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Le monde vu par les femmes

Du 16 au 24 avril, la Galerie Glineur à Saint-Martin, présentera les œuvres de trois artistes : Marina Ho, Véronique Gerbaud-Lambert et Monica Mariniello. Trois univers différents qui se répondent, car ils traitent tous du mystère de la création.
Un monde poétique, élégant et silencieux
Ce n’est qu’à l’âge de 28 ans que Marina Ho quitte le monde de la mode pour se consacrer totalement à la peinture. Autodidacte, elle prend néanmoins rapidement son envol.
Eurasienne, issue d’une famille cultivée, elle est porteuse d’un bagage culturel multiple dont la richesse apparaît dans ses tableaux. Elle nous fait immédiatement pénétrer dans son univers fascinant, fait d’ombre et de lumière d’où émergent une silhouette, un visage, une épaule à la chair délicate. La lumière qui les fait surgir de l’obscurité leur donne un aspect fantomatique, irréel et cependant étonnamment présent. Le choix des matériaux avec lesquels elle travaille contribue à la noirceur de l’environnement dans lequel baignent ses créations ; Monica utilise principalement du fusain sur papier et de l’huile sur toile, mais uniquement avec du pigment noir. Et lorsque couleur il y a, elle est suggérée plutôt qu’imposée.
Pudique, elle aborde cependant le corps humain avec sensualité, le découvrant toujours partiellement : la courbe d’une chute de rein, le creux intensément charnel d’une gorge ou la ligne pure d’un cou sont plus évocateurs que la totalité d’un corps. Ses femmes sont rondes, échappant à la tyrannie de la mode et de la société et il en émane une beauté libérée. Les constructions de Marina prennent vie dans un monde poétique, élégant et silencieux, marqué par sa propre histoire et elle ne semble pas concevoir la beauté sans cette part d’ombre qui la lie à l’éternité. Un environnement dans lequel on se perd avec délectation !
Un clair-obscur inquiétant
Moins sombres, les paysages de Véronique Gerbaud-Lambert peuplent un monde au clair-obscur inquiétant. Ses tondis et ses toiles vaporeux attirent par leur douceur et une apparence classique, presque désuète. En y regardant de plus près, on découvre une nature originelle, mystérieuse, où tout peut arriver et une facture très contemporaine. Véronique invite le spectateur à la rejoindre dans le voyage initiatique qu’elle entreprend : « Chaque pas est une promenade, un rêve où vous êtes invités à venir faire quelques pas et peut-être nous rencontrerons-nous ».
« Contre-jour » une œuvre de Véronique Gerbaud-Lambert.
« Contre-jour » une œuvre de Véronique Gerbaud-Lambert. Chaque toile, nimbée d’une lumière irréelle interpelle, suggérant un périple, donnant envie de s’enfoncer avec l’artiste dans la végétation luxuriante, à la découverte de ce qui existe peut-être plus loin. Paradis perdu ? Véronique prend le temps de parcourir ce monde faussement tranquille qu’un éclairage différent peut faire basculer, comme elle prend le temps de dérouler sa technique extrêmement efficace, une peinture à l’huile et à tempera (peinture à l’œuf) d’une grande douceur.
La lumière de l’antiquité romaine
Née à Sienne, Monica Mariniello porte en elle l’art et l’exubérance des maîtres italiens de la Renaissance. Sa production est également marquée par l’Antiquité romaine, synonyme d’harmonie. Un ensemble de références majeures sur lesquelles elle s’appuie pour construire son propre style inscrit dans la modernité.
Après des cours de dessin à l’Académie de Florence, elle étudie la sculpture aux Beaux-Arts à Paris. Elle travaille le plâtre, le métal, la photographie avant que n’entre dans sa vie la terre et l’envie de la modeler. A partir de 1995, des terres cuites apparaissent dans ses créations et la série Teatrum Mundi donne naissance à une humanité plurielle, têtes en terre cuite se dressant au bout d’une longue tige de métal, un autre matériau de prédilection de l’artiste. « Les Voyageurs », série que présente aujourd’hui la galerie Glineur, est l’aboutissement, sur le plan formel, d’un long cheminement imprégné des rites initiatiques d’indiens Navajos au Nouveau Mexique et de la beauté de la pierre rose et tendre des temples du sud de l’Inde. Cette terre, où elle laisse les couleurs « s’installer à leur guise » comme elle aime à le dire, véhicule un langage fort exprimant son point de vue sur ce monde. Des thèmes réapparaissent régulièrement : son lien fusionnel à la nature, la cruauté et l’avidité de l’homme en train de tout saccager. La relation de l’humain à l’animal fait partie de ses préoccupations et se manifeste dans cette série où les voyageurs font corps, pour se déplacer, avec des animaux qui ne servent pas habituellement de monture.
« L’homme au coquillage » une terre cuite de Monica Mariniello.
« L’homme au coquillage » une terre cuite de Monica Mariniello. L’accrochage des tableaux des trois artistes se côtoyant sur les murs de la galerie dans un même espace-temps n’est pas choquant. Chacune de ces trois femmes se débat à sa manière avec la création : un combat permanent pour Marina Ho qui lui, permet de repousser la mort. Toutes trois créent des mondes empreints de magie et d’élégance « où chacun retrouve sa part de sacré enfouie au fond de lui-même » (Monica Mariniello).
Galerie glineur
18 rue de Sully – Saint-Martin Port : +33 (0)6 14 61 23 86 Tél : +33 (0)5 16 19 13 90 www.galerieglineur.com
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