Vie politique

Portrait

Jean-Louis Olivier, un homme de convictions

© Véronique Hugerot - Jean-Louis Olivier est avant tout homme de terrain.
Publié le 10/02/2020

« J’ai connu des moments compliqués mais pas d’accrochages notoires » dit Jean-Louis Olivier qui, s’il n’est pas le plus ancien Maire de l’île, tient la deuxième marche du podium*, au terme de quatre mandats qui lui semblent être passés vite.

À l’approche de ses 75 ans, l’homme à la mémoire sûre, à l’esprit entier, au visage pâle et imperturbable, témoigne de vingt-cinq ans de carrière au cours desquels il reconnaît « avoir acquis le calme et la réflexion ».

Originaire de Montguyon, à l’extrême Sud de notre département, Jean-Louis Olivier passe son adolescence à Orignolles, où son arrière grand-père, compagnon « qui avait fait son tour de France », avait fondé en 1920 son entreprise de plomberie-chauffage-couverture.

Issu de familles d’artisans et de paysans depuis quatre générations, il revendique haut et fort ses racines rurales qui lui ont inculqué ce bon sens paysan qui aurait tendance à faire défaut de nos jours.

Profil d’un bâtisseur passionné

On est en 1967 quand l’entreprise familiale envoie le jeune homme de 22 ans suivre un chantier sur Ré. Conquis par le territoire insulaire, ils se lancent, quelques temps plus tard avec son épouse Marie-Claire et créent leur première entreprise de plomberie-zinguerie et chauffage rue Gambetta.

Ce n’est qu’en 1983, après un bref retour à Orignolles, que Jean-Louis Olivier s’installe définitivement à Ars et monte son entreprise de couverture Olivier SARL les toitures rétaises, accompagné de Francis, son fidèle compagnon venu lui aussi d’Orignolles. Marie-Claire s’occupe alors de la comptabilité et plus tard Sandrine et Thomas, leurs enfants participent eux aussi à l’aventure.

Très vite l’entreprise prospère grâce au travail de l’artisan qui calque sa méthode sur le savoir que lui a légué son grand-père. À la pointe de la technologie, il est le premier de l’île à utiliser l’élévateur ou le fax pour optimiser sa gestion ou ses rendements. Dès lors, on fait appel à lui de partout, sa réputation est faite, il est, dit-on, le meilleur ! Mais le couvreur, issu de quatre générations d’artisans, n’écoute pas les flatteurs, car, rappelle- t-il, dans la vie, rien n’est jamais acquis.

En bon artisan indépendant, Jean- Louis Olivier ne se mêle pas des affaires des autres et les premiers temps suivant leur installation, les époux Olivier sont un peu considérés comme des étrangers par les Casserons. Ce n’est que dix ans plus tard, à l’occasion d’une foire-exposition organisée à Ars par Michel Brunnet, que Jean-Louis commence à côtoyer ses homologues artisans et se lie d’amitié avec Philippe Courcier.

« Il nous faudrait quelqu’un comme toi à la mairie »

C’est une sorte de défi que lui lance en ces termes son nouvel ami et artisan Philippe Courcier, et, tous deux poussés par une population désireuse de changement (Émile Gaudin, le maire sortant et son équipe qui se représentent avoisinent tous les 70 ans) ils montent une liste en vue des municipales de mars 1995. En dépit du panachage possible, la liste des jeunes gens est élue en totalité.

Le maire, fraîchement élu, ne pensait alors faire qu’un mandat mais les événements en ont décidé autrement. Quatre mandats et vingt-cinq ans au service de la commune plus tard, l’élu peut s’enorgueillir d’avoir conduit sereinement Ars sur le chemin de la modernité.

À travers des dossiers et des réalisations notoires comme Thalacap, les logements sociaux, la salle des sports, la rénovation de l’église St-Étienne, l’école ou encore la bibliothèque qu’il a osé entreprendre aux moments opportuns, et toujours en fonction des préoccupations humaines, l’homme de terrain qu’est Jean-Louis Olivier a fait entrer Ars la tête haute dans le XXIe siècle.

Se méfier de l’eau qui dort

S’il se départit rarement de son calme légendaire, Jean-Louis Olivier avoue pouvoir sortir de ses gonds si la colère le prend. C’est heureusement chose rare car en ces moments-là même Marie-Claire, son épouse ne le reconnaît pas !

Plus généralement, il accepte les divergences d’opinions en tant que telles et sa tempérance naturelle l’incite plus à la discussion qu’à l’affrontement. Il a cet avantage de savoir dire ce qu’il a à dire calmement mais sans ambages.

D’un naturel posé et sérieux, notre élu n’en n’est pas moins bon-vivant. Depuis ses années d’armée, il a la réputation d’organiser comme nul autre les bonnes soirées entre copains. On n’en doute pas quand on sait que ses camarades de classe d’Orignolles comptent, aujourd’hui encore, parmi ses meilleurs amis.

Toujours plein de projets, l’élu, qui nous confie « que sa fonction de maire fut une activité très chronophage et dont les responsabilités, qui réclament un engagement total, pèsent et nous changent » souhaite à l’avenir se consacrer à sa famille et ses amis. Il aime la marche à pied et les voyages, le Pays basque et l’Espagne, la pêche et la chasse et, en bon artisan qu’il est, il doit encore entretenir la maison de ses ancêtres qui en a bien besoin.

Nous lui souhaitons donc une belle retraite.

* Titre qui revient à son son homologue flottais, Léon Gendre à la tête de sa commune depuis 43 ans.

Véronique Hugerot

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