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Le Ré Beach Club : une histoire de passion… et de famille
Le Ré Beach Club a fêté ses vingt ans d’existence en s’offrant, au mois de novembre, un titre de Champion d’Europe. Retour sur le parcours sans faute de ce petit club devenu grand, grâce à une famille férue de volley : les de Kergret.
Le Ré Beach Club, c’est avant tout une histoire de famille. Il suffit d’en regarder l’organigramme. Yann, le père, est président. Marie-Christine, la mère, secrétaire. Leurs enfants, Loïc et Maël, les entraîneurs sportifs. Malou, la fille de Loïc, est membre du Comité directeur et son compagnon, trésorier. Sans oublier Saofé et Keran, les enfants de Maël, tous deux licenciés du club et déjà joueurs de haut niveau.
Chez les de Kergret, le volley se transmet de génération en génération. Cette passion familiale a débuté sur les plages de l’île de Ré il y a une soixantaine d’années avec Marie-Christine. « Je suis née ici, à La Couarde. Quand j’étais enfant, on jouait au beach volley sur la plage, c’était très répandu », se souvient-elle. Le bac en poche, la jeune Rétaise part suivre des études de professeur de sport à Paris où elle est très vite recrutée comme volleyeuse par le Paris Université Club, avec qui elle obtient de multiples titres de championne de France. C’est donc elle qui a filé le virus du volley à ses enfants, Maël et Loïc. Yann, lui, était dans le rugby. « Je suis le seul membre de la famille à ne jamais avoir pratiqué le volley ball. J’ai bien tenté, de nombreuses fois, de convaincre Loïc de se mettre au rugby, mais j’ai échoué », s’amuse-t-il. Il faut dire que, dans la balance, il y avait l’île de Ré et le plaisir de jouer les pieds dans le sable.
Le volley, une évidence
« On revenait à La Couarde pour toutes nos vacances », se souvient Loïc. « Je passais mon temps dans le sable avec un ballon de volley dans les mains, et cela dès l’âge d’un an ! Tous les étés on suivait les cours de beach sur la plage. Il faut dire aussi qu’il y avait toujours beaucoup d’amis volleyeurs de mes parents qui venaient en vacances, des joueurs internationaux. J’ai vraiment baigné dans ce milieu-là. Et donc c’était une évidence. »
A l’âge de 15 ans, Loïc part rejoindre le Pôle France à Montpellier. S’ensuit la carrière que l’on connaît : 250 sélections en Équipe de France, un titre de Champion d’Europe avec le Tours Volley Ball et le titre de Meilleur passeur de la Champions League. Maël marche dans les pas de son grand frère et intègre quatre ans plus tard le Pôle France à l’INSEP. Elle joue dans de nombreux clubs, dont Le Cannet et Saint-Raphaël, jusqu’à ses 30 ans et la naissance de ses enfants. Elle revient alors sur l’île de Ré, où elle commence à donner des cours de volley.
Développer le beach volley sur l’île de Ré
Si le volley fut une évidence pour le frère et la soeur, l’île de Ré aussi. « On venait pour toutes les vacances, et il était hors de question de rentrer un peu plus tôt à Paris », se souvient Yann. « Les enfants ne voulaient jamais repartir ! »
« L’idée de développer le beach volley sur l’île de Ré nous a toujours trotté dans la tête », développe Maël. « Nous, tout ce qu’on voulait, c’était rester sur l’île de Ré, mais on était obligé de rentrer à Paris pour le volley. Le seul argument pour nous faire monter dans la voiture à la fin des vacances, c’était qu’il n’y avait pas de club sur l’île, pas d’entraînement et pas de structure pour jouer l’hiver. Donc un jour on s’est regardés avec Loïc et on s’est dit : Eh bien, un jour, il y aura tout ça ! »
Professionnalisation
En 2005, le RBC est créé avec Maël comme entraîneur. Loïc suivra plus tard, après avoir fait une pause à la fin de sa carrière professionnelle. « Vivre là, pour moi, ça ne pouvait pas être autrement », dit-il. « Mais j’ai eu besoin de faire un break avec le volley quand j’ai arrêté ma carrière pro en 2012. Pendant cinq ans je n’ai pas mis un pied sur un terrain et j’ai géré un bar aux Gollandières. »
C’est à partir de 2018 que le club prend son envol, tout d’abord avec la création de la section sportive au Collège Les Salières où Maël a donné des cours pendant les premières années du club. En 2022, la professionnalisation suit son cours avec la création du Pôle Espoir Beach Volley pour les jeunes de 14 à 18 ans, au sein du Collège de Saint-Martin et du Lycée Saint-Exupéry. Enfin, en 2024, est lancée la Ré Beach Académie, cette fois à destination des jeunes adultes souhaitant poursuivre une formation de haut niveau. Une évolution rendue possible par la construction de l’aRéna – sports de sable à Saint-Martin, qui permet la pratique du beach volley tout au long de l’année.
Des résultats internationaux
Le nombre de licenciés frôle aujourd’hui les cent soixante-dix volleyeurs et les résultats démontrent la qualité de l’enseignement dispensé, avec en 2025 six médailles d’or internationales et cinq d’argent. Des résultats qui placent le RBC comme l’un des clubs de beach les plus importants de l’Hexagone. Pour autant, le RBC continue d’assurer la mission première qu’il s’était fixée : développer la pratique du beach volley en faveur des jeunes, notamment en réalisant des interventions dans toutes les écoles primaires de l’île et en enseignant à l’année aussi bien aux débutants qu’aux pratiquants loisirs. Selon Maël, « l’objectif c’est avant tout de faire que tous les jeunes puissent découvrir le beach volley, le pratiquer à l’année. Mais aussi faire des compétitions ».
Car comme le rappelle Yann, « un club sportif géré par des sportifs est forcément orienté sur la compétition ». Aujourd’hui la troisième génération est déjà sur les rails du haut niveau. Saofé Duval, l’aînée de Maël, tout juste âgée de 20 ans, a déjà à son actif plusieurs titres de Championne de France ainsi qu’un bronze européen (U18 en 2023) et une médaille d’argent aux Championnats d’Europe U20 de 2025. Elle est en partance pour la Floride pour ses études universitaires et jouera l’an prochain avec l’université en NCAA, le championnat universitaire américain. Son petit frère Keran fait quant à lui partie de l’équipe sacrée championne d’Europe au mois de novembre à Héraklion en Grèce, faisant du RBC le premier club français à inscrire son nom au palmarès de la Coupe d’Europe des Clubs.
Le Ré Beach Club voit également aujourd’hui bon nombre des jeunes qu’il a formés monter sur les podiums nationaux et internationaux, comme Joadel Geneviève Gardoque qui a remporté au mois de décembre, avec son partenaire Elouan Chouikh-Barbez, le tournoi Elite 16 d’Itapema au Brésil, soit l’une des compétitions du plus haut niveau sur le Beach Pro Tour. En tout, neuf licenciés du RBC sont en Pôle France, jeune ou senior. « On a onze titres de Champion de France depuis notre création, toutes catégories confondues », détaille Loïc. « Mais on aurait pu en avoir plus. Ce qui nous intéresse avant tout c’est l’évolution de nos joueurs. Certains ne jouent plus dans leurs catégories car ça ne sert à rien. »
Le Ré Beach Club montera-t-il encore plus haut ? Tout est possible, avec la ténacité des de Kergret. Pour Loïc, le RBC pourrait prétendre à « récupérer une partie du Pôle France Jeune ». Pour Maël, « maintenant que l’île de Ré est reconnue par tout le monde du beach français et international, il faudrait finir d’asseoir ça par l’organisation d’une compétition internationale ». Ils ont encore des rêves plein la tête, les de Kergret, pour le bien du beach volley, et de l’île de Ré.
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