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Le Tour de France connecte les îles en très haut débit

© Anne-Lise Durif
Publié le 21/07/2020

À l’occasion du Tour de France, le réseau Orange va renforcer le réseau internet tout au long du parcours, en particulier le long du littoral et sur les îles.

Alimenter les télévisions du monde entier, permettre aux médias présents de relayer leurs informations mais aussi gérer la sécurité. Voilà la mission qu’Amaury Sport Organisation (ASO) a confiée à Henri Terreau, le directeur événementiel d’Orange. « Le Tour de France, c’est le 3e plus gros événement mondial en termes de couverture médiatique mais il l’est aussi en terme technique », expliquet- il. L’organisation de la Coupe d’Europe de foot serait de la gnognotte à côté. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Pour cette édition, 99 chaines de télévision du monde entier seront raccordées pour une diffusion en direct. « Et encore, cette année elles seront moins nombreuses que l’an dernier à cause de la Covid 19. Le groupe australien SBS TV ne devrait pas participer et il reste des incertitudes concernant Eurosport », explique le responsable technique. Il faudra également satisfaire en haut débit les 300 à 450 journalistes et les 47 agences de photos accrédités, sans oublier la centaine de cars-régies qui suit le Tour.

Pour les médias, ASO et Orange vont monter deux salles de presse ponctuelles sur le site de départ et d’arrivée. Pour raccorder ces immenses barnums, 600 mètres de fibre vont être tiré à La Citadelle au Château d’Oléron, presque autant du côté de Saint- Martin-de-Ré. Parmi les 243 antennes en 4G du département, celles du littoral vont être ou sont en cours de modernisation, dont cinq sur l’île d’Oléron (Saint-Georges, Saint-Trojan) et une à Ronce-les-Bains. Trente-huit antennes mobiles vont renforcer le réseau public, pour faire face à la demande en données mobiles générées par les spectateurs. Elles seront disposées essentiellement aux abords des plages, ainsi qu’au Château et à Saint-Martin-de-Ré. Le 1Giga déployé va également permettre de faire remonter au centre de contrôle toutes les données inhérentes à la course : classement, chronométrage, images d’arbitrage (en cas de chute ou de gêne entre coureurs par exemple), etc. « On a deux caméras au départ, six à l’arrivée », précise Henri Terreau.

Un dispositif inédit

Le réseau internet va également permettre d’alimenter le PC sécurité du Tours, en relayant la vidéosurveillance menée par la gendarmerie au sol et en vol (hélicoptère), sous le contrôle permanent d’un sous-préfet nommé à cet effet. L’objectif est aussi bien de se prémunir contre les attentats que d’anticiper d’éventuels accidents avec les spectateurs. « Exceptionnellement cette année, ASO nous a demandé de mettre en place des caméras de comptage à l’entrée des villages étapes, pour faire respecter les jauges établis par l’Etat. C’est encore en cours de réflexion », poursuit Henri Terreau. L’organisation du Tour compte également créer des « bulles » autour des coureurs : pas question pour le public ni pour les journalistes de s’en approcher. Les interviews post-courses se feront en visio-conférence par téléphone. Un autre dispositif inédit qu’Orange devra mettre en place. Trente-huit techniciens seront déployés une quinzaine de jours avant le passage du Tour pour mettre le plus gros des lignes et des antennes en place. Pour revenir tout peaufiner au dernier moment : les salles de presse seront montées et câblées la veille ; le village de départ raccordé vers 4h du matin ; celui de l’arrivée vers 7h, en même temps que le montage des tribunes et du podium. Coût total du déploiement : un peu plus d’un million d’euros, essentiellement financé par le Département de la Charente-Maritime.

Un dispositif spécial sur Ré

« L’île de Ré, c’est un peu comme une étape de montagne finissant en cul-de-sac », s’amuse Henri Terreau. Pour les techniciens du Tour, il a fallut adapter le protocole habituel aux spécificités de l’île. En particulier à Saint-Martin, pour la dernière ligne droite. « Le site étant classé, on n’a pas eu l’autorisation de creuser pour enterrer les lignes.

Du coup, on va acheminer des blocs de béton pour les mettre en aérien », explique le directeur événementiel d’Orange. La fibre passera dans les douves de la citadelle, remontera le long des remparts puis se répartira sur trois poteaux avant d’arriver au camion régie dans le champ des ânes. L’équipe interviendra quinze jours avant l’épreuve. L’autre difficulté de cette journée d’étape consistera à ranger le matériel pour évacuer avant les spectateurs.

Objectif : aller installer le dispositif sur la prochaine étape. « C’est un aspect que les visiteurs ont beaucoup de mal à comprendre, quand ils restent bloqués le temps qu’on évacue les coureurs puis le STAFF technique. Mais nous ne pouvons pas nous permettre de rester bloqués dans les embouteillages de fin de course », explique Henri Terreau.  L’île de Ré ne sera pas accessible de 12h à 19h30

 

 

Une anecdote

« D’habitude quand on arrive quelque part avec le Tour, on est accueilli à bras ouvert. Sur l’île de Ré pas du tout ! », s’exclame Henri Terreau. Le technicien raconte qu’il a fallu rassurer en particulier les élus de Saint-Martin-de-Ré, où se tient le sprint final. La mairie s’est inquiétée de tout : protection du patrimoine et du mobilier urbain, sécurité des biens et des personnes, gestion et tri des déchets pendant et après la course. Selon Henri Terreau, l’équipe technique a dû faire beaucoup de pédagogie pour lever les croyances et les peurs de certains, qui vivaient déjà ce Tour comme une invasion.

Anne-Lise Durif

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