Culture

Architecture

La Maline : retour sur une épopée

© Yann Werdefroy - Contemporaine, la grande salle rassemble toutes les performances
Publié le 22/03/2022

Côté jardin, La Maline est un lieu de vie culturelle à redécouvrir. Côté cour, c’est un véritable défi relevé avec détermination.

Dans la Salle des Colonnes à Saint-Martin, le rendez-vous qui réunit avec la presse Denis Fradin, responsable Grands Travaux, Hung Do Cao, directeur général des services de la Communauté de Communes et Stéphane Roux, du Cabinet d’Architecture Blond & Roux, est tout simplement un aboutissement. Celui d’une aventure lancée il y a plus d’une décennie.

Parti pris pour spécialistes

Hung Do Cao le rappelle, tout a commencé par une volonté forte : celle de préserver un grand lieu culturel sur le territoire couardais, raison du choix de réhabiliter l’ancienne salle. « Il n’y a pas deux projets identiques », explique Stéphane Roux, nous rappelant que son cabinet d’architecture (où il oeuvre avec son épouse Marie-Agnès Blond), est spécialiste des salles de spectacles. « La Maline posait des questions stimulantes », sourit l’architecte aujourd’hui en charge de la rénovation du Théâtre de La Ville à Paris.

Le Budget
Il se monte à 7 200 000 € TTC (études préalables comprises) en co-financement :
– Etat : 13,33% ……………………………………………………………………………………… 960 000 €
– CNC : 7,75% ………………………………………………………………………………………. 560 000 €
– Région Nouvelle Aquitaine : 6,72% ………………………………………………….. 485 000 €
– Département de Charente-Maritime : 21,66% ……………………………. 1 560 000 €
– Communauté de Communes de l’Ile de Ré : 50,54% ………………….. 3 640 000 €

Un lieu sous contraintes

« En tous points, ce projet était un challenge », poursuit-il, évoquant le contexte environnemental et « l’impossibilité d’aller au-delà de la volumétrie existante, l’insertion sur un terrain dans l’emprise d’un bâtiment déjà existant » mais aussi une « dualité intéressante », cinéma et spectacle devant cohabiter dans le même lieu et sans oublier la curieuse implantation en biais de la salle et de la scène.

Les architectes réalisent maquette sur maquet t e calibrant tout au centimètre près. L’évènement déterminant viendra du repositionnement de la scène dans l’axe du terrain. Il en ressortira « une vraie scène mais aussi une vraie salle avec une courbe de visibilité adaptée », explique Stéphane Roux. « Pour moi, c’est la plus belle salle que nous ayons faite » se réjouit l’architecte.

© Pauline Leriche Rouard – L’architecte Stéphane Roux (à droite) et son collaborateur Richard Pitty, devant La Maline.

Le souci de l’intégration

La relation du bâtiment avec son environnement a été l’une des grandes préoccupations, « quoi qu’on en dise », souligne Hung Do Cao. Mais Stéphane Roux souhaite « répondre aux critiques sur le ‘blockhaus’ ». « Nous sommes dans des volumes hors normes et pas à l’échelle domestique », explique l’architecte qui « assume tout à fait les choix architecturaux » et prend pour exemple l’implantation de la salle de cinéma, construite sur le parvis pour préserver une volumétrie assez proche des alentours et mettant le bâtiment principal visuellement à distance.

Autre choix architectural fort, celui du béton blanc qui, malgré de grandes difficultés techniques, se révélait bien plus harmonieux que le gris. Enfin côté transition énergétique, Hung Do Cao annonce la pose prochaine de panneaux solaires sur le toit à l’arrière du bâtiment.

Il semble que La Maline se soit adaptée au mieux à son environnement singulier. Mais alors qu’elle n’est pas encore rouverte, les critiques vont déjà bon train, a fortiori sur les réseaux sociaux. Et oui, c’est vrai, sa silhouette est imposante. Mais qu’imaginait-on ? Avoir une salle de spectacle à la pointe ayant perdu en hauteur, couverte de tuiles et arborant des volets verts occultant la lumière entrant par de larges baies vitrées ?

Si le propos est excessif et l’ironie volontaire, c’est qu’il conviendrait peut-être de regarder La Maline sous un autre angle, celui d’un lieu d’une culture vivante et libre. Alors plutôt que de bouder comme des enfants gâtés, ne pourrions-nous, pour une fois, simplement nous réjouir !

 

Un projet de près de 12 ans d’âge

– 23 décembre 2010 : achat du restaurant pour un montant de 504 000 €. Il permettra d’optimiser la surface de la future Maline

– 14 juin 2012 : validation du programme

– Juin 2013 : blocage du projet en raison des cartes Etat du PPRL

– Mai 2015 : Choix du Cabinet d’Architecture Blond & Roux – Septembre 2016 : validation du projet par l’Etat

– Novembre 2016 : dépôt du permis de construire

– Janvier 2018 : préparation du chantier

– Avril 2018 : démarrage des travaux

Septembre 2018 : interruption suite à la rupture du câble précontraint du pont de l’île de Ré

– Mars 2019 : reprise des travaux

Septembre 2019 : nouvel arrêt de 5 mois pour problèmes de réseaux enterrés

– Mars 2020 : crise sanitaire du Covid

– Décembre 2021 : le gros oeuvre est achevé et le second oeuvre en cours de finition

– Mars 2022 : inauguration

Pauline Leriche Rouard

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