Culture

Assemblée Générale de l'Association Rétaise de Développement Culturel (ARDC)

La Maline, « symbole de l’intercommunalité », se prépare à un nouvel avenir

Le président de La Maline, Paul Neveur, et le président de la CdC, Lionel Quillet travaillent main dans la main.
Publié le 27/03/2019

Au-delà des habituelles réjouissances d’un tel exercice, l’assemblée générale de l’ARDC a été l’occasion de faire un point d’étape dans le processus de mutation de gestion de La Maline qui s’est engagé.

Le président Paul Neveur n’a pas tarit d’éloges tout au long de sa présentation sur Aurélie Chauveau, directrice de La Maline, qui gère avec toute l’équipe l’équipement culturel de l’île de Ré dans cette période compliquée de travaux.

Le « Hors les Murs » : beaucoup d’énergie, un beau succès

Le grand enseignement de cette situation est le succès du « Hors Les Murs » que La Maline a été obligée de mettre en place, pour pallier la fermeture de sa salle de La Couarde, en cours de rénovation et d’agrandissement. Et à force de gestion serrée, l’exercice 2017/2018 (1er octobre au 30 septembre) s’avère légèrement excédentaire à + 10 985 € : les recettes ont fortement baissé du fait de la situation transitoire mais les dépenses ont aussi été suivies de très près. Comme d’habitude l’activité cinéma est bénéficiaire (+ 27 550 €), tandis que celle des spectacles est structurellement déficitaire (- 28 400 €). Les subventions et produits divers représentent 84% recettes de La Maline : La CdC a versé 360 000 € à l’ARDC en 2017/2018, le Département près de 54 000 € et la Région près de 20 000 €.

Le « Hors les Murs » a permis d’aller au plus près des habitants, dans chaque commune, ce qui a fait (re)venir au cinéma ou au spectacle des Rétais qui ne se déplaçaient pas jusqu’à La Maline à La Couarde. L’occasion de souligner aussi l’effort financier des communes qui ont mis gratuitement à disposition du « Hors les Murs » leur salle des fêtes, dont le planning de réservation est déjà très dense en temps normal. Et celui de la Communauté de Communes, qui – au-delà de sa substantielle subvention – a fourni à l’ARDC un projecteur numérique de très haute qualité. Et voté récemment une « rallonge » importante pour que l’association puisse faire face aux indemnités de départ de l’ancienne Directrice, dans le cadre d’une rupture conventionnelle.

Une équipe de La Maline très engagée

Mais plus encore que l’effort financier, il faut souligner la motivation et l’engagement de l’équipe humaine de La Maline sans laquelle les dix-neuf spectacles (31 représentations) dont six à destination du jeune public, et les deux-cent-dix-huit films projetés (749 séances) n’auraient pu être proposés aux Rétais et visiteurs. Plus que le quantitatif (13 spectateurs en moyenne par séance cinéma et 104 pour les spectacles), le président et la directrice de La Maline mettent en exergue l’engouement nouveau, le « recrutement » de nouveaux habitants qui – ils l’espèrent – se déplaceront à l’avenir plus facilement à La Couarde.

Au-delà du grand public, La Maline a aussi pour vocation de s’intéresser à des publics spécifiques. Elle a ainsi poursuivi durant cet exercice 2017/2018 son action auprès du jeune public et des « scolaires » avec des spectacles adaptés aux enfants de différents âges, des spectacles familiaux et des ateliers de pratique artistique. Ce sont ainsi dix représentations de deux spectacles qui ont eu lieu pour les scolaires, un spectacle pour les collégiens (en collaboration avec le Lions Club), deux spectacles à destination des familles, deux ateliers artistiques en milieu scolaire et quatre pour les familles. La Maline participe aussi à l’éveil cinématographique dans le cadre des dispositifs « Ecole et cinéma » et Collège au cinéma ». Le « Ciné Minot » programmé un dimanche par mois a permis de mettre à l’honneur le cinéma « Art et essai » pour les plus jeunes et leurs parents, autour d’une collation.

Autre public spécifique touché, dans le cadre d’une convention d’action culturelle avec la Maison Centrale de Saint-Martin et le SPIP (Service pénitentiaire d’insertion et de probation), la population carcérale a pu participer à un atelier bruitage cinéma, à un concert funk et à un concert dans le cadre du Festival international de guitare de l’île de Ré.

Des partenariats intéressants ont été noués avec les communes de Sainte-Marie (soirée village étoilé), La Couarde (fête de la musique, promenade musicale avec le festival de la guitare, Spectacle Lady Do et Monsieur Papa, musique de chambre avec La Vague Bleue), et la médiathèque de La Pléiade à Sainte-Marie (Alexis HK). Egalement La Maline a travaillé de concert avec Les Festivals Ré Majeure, Jazz au Phare et de Guitare sans oublier le partenariat avec les Restos du Coeur : dans le cadre de l’opération nationale « Rendez-vous au cinéma » trois séances ont été proposées en décembre, février et avril à des Rétais qui ne peuvent s’offrir le cinéma. Quarante-six spectateurs en ont profité, une vraie satisfaction pour l’équipe.

Six projets artistiques variés ont aussi pu voir le jour dans le cadre de la Maison des Artistes.

Une seconde saison « Hors les Murs », avant la reprise par la CdC

Sur l’exercice 2018/2019, déjà bien entamé, les grandes lignes de ce projet sont réitérées avec du cinéma pour tous (art et essai, grand public, familial) si possible chaque semaine, la déclinaison locale de « Ecole et cinéma » et « Collège au cinéma », et la mise en place de deux ou trois cycles thématiques.

Sont prévus un à deux spectacles par mois, pluridisciplinaires, tout public et familiaux ainsi que trois spectacles proposés aux écoles maternelles et primaires de l’île de Ré. Le budget prévisionnel fait état d’une subvention de 315 000 € de la CdC, près de 54 000 € du Département et plus de 25 000 € de la Région.

Les mandats de Paul Neveur (président) et Patrice Cosaert (vice-président) sont prolongés de six mois pour terminer ce dernier exercice sous forme associative et un liquidateur va être nommé pour clôturer les comptes. Le président de La Maline regarde les contrats à transférer à la CdC qui reprendra à compter du 1er octobre la gestion de La Maline, sous forme de régie communautaire. Le nouvel équipement La Maline prêt pour fin 2020/début 2021 Le président de la CdC, Lionel Quillet, a présenté les enjeux actuels et à venir. Les travaux de La Maline ont pris neuf mois de retard, dont six mois liés à la défection d’un câble du Pont, ayant entraîné des restrictions de circulation : la grue du chantier n’a pu être acheminée sur l’île. La nouvelle Maline est donc attendue pour décembre 2020 ou début 2021, elle sera opérationnelle pour la saison 2021. Le projet représente un budget de sept millions d’euros TTC, financés à 56% par des partenaires : le Département (26%), la Région (8%), le CNC (6%) et, c’est à souligné, l’Etat pour 16%. Les Rétais financent donc moins de la moitié de l’équipement, grâce à de fortes négociations de la CdC avec l’ensemble de ces partenaires.

Lionel Quillet a avoué avoir eu à mener avec La Maline l’un des projets les plus difficiles techniquement et juridiquement, durant ses vingtdeux ans de mandats, avec de nombreux pré-contentieux et contentieux à gérer.

La Maline, puissant symbole de la politique territoriale menée par la CdC

Mais a-t-il dit « Je mesure aujourd’hui à l’aune de ce symbole intercommunal qu’est La Maline – le premier équipement communautaire à avoir été construit sur l’île – le travail réalisé depuis trente-cinq ans. A l’origine, le combat mené par La Maline était selon ses détracteurs voué à tous les échecs. Je salue l’engagement de Paul Neveur, le premier à avoir eu une vision communautaire de l’île et à la réaliser. Non seulement La Maline a été mise ne place mais en plus la population y a largement adhéré ».

Le choix des élus de la Communauté de Communes d’avoir une « parfaite maîtrise » de La Maline, à laquelle elle verse une subvention substantielle et qui la rend de facto « redevable » de sa bonne gestion, va se traduire à compter du 1er octobre 2019 par la mise en place d’une régie directe. Un appel à candidatures pour le poste de directeur/directrice de l’équipement et de la programmation a été lancé, avec cent-trente CV reçus dont plusieurs de très haut niveau, dixit le président de la CdC.

Toute l’équipe associative de La Maline rejoint la Collectivité

Toute l’équipe actuelle de La Maline a été reçue longuement à la CdC, a participé à des ateliers de travail et a été sensibilisée au projet culturel du territoire, un organigramme lui a été présenté. « Tous les salariés se sont vu proposer un CDI de droit public, aux mêmes conditions de salaires dont ils bénéficient actuellement – comme le veut la Loi – avec des avantages nouveaux telle la mutuelle de la CdC, mais aussi les contraintes du Public, l’existence d’un hiérarchie : Rentrer dans le public est un choix de vie, toute l’équipe de La Maline a souhaité rejoindre la collectivité et c’est là le plus important, le facteur humain » a confirmé le président, précisant en réponse à une question qu’Aurélie Chauveau pouvait tout à fait concourir pour le poste de direction. Paul Neveur a d’ailleurs expliqué qu’elle ne souhaitait pas elle-même être « désignée » sans passer par un appel à candidatures.

Associer les acteurs culturels du territoire à la programmation

Autre enjeu d’importance aux yeux de Lionel Quillet, que La nouvelle Maline « conserve son âme, son côté associatif ». Le « Hors les Murs » devrait continuer mais sans concurrencer les activités des salles de La Couarde. L’occasion de rappeler que La Maline représente le seul grand service communautaire situé dans le Nord de l’île. Le soutien aux associations culturelles sera maintenu voire renforcé et à partir de mai 2019 se mettra en place une sorte de « comité de lecture », plus exactement de programmation ; il s’agit là d’un engagement fort de la CdC que d’associer associations et autres acteurs culturels du territoire à la réflexion sur la programmation, sous l’égide du futur directeur de la programmation. « La Maline est au centre, mais elle n’est pas seule, de nombreuses associations existent ». Ce que souligne également Paul Neveur : « On nous avait dit il y vingt-cinq ans que La Maline allait « tuer » le tissu associatif culturel, aujourd’hui il y a au contraire un très grand nombre d’associations culturelles sur l’île de Ré ».

Côté fonctionnement, Lionel Quillet confirme la mise en place d’une régie de recettes assouplie et pense que ce nouveau mode de gestion aura un effet de levier important.

La direction Culture de la CdC menée par Annie Léauté et sa collaboratrice Annabelle Bariteau, qui chapeauteront La Maline, ont encore huit mois pour travailler avec l’équipe à la mise en place du nouveau fonctionnement, à la définition de la politique culturelle et à sa déclinaison, via une programmation éclectique et ambitieuse, en concertation avec les acteurs culturels rétais.

Nathalie Vauchez

Réagir à cet article

Je souhaite réagir à cet article

* Champs obligatoires

Vos réactions

  • ARLETTE
    Publié le 2 avril 2019

    Je m’attristerais de perdre les compétences dont ont fait preuve Aurélie CHAUVEAU et son équipe pendant la période difficile de La Maline HORS LES MURS.

    Répondre