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Association de protection des sites de la Couarde

L’APSC : de la vie couardaise au projet éolien offshore

Publié le 06/09/2021

Se concentrant sur La Couarde sans oublier d’en sortir pour s’intéresser plus largement à d’autres dossiers lourds, l’APSC a tenu une Assemblée Générale dynamique le 19 août dernier

Au menu, les rapports d’usage, petits et grands sujets de la vie couardaise mais également d’autres enjeux concernant l’ensemble du territoire, allant de la gestion des flux touristiques jusqu’au projet de parc éolien offshore en passant par les tarifs du pont.

Très attendue, la parole des élus, celle du Maire Patrick Rayton et du Président de la CdC Lionel Quillet, mais aussi des deux Conseillers départementaux Véronique Richez Lerouge et Patrice Raffarin, viendra enrichir un ordre du jour riche de contenu.

Une association bien vivante

Premier constat, alors qu’elle était en perte de vitesse il y a deux ans, l’Association de Protection des Sites de la Couarde, s’est refait une santé pendant la crise sanitaire. En dépit des perturbations engendrées, de l’annulation des Cafés Couardais et des difficultés de réunion, son Président Eric Revel peut se réjouir d’une « stabilité croissante des adhérents » présentant « une mixité intéressante entre Couardais et résidents secondaires ». Un coup d’oeil à l’assistance permet d’en juger : plus de soixantedix adhérents se sont déplacés sur les deux cents à jour de cotisations. L’amélioration est indéniable et le défi relevé : une nouvelle dynamique est en place.

Un beau projet de village

Se déclarant « très heureux de ce projet », Eric Revel évoque l’aménagement de l’Espace Thomazeau et la réfection de la balance, auquel l’association a participé financièrement à hauteur de 2 500 €.

Un point de satisfaction renforcé par un travail mené en collaboration entre la Mairie et Bruno Camuset, membre du Bureau investi sur le sujet. Selon ce dernier, il s’agit de « valoriser le bâtiment mais aussi le lieu ». Aussi a-t-il suggéré que soit portée sur la petite bâtisse une inscription en référence au moulin et à la gare desservant le village, située autrefois en face.

A l’intérieur, la vie rurale couardaise sera à l’honneur, illustrée de cartes postales anciennes et d’outils utilisés dans les marais salants pour la production d’un sel qui passait inévitablement par la balance.

Ces aménagements feront l’objet d’une réunion entre l’APSC, la Mairie et la CdC qui pourrait également apporter son concours.

Préoccupations couardaises

Sur la modification en cours du PLUi, Eric Revel informe de la décision de l’association de recourir à un cabinet conseil expert aux fins d’analyse des modifications concernant La Couarde. Autre sujet d’actualité, la situation de la ZAC du Fond des Airs. Affirmant sa « compréhension du problème », Eric Revel a invité Liliane Marchand, Présidente de l’association constituée par certains propriétaires, qui évoque en quelques mots les multiples contradictions d’une situation complexe (lire notre article sur Ré à la Hune N°228 et sur realahune.fr).

Revenant sur le dossier lors de son intervention, Patrick Rayton annoncera un rendez-vous avec le Secrétaire Général de la préfecture pour le 6 septembre. « Il a reconnu la complexité de la situation » précise le Maire de La Couarde, et doit « faire le point avec ses services avant de donner la réponse ferme et définitive de l’Etat ». De son côté, Liliane Marchand affirme que les propriétaires sont « prêts à accepter un cahier des charges strict ». « Il y a l’aspect Sécurité qui gêne », poursuit Patrick Rayton précisant qu’un « plan d’évacuation en cas de submersion a été envoyé à l’Etat, sans recevoir de réponse ».

Enfin, l’APSC s’est également emparée du problème de sécurité relevé sur le tronçon de piste cyclable reliant la base nautique du Goisil à La Moulinatte, conséquence des travaux de protection.

« D’un côté des pierres aux angles aigus et de l’autre un à pic brutal » constate Eric Revel dans un courrier adressé le 6 mai dernier à Lionel Quillet. Un courrier ayant reçu réponse avec deux modifications du ressort de la CdC pour une dangerosité sur laquelle Lionel Quillet et Patrick Rayton reviendront.

Après présentation des finances, les rapports sont votés à l’unanimité. Le temps des élus et du débat est arrivé, « une rencontre habituelle » selon les propres termes du Maire Patrick Rayton.

Sur La Maline et le Mail

Alors que sa réouverture se profile à l’horizon, la « nouvelle » Maline et son architecture font grincer les dents. « Nous avions deux choix : ou partir plus au Sud ou nous adapter aux contraintes », rappelle Lionel Quillet. « On l’ouvre et après on retravaillera l’extérieur », propose le Président de la CdC prêt à un travail collaboratif. « Mais j’aimerais des propositions et non un ‘c’est pas beau’ subjectif », énonce-t-il clairement.

De son côté Patrick Rayton évoque l’aménagement du parvis et plus largement le Mail, jusqu’au Peu Ragot. « Un travail est engagé sur l’axe allant de l’avenue d’Antioche à la rue de Joachim », poursuit le Maire qui évoque la présentation du projet dès l’automne, une réfection des réseaux prévus pour l’hiver 2022 et un réaménagement en 2023.

Sur le PLUi

« Tout le monde a voulu le PLUi », rappelle Lionel Quillet, « C’est celui d’un territoire fini en matière d’espace. On a voulu bloquer, on a bloqué, il n’y a pas de demi-blocage. Mais depuis il y a des frustrations terribles », continue-t-il, affirmant vouloir « essayer de desserrer un peu l’étau par des évolutions intelligentes ». « C’est un enjeu très important, un choix fait ensemble mais non assumé. Le PLUi est attaqué de toutes parts, il peut tomber. Pour le refaire, bon courage ! », conclut le Président de la CdC.

Sur les pistes cyclables…

« Une vraie question globale » pour Eric Revel. Sur les dangers de la piste Goisil/Moulinatte, Patrick Rayton évoque « une réflexion entamée entre Département et CdC », rappelant par ailleurs que la piste est « encore sous maîtrise d’ouvrage du Département et qu’elle a été imposée en partie par la DREAL ».

« La CdC ne prendra pas la piste tant qu’elle ne sera pas sécurisée », répond en écho Lionel Quillet, ajoutant que « le rôle du Conseil départemental est d’obtenir une sécurisation ». « J’ai besoin d’un bout de barrière autorisé », poursuit-il avant d’expliquer comment il est parvenu à sécuriser la Pointe du Grouin. « Nous serons fermes avec la DREAL » affirmera ensuite Patrice Raffarin.

Et la Départementale

Patrick Rayton évoque les aménagements prévus sur le Route d’Ars en vue de sécuriser cyclistes et piétons. Mais il est un point noir qui n’a pas encore trouvé d’issue, celui de l’arrivée de la piste cyclable venant du Goisil, induisant une traversée de la départementale par des cyclistes qui, neuf fois sur dix, ne respectent pas les panneaux Stop donnant priorité aux voitures. Source de bouchons hallucinants en haute saison, ce secteur exige une solution pérenne. Patrick Ratyon revient sur un projet de souterrain en 2009, interrompu par Xynthia. Un feu provisoire avait alors été proposé mais « ce n’est pas dans la politique du Département », précise le Maire de La Couarde.

Aujourd’hui « le dossier du souterrain est ressorti mais il est coûteux et difficile » poursuit-il, ajoutant que « ce serait la seule solution ». Une position confirmée par Lionel Quillet : « il faut faire passer le dossier, il existe » affirme ce dernier. « Nous plaiderons fortement pour ce passage souterrain » répond Patrice Raffarin qui compte argumenter sur « celui existant à Rivedoux et un autre en projet sur Saint-Martin ».

Quelle vision pour le tourisme ?

Toujours plus de monde et de voitures… très importante pour l’APSC, la question posée par Eric Revel aux élus amène sur un sujet sensible, source de désaccord : le Pont. Sur ses prix, Lionel Quillet rappelle les fondamentaux : « Le pont n’est pas une douane ni une frontière mais une route avec un péage d’écotaxe qui a ses règles côté tarifs : équitables pour tous car fixés au véhicule, équilibrés et liés à une mobilité performante ». « Le dossier le plus attaqué », précise- t-il ajoutant aussitôt « il faut tenir une position politique et stratégique forte et ne pas lâcher sur les tarifs d’été ».

« Le pont n’est pas la seule solution », répond Véronique Richez Lerouge, évoquant « une piste proposée par le Nord de l’île par voie maritime mais aussi une proposition d’étude d’un tarif pour visiter un parent ».

Patrice Raffarin juge nécessaire « un dépoussiérage ». Annonçant des « Assises de la Mobilité », le Conseiller départemental parle « tarif hivernal, modification des dates des tarifs estivaux ou encore système de carte avec passage gratuit », estimant qu’il existe « une forme d’injustice envers les résidents secondaires et les ayant-droits ».

« Tout le monde est ayant-droit, il n’y a pas de limite juridique », répond Lionel Quillet avec une pointe d’agacement. Une notion infinie contrairement au terme juridique de résidence. « Il y a des solutions à trouver », insiste Patrice Raffarin.

On l’a compris, pas de consensus sur le sujet.

Un autre sujet clivant s’invite enfin dans la salle des associations couardaises. Sur le projet éolien offshore et bien qu’elle soit encore contenue, la tension est palpable entre des élus aux analyses opposées. Définitivement, ce projet controversé n’a pas fini de s’étirer dans les Assemblées Générales associatives, ni les dissensions de s’exprimer. Nous les retrouverons tous deux 24h plus tard (voir encadré).

En tous cas, c’est un vrai sujet d’occupation pour l’APSC qui envisage de se rapprocher d’autres associations insulaires.

En savoir plus sur l’Association de
Protection des Sites de La Couarde :
www.lacouardesurmer-apsc.fr/

Pauline Leriche Rouard

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