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L’apprentissage à la cote

Publié le 19/02/2021

Dynamisé par la crise sanitaire, l’apprentissage a le vent en poupe, et pas seulement auprès des jeunes. Pour répondre à la demande, la Chambre des Métiers a sorti de nouvelles formations. D’autres sont à venir

Après quelques années de baisse des effectifs, la Chambre des Métiers a vu bondir ses inscriptions à la rentrée dernière. Certes, il y a peut-être eu un petit effet « nouveauté » avec l’ouverture en 2019 du nouveau Centre de formation (CFA) high tech dans le parc bac carbone de Lagord, sa directrice Marie Christine Bernal l’admet. Mais pas seulement. Après une première hausse à la rentrée 2019, elle s’est poursuivie à la rentrée 2020, avec +6% d’inscriptions. Et ça ne s’est pas arrêté là. « Les inscriptions ont continué à grimper dans le courant du dernier semestre 2020, ce qui nous fait au global une hausse de 12% des effectifs », constate la directrice. Le CFA de Lagord accueille actuellement 1680 apprentis, et celui de Saint-Germain-de-Lusignan 630 apprentis. « Toutes les filières sont en croissance, sauf l’hôtellerie-restauration qui reste stable », observe Marie- Christine Bernal. Elle assure que la crise qui secoue les bars et les restaurants n’a pas découragé les apprentis du CFA : « Heureusement, ils peuvent continuer de venir pratiquer au CFA et ils sont toujours motivés pour en faire leur profession.»

La filière maintenance et mécanique reste la plus demandée. Le secteur embauche. En deuxième favori, on retrouve les métiers de bouche autre que la restauration. Le BTP arrive en troisième position. « La filière recommence à prendre des apprentis. La demande des patrons est devenue telle qu’on a plus d’offres de stages que de candidats ! », assure Marie- Christine Bernal. Les secteurs de la communication, de l’esthétisme et de la vente, en 4e position, « se portent bien ». « La crise a accentué un besoin de trouver du sens et de se rendre utile par son métier », analyse la directrice, « on a de plus en plus de jeunes qui ont fait des études supérieures qui viennent reprendre un parcours de formation chez nous, en accéléré, pour faire un métier plus manuel, où ils trouvent du concret ».

Les adultes aussi

Le besoin de faire sens se retrouve également chez les adultes ayant un parcours professionnel derrière eux. Les actifs de plus de 20 ans sont de plus en plus nombreux à se lancer dans une reconversion professionnelle dans l’artisanat. Avec les étudiants diplômés du supérieur, ils sont 217 inscrits cette année, soit 17% de plus que l’an dernier – un record pour la CMA. 41% d’entre eux ont intégré une « prépa – apprentissage ». « Et on a encore plus de demandes pour la rentrée prochaine », souligne la directrice.

La demande est telle que la CMA a lancé de nouvelles formations courtes. Une formation CQP d’hydro-technicien – SPA de 280 h, pour alimenter notamment la filière thalasso-thermalisme de la région, qui cherche toujours de la main d’oeuvre. Le CFA de Lagord a l’avantage de posséder un pole SPA, avec tout le matériel d’un véritable institut, des tables de massages aux baignoires de balnéothérapie.

L’autre formation est un premier cycle d’apprentissage à la réparation de vélos (non électriques). Avec l’explosion de l’usage de la petite Reine, la demande en maintenance est forte. Objectif pour la CMA : avoir une première volée de 24 professionnels formés pour cet été, qu’ils aient un objectif de salariat ou d’entreprenariat. « On a reçu beaucoup de dossiers de candidatures avec de très beaux projets de création d’entreprises », s’enthousiasme Marie Christine Bernal. Les deux sessions de formations de février/mars et avril/ mai sont déjà complètes. Une troisième session est envisagée, mais les prochains candidats devront prendre place sur une liste d’attente.

Anne-Lise Durif

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