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Le coeur sur la toile
Les toiles de Marie Blandin sont des « explosions de couleur ». Du 15 au 18 août, la jeune artiste francoanglaise reçoit dans son atelier où elle expose une oeuvre audacieuse au carrefour des sens.
« Quand on perd un sens, tous les autres sont décuplés. » L’atelier où Marie Blandin prépare l’accrochage pour le vernissage du 15 août est constellé de tâches de peinture. Malgré les rideaux transparents censés la protéger, la grosse armoire en bois familiale n’a pas échappé aux giclures projetées par le pinceau en mouvement. Marie est née en France mais ses parents déménagent à Londres dans sa petite enfance. Vers 4 ans, un premier test d’audition révèle une déficience importante. « Mais je parlais déjà anglais et français, et le médecin ne m’a pas crue. » On prétend qu’elle fait semblant, pour se faire remarquer. Le « malentendu » sera levé à ses 13 ans, âge auquel elle a droit à un appareil, qu’elle ne commencera à porter qu’à 20. « Les sonotones pour Papi-Mamie, ce n’était pas très trendy dans la cour de récré. » Pendant 20 ans, elle a ainsi comblé son défaut d’audition par une acuité visuelle accrue, ce qui lui donne un regard d’une intensité particulière. « Si je ne peux pas voir, je suis perdue. »
Enfant, elle se montre très habile de ses mains. A la faculté d’arts de Londres, elle découvre l’action painting, où tout le corps est sollicité dans l’acte de peindre. C’est dans un haiku où il est question d’ « explosion de couleurs » qu’elle puise l’idée dont elle fera sa manière singulière. « J’aime le processus, en partie contrôlé, lorsque je choisis la palette des couleurs, le format de la toile, parfois le thème, et en partie non contrôlé, lorsque je me laisse guider par le pinceau, par mon intuition. » Elle peint sur de la toile au mètre qu’elle accroche aux murs, de sorte que le motif sort du cadre. « Lorsque le corps s’implique, il déborde les frontières. La vie ne tient pas dans une boîte. » Elle se nourrit de ses promenades avec Duke, un cocker noir d’une distinction toute britannique, au bord d’un océan dont elle contemple toutes les nuances de couleur. Depuis son installation cet hiver dans l’île de Ré, elle remarque une « obsession du ciel et des nuages », qui revient dans ses toiles les plus récentes. Le clocher d’Ars y fait aussi une apparition. Et la couleur bleue, qui domine. Yves Klein figure à son Panthéon, aux côtés de Jackson Pollock et Niki de St Phalle. Les Couardais ont pu la découvrir en mai à la galerie Derrière l’Eglise, puis début juillet dans une exposition collective intitulée « Bleu ». Le 15 août, elle présentera une large sélection de ses oeuvres, autour d’un cocktail maison.
Exposition Marie Blandin
Du 15 au 18 août, à l’Atelier, dans la venelle entre le 21 et le 23 rue du Pasteur – La Couarde sur Mer
Vernissage le 15 août à partir de 18h.
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