pas l’État. Par exemple, je ne suis pas d’accord quand on empêche de construire des étages dans les zones à risque. Pour mes administrés, je les dissuade de déposer des demandes de permis de construire pour le moment – là où certaines communes ont au contraire poussé les habitants à déposer des centaines de permis – car ils seraient refusés en l’Etat. C’est trop tôt. Il faut attendre que les cartes d’aléas sortent, l’État ne bougera pas sa position d’ici là. Je suis à 200 % d’accord avec mes « collègues » sur le fond, mais totalement opposé sur la forme.

Propos recueillis par Nathalie Vauchez

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