Nature

Assemblée générale

La LPO va bien, la nature un peu moins

« La LPO va bien. Comment se fait-il que la nature aille de moins en moins bien ? Peut-être que ce serait pire si nous n’étions pas là », s’interroge Allain Bougrain-Dubourg. Crédit Anne-Lise Durif
Publié le 26/06/2021

La Ligue de Protection des Oiseaux a tenu son assemblée générale à Rochefort, à deux pas de son siège national

« 2020 fut une année bien singulière, qui a réveillé bien des inquiétudes chez les uns et les autres. C’est la maltraitance de la nature qui a conduit à la crise que nous traversons et si nous ne réagissons pas, il y en aura d’autres ». Le président de la LPO Allain Bougrain-Dubourg a ainsi donné le ton de l’assemblée générale 2020 de la LPO, qui s’est tenue le 25 juin à Rochefort, à deux pas de son siège national. Le tableau n’est pourtant pas si noir et la LPO a bien des motifs de se réjouir.

D’abord,  sa visibilité n’a jamais été aussi forte. Les confinements successifs ont visiblement engendré une certaine prise de conscience dans une partie de la population. L’association a enregistré 1500 adhésions supplémentaires, arrivant ainsi à 59 000 membres en France, dont 8000 bénévoles actifs, et sans compter ses 550 salariés. Le magazine rédigé par les salariés de la LPO, L’Oiseau Mag,  a également enregistré un millier d’abonnés supplémentaires. L’opération « confinés mais aux aguets », consistant à faire participer les citoyens dans le comptage des oiseaux des jardins, a battu un record de participation avec 1,4 million de retours. Pour Allain Bougrain-Dubourg, « ça montre l’intérêt réel du grand public pour la nature. »

Intérêt qui s’est traduit également dans la boutique de la LPO, où livres, cabanes à oiseaux et autres produits se sont envolés, montant le chiffre d’affaires annuel de +20%. Les dons des particuliers et le mécénat privé ont également augmenté de 20%. Ils constituent 64% du budget de la LPO, qui a terminé l’année 2020 autour de 21M€. D’ordinaire, 72 % du budget est consacré aux missions des naturalistes. L’an dernier, près d’un dixième n’a pas été consommé, les confinements successifs et les consignes sanitaires n’ayant pu permettre la tenue d’un certain nombre d’animations auprès du grand public. Si le personnel administratif a été placé en télétravail, les naturalistes ont pu continuer à aller sur le terrain.

Encore bien des batailles à mener

La LPO peut également s’enorgueillir d’avoir gagné un certain nombre de combats, parfois menés de longue date : l’interdiction de la chasse à la glue, de la chasse à la tourterelle des bois ou encore de la chasse aux oies cendrées, animaux protégés sur lesquels les chasseurs obtenaient pourtant des dérogations temporaires chaque année. Il reste également bien des luttes à mener et d’espèces à sauver comme les dauphins, les ours, les dits « nuisibles » comme le putois ou le renard, toujours chassés. La LPO compte d’ailleurs mener la bataille contre la vénerie sous terre,  qui consiste en particulier à pourchasser blaireaux et putois jusqu’à l’intérieur de leur terrier pour les tuer avec diverses méthodes, souvent au mépris de la souffrance animale. Dans le Sud Ouest en particulier, l’association a déposé quatre recours en annulation des arrêtés autorisant la chasse des alouettes aux plantes et matoles, et d’autres contre des parcs éoliens en fonctionnement ou en projet situés dans des zones de forte sensibilité environnementale. Elle suivra évidemment de près le projet d’éoliennes offshore au large de nos côtes.

La LPO compte également être sur le front des pesticides. L’association  prévoit notamment d’attaquer l’Etat à la rentrée « pour faute grave » sur les néonécotinoïdes, que le Gouvernement d’Emmanuel Macron avait fait interdire avant de les ré-autoriser.

Anne-Lise Durif

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