Vie politique

Conseil municipal du Bois-Plage du 8 décembre 2022

Le Bois-Plage : Gérard Juin met cartes sur table

©PLR - Au Bois-Plage, la salle des mariages est aussi celle du Conseil municipal et du poste de commandement du plan communal de sauvegarde
Publié le 14/12/2022

Ce ne fut pas une surprise. Au rythme d’un ordre du jour dense et sur fond de polémique arrivée dans les rues du village avec le vent de novembre, le Conseil municipal boitais du 8 décembre a été fertile en rebondissements et réflexions acerbes, nécessaires sans doute au statu quo plus apaisé de la seconde partie.

 

Ajustement de règlements

Au chapitre Administration Générale, le règlement, ou plutôt les règlements du logement communal, et dont M. le Maire souhaite « cadrer au mieux l’utilisation et la possibilité d’occupation ». Le décor est planté et la Conseillère opposante Claudie Buat interroge sur la nécessité de deux règlements. « Plus clair selon notre conseil juridique », répond Gérard Juin, proposant de rajouter une possibilité d’attribution pour « les agents communaux dans le cadre de leurs fonctions », celle-ci pouvant éventuellement s’étendre « aux autres personnels des communes en solidarité avec l’Ile de Ré », souligne l’élu, en référence à une discussion en cours au niveau de la CdC sur la gestion des logements dits d’urgence « et qui devrait peut-être relever d’une gestion intercommunale ».

Mais revenons au Bois-Plage. Après un temps de silence, Jean-Pierre Gaillard évoque « l’accueil de personnes précaires sans animaux et non fumeur », un « excès pas très humain », selon lui. Ne tournerait-on pas un peu autour du pot ?

 Crever l’abcès

Reconnaissons au Conseiller Vincent Chauvet le mérite de la franchise : « Je vais fêter mon anniversaire et je n’ai pas assez de place pour mes invités donc je peux bénéficier du logement ? », interroge-t-il. Voilà on y est. « A la base c’est un logement d’urgence », répond M. le Maire, ajoutant que c’est bien là ce qu’il souhaite préciser : « il faut pouvoir rendre ce logement utilisable de manière temporaire, d’où deux règlements », affirme-t-il. Jean-Pierre Gaillard considère que son usage doit être exclusivement d’urgence. « C’est rare et heureusement », répond Gérard juin, « alors doit-on le laisser inoccupé ou peut-on se permettre d’étendre son utilisation, y compris aux autres communes ? C’est une réflexion à avoir et nous n’y sommes pas donc je propose d’inscrire une utilisation double », conclut-il.

« Vous détournez l’attention sur l’avantage donné à M. Corbeau », rétorque Jean-Pierre Gaillard, « cela va desservir votre crédibilité je vous le dis. Je vous alerte, il doit y avoir des conséquences et des décisions sont à prendre ». « Est-ce une menace ? » intervient le 3ème Adjoint Kévin Vautey. « On parlera avenir après avoir purgé le passé », répond M. Gaillard. Le Conseil municipal s’échauffe et le public retient son souffle.

« C’est toxique ! », intervient Gérard Juin, « quoi d’autre dans tout cela qu’une pure réflexion politique ? M. Corbeau en a profité, il n’est pas le premier. Vous voulez faire de la polémique ? J’ai des dossiers », poursuit le Maire sur un ton qui lui est inhabituel. « Vous voulez m’attaquer de manière politique ? Je ne veux pas. Je veux avancer pour la commune. Alors aujourd’hui qu’est-ce-qui vous intéresse ? La polluer ou nous accompagner en assistant aux commissions et en rectifiant ce qui peut devoir l’être ? Je vous demande seulement de voter ou pas la délibération », conclut-il sur le même ton, avant un dernier rebondissement venant de Vincent Chauvet « Vous méritez d’être mis face à vos responsabilités ! », s’exclame le Conseiller municipal, provoquant un nouvel échauffement de la salle et précédant un silence un brin pesant.

On ne sait plus trop où donner du stylo, veillant juste à être fidèle aux paroles prononcées.

« L’urgence est priorisée », reprend Gérard Juin, « on a le mérite d’avoir un logement d’urgence, avant il n’y en avait pas », souligne-t-il. « La Municipalité relogeait les gens ! », s’insurge Jean-Pierre Gaillard, rappelant un exemple. « Et bien on fera comme vous ! », lui répond Gérard Juin, entérinant les remarques émises par la Conseillère Claudie Buat avant de solliciter le vote du Conseil.

Résultat ? Sur le règlement relatif à l’occupation du logement communal précaire, 4 votes Contre. Sur celui relatif à l’occupation du logement communal d’urgence précaire, 1 abstention. A noter que les animaux domestiques y seront donc acceptés et que logement sera accessible aux agents communaux dans le cadre de leurs missions (et non fonctions comme initialement formulé).

Côté finances…

Après ce duel à fleurets (pas vraiment) mouchetés, l’ambiance s’apaise, laissant la parole à la 5ème Adjointe Amandine Bouhier, présentant les tarifs communaux validés en Commission. Sur le marché, l’élue Sandrine Perchais ne peut se prononcer, les deux Comités (consultatif et paritaire) devant se réunir le 20 décembre.

Sur des décisions modificatives au Budget. Gérard Juin annonce « + 55 000 € en frais de personnel ». « Nous allons arriver à un dépassement des 2Ke pour les salaires. Il faut maîtriser », souligne Jean-Pierre Gaillard. « Nous avons deux salariés de plus et pourtant on est dans notre budget », répond Gérard Juin, évoquant les deux postes de Chargés de Mission crées cette année. « Vous verrez que malgré ce que l’on a reçu en héritage, on tient le budget et j’en suis plutôt content », souligne M. le Maire. Le vote se conclut par trois abstentions.

Sur le budget 2023, Gérard Juin évoque un vote à fin janvier. « Il va y avoir des opportunités et on aura des décisions importantes à prendre pour l’avenir du village », explique-t-il avant de préciser : « lentement et en silence, on monte des projets et contrairement à ce qu’on voudrait faire croire, il y a des gens qui nous font confiance ».

Un point autre de tension s’invitera encore concernant les ressources humaines, Jean-Pierre Gaillard s’interrogeant sur les « nombreuses demandes de mutation » avant de citer des noms. « Je suis déçu, il ne faut pas faire d’amalgame pour créer du toxique. Vous évoquez des noms avec des raisons qui ne sont pas les bonnes », s’agace Gérard Juin, évoquant deux mutations, deux mises en disponibilité, deux radiations cadres tacites et quatre départs à la retraite. « Pourquoi faites-vous les choses devant la presse ? », interroge-t-il, « pour faire du médiatique ? Je m’y refuse et vous invite à venir en Mairie pour vérifier ».

Ce Conseil municipal ne ressemblant décidément pas à un fleuve tranquille, s’est achevé sur un sujet faisant chorus (le Plan Communal de Sauvegarde) et un autre, neutre, concernant le règlement local de publicité intercommunal.

 

Un Plan Communal de Sauvegarde abouti

Le 15 novembre dernier, la municipalité boitaise avait invité la presse à une réunion d’information sur le nouveau Plan Communal de Sauvegarde boitais, destinée aux élus et personnels amenés à être impliqués en cas de crise, celle-ci précédant un exercice de mise en situation sur lequel revient le Maire lors du Conseil Municipal. « Toutes les situations de crise ont été vues, ce qui ne veut pas dire qu’on est au top pour réagir », explique Gérard Juin, soulignant que de « tels exercices seront fait régulièrement », avant de féliciter l’ensemble du personnel : « si le PCS est abouti à 99%, c’est grâce à eux », se réjouit-il. PLR

 

Plantations d’arbres fruitiers

Mercredi 7 décembre, le froid s’est invité au Jardin pédagogique boitais. Mais peu importe pour les jeunes ados de Ré Jeunesse, très occupés. Sous la houlette de David Guibert et Quentin Hejda, entourés de bénévoles (y compris un voisin), l’heure est à la plantation. Au total quinze arbres dont un chêne vert mais aussi grenadier, prunier, pommier, mirabellier, néflier, amandier, abricotier, cerisier… « C’est le bon moment pour les planter », nous affirme David Guibert. On le croit sur parole avant de rentrer se mettre au chaud ! PLR

 Crédit PLR – Bottes, chapeau, gants… ce n’est pas le froid qui arrête les joyeux jardiniers

Pauline Leriche Rouard

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Vos réactions

  • Bgt
    Publié le 14 décembre 2022

    Ce que l’on voit sur la photo c’est l’ancienne Mairie du Bois , ils ont honte de montrer la nouvelle Mairie qui ne ressemble à rien , qui a coûté une fortune alors que la commune ne peut pas loger ses saisonniers ainsi qu’une partie de ses habitants . Sans compter qu’il faut chauffer ces 2 grands bâtiments alors que le pays doit faire des économies de carburant et d’électricité, qu’une crise économique approche, qu’une guerre réapparaît en Europe.

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