Environnement

Politique environnementale

La Flotte, une approche concrète de l’écologie

© Nathalie Vauchez - Sur l’ancien site des déposantes Chevalier, en plein milieu boisé, le maire souhaiterait créer une réserve d’eau, acheminée depuis la station d’épuration de La Flotte.
Publié le 21/06/2023

A mi-mandat, le maire Jean-Paul Héraudeau fait un point sur sa vision environnementale et les actions menées dans sa commune,« concrètes et utiles, ni idéologiques, ni politiques. »

« Le temps écologique est plus long, il faut laisser faire le cycle de la Nature, les actions menées ne sont pas toujours immédiatement visibles, elles le sont pour les générations suivantes. », explique-t-il. Pourtant, la commune s’est indéniablement verdie depuis trois ans, et le cadre de vie s’y améliore sensiblement, même s’il a toujours fait bon vivre à La Flotte.

Désartificialisation et renaturation

Au premier rang de ces actions figure l’évolution des aménagements, avec une volonté de désartificialisation et renaturation. A l’entrée de l’école de voile, le bitume a été enlevé et le sol remis en perméabilité, tout comme le pavage de la placette Charles Biret remplacé par de la végétalisation. La renaturation est bien visible aussi sur le parking de La Croix Michaud, et avec la création du verger communal (lire notre article en page 14). Depuis fin 2022, 130 arbres « déjà un peu forts » ont été replantés, renforçant les effets d’ombrage dans la commune. Un travail a aussi été fait rue des Courans, en zone naturelle sensible, appartenant au Département. L’ancienne carrière-décharge des Caillotières d’un hectare – l’une des trois verrues environnementales de La Flotte avec les Hauts de Turpine qui ont été renaturés par la CdC et le site de l’ancienne déposante Chevalier (lire infra) – a été entièrement nettoyée avec l’aide du Département, qui a financé cette opération à hauteur de 150 K€.

« La Commune a échangé avec le Département cette carrière contre des terrains en espace sensible qui appartenaient à ce dernier, à l’intérieur du bourg. Une multitude de petites parcelles ont ainsi été permutées : en extérieur, la Commune favorise l’acquisition par le Département, tandis qu’en intérieur, en accord avec lui, elle achète ces parcelles et en fait des espaces verts. En extérieur de bourg, le Département est fortement impliqué et la Commune joue les facilitateurs, afin de préserver la biodiversité et les forêts. », précise le maire. Elle favorise aussi les installations professionnelles par l’acquisition de zones agricoles. « Ecotaxe et TENS sont des taxes affectées à l’environnement, elles ne doivent pas servir à la mise à disposition de terrains aux agriculteurs, il y a une tolérance, mais ce n’est pas le sens de la loi. La Commune essaie de favoriser les productions en bio et/ou en circuit court. »

Création d’un PAEN

Le maire entend aussi s’engager avec les communes voisines volontaires dans un PAEN (lire notre article en page 16). Autre point de vigilance et de réflexion de la Commune, la sécurité en espace boisé, celui de La Flotte faisant partie des trois massifs à risque de Charente- Maritime. « On travaille avec le SDIS pour faciliter l’accès aux secours, en faisant une reconnaissance de tous nos sentiers ruraux et communaux et l’on fait quelques manoeuvres pour voir où l’on peut passer. Il nous faut aussi insister auprès des propriétaires sur l’obligation légale qui leur est faite de débroussailler. »

Gestion maîtrisée de l’énergie et de l’eau

« Nous sommes aussi engagés dans une politique de gestion de nos énergies et eau, nous sommes en cours d’expérimentation de l’extinction des lumières à minuit (sauf sur le port et en zone commerciale), les Flottais jugeront au regard des éléments sur les économies de coûts et la préservation de la biodiversité. »

En matière d’eau, deux axes sont travaillés : la gestion des réseaux, avec une accélération de leur renouveau et la réutilisation des eaux usées traitées (avec lampes UV) pour l’irrigation agricole. « La Flotte réutilise 4,5 % de ses eaux usées, contre 1 % en France, mais 8 % en Italie ou 80 % en Israël. On ne réutilise pas assez en France et on ne traite pas suffisamment. L’île de Ré doit prendre ce sujet à bras le corps, personnellement j’y travaillerai. Il y a deux sujets qui nous passionnent : l’arrosage du terrain de sport de Bel Air à partir des eaux usées retraitées, une canalisation d’environ 600 mètres doit y venir depuis la station d’épuration, on est dessus ; Et les anciennes fosses déposantes de l’Entreprise Chevalier (ancienne ICPE*) où l’on voudrait récupérer une bonne partie des 650 000 m3 d’eau traitée simplement chimiquement de la station d’épuration qui sont actuellement rejetés dans l’éco-système marin, ce que j’ai du mal à accepter. La réserve d’eau ainsi constituée en espace boisé serait fort utile en cas d’incendie, sans compter qu’elle favoriserait le développement de la biodiversité, notamment en répondant aux besoins en eau des oiseaux. Enfin, on étudie avec des hydrologues la possibilité de rechargement de la nappe phréatique, cela demande beaucoup d’études et de précautions. »

« Ce sujet dépasse toutefois la Commune, je suis favorable que tout cela soit pris à bras le corps par la communauté insulaire, ce sont des sujets sur lesquels on est en retard, en matière de réflexion des élus. »

La Grainetière

La Flotte a aussi signé une convention avec Ré Nature Environnement pour une surveillance et une meilleure connaissance de ses espaces naturels, terrestres et marins. L’association remonte certains problèmes relevés sur le terrain, comme les dépôts sauvages, les lieux où il faut intervenir… Elle sera aussi partenaire avec la LPO du projet de Refuge à La Grainetière. Ce site boisé fait d’ailleurs l’objet depuis quelques mois, avec la Ville de Reims, d’une convention de superposition de gestion, qui permet une mise à disposition gracieuse à la Commune de ce vaste site avec en contrepartie son entretien assuré par celle-ci, qui entend l’ouvrir à la population, y créer un arboretum et y développer un projet pédagogique, ainsi que ce Refuge LPO.

Arrivée prochaine de deux gardes-champêtres

Enfin, la Commune va employer deux gardes-champêtres. « L’un des policiers municipaux s’en va, on le remplace par l’un des gardes-champêtres et on crée un poste. On a la chance d’avoir trouvé deux très bons profils. L’un qui est déjà en Charente-Maritime, il a une expérience de près de vingt ans en gendarmerie, il a aussi été en Outre-Mer, c’est un homme de terrain qui connaît très bien les procédures et enquêtes judiciaires ; l’autre est en train de passer son diplôme de garde-champêtre chef principal, c’est un ancien pompier professionnel durant vingt-cinq ans, ce qui va être très utile sur tous les sujets de sécurité. Les gardes-champêtres ont plus de prérogatives que la police municipale, et un garde-champêtre chef principal peut même prendre le commandement de la police municipale. Ils vont nous accompagner sur la préservation environnementale et sur le sujet du PAEN. », conclut le maire, intarissable sur toutes ces thématiques environnementales.

* ICPE : Installation classée pour le protection de l’Environnement

 

Nathalie Vauchez

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