Environnement

Sensibilisation - Environnement

Jardins pédagogiques, lieux de vie aux multiples vertus

Il fait gris mais tant pis, les enfants sont là. Une seule photo pour trois jardins mais confinement...
Publié le 21/04/2021

Ils ont tout bon ! Vertueux mais aussi ludiques, les jardins pédagogiques font le bonheur des petits et des grands (enfants)

Inaccessibles plusieurs mois aux enfants en raison de la crise sanitaire, les trois jardins pédagogiques rétais ont été laissés au seul soin des bénévoles qui les animent. A l’heure où la nature est en plein réveil, plantes, fleurs, légumes attendent désormais le retour des petits jardiniers en herbe. Et nous, on en profite pour évoquer leurs bienfaits !

A Ars, le pionnier

Il est né en 1993, la même année d’ailleurs que l’association Les Jardiniers de l’Ile de Ré qui l’animent et viennent en appui au travail des professeurs avec les petits élèves. Ce jardin a un peu voyagé. « Au début et pendant deux/trois ans, il a été installé sur une parcelle privée », explique François Bertin, Président de l’association, « avant de déménager sur une autre parcelle, communale cette fois. Et enfin, il a trouvé sa place, il y a quelques années, entre l’école et la mairie ». « Nous avons un projet pour l’améliorer encore » souligne le passionné de jardinage qui n’oublie pas d’évoquer hôtel à insectes, pommiers et autres arbres fruitiers et même de La Chayote, plante des climats chauds qui se plaît sous le ciel de Ré.

Le jardin arsais vit toute l’année et accueille les enfants des deux classes élémentaires. En octobre dernier, on y a planté tulipes, fèves et petits pois puis… confinement, puis les intempéries sont arrivées. « On recommence à semer, des glaïeuls par exemple », se réjouit François Bertin qui enchaîne avec le jardin de Loix qui concerne lui les deux sections de maternelle, et où l’association intervient également. « Enfin, l’entretien courant est assuré par un employé municipal de la commune », précise François Bertin, « cela nous évite d’y aller pour de simples arrosages ».

A Rivedoux, une élue au jardin

Elue municipale, Colette Piveteau, Conseillère déléguée aux jardins familiaux et pédagogique, à l’écocitoyenneté et la biodiversité évoque « le plaisir qu’elle a eu à voir les enfants se précipiter pour voir les premières pommes de terre, ou encore leur enthousiasme à mettre les mains dans la terre ». Pomme de terre locale donc, ainsi que fèves, radis, petits pois, salades mais aussi trois poules, un coq, deux lapins et deux cochons d’Inde. « Tout le monde l’appelle la cour de Colette », explique l’élue. Sa fierté ? La naissance de trois poussins. Au sein même de l’école, le jardin est intégré à la cour, et concerne les écoles maternelle et élémentaire. Les plus grands doivent d’ailleurs faire un compte-rendu de ce qu’ils font dans le cadre du cours de SVT (Science et Vie de la Terre). Mais depuis quatre ans, le jardin pédagogique rivedousais est aussi hors les murs puisqu’une parcelle a été attribuée aux enfants des classes élémentaires parmi les jardins familiaux.

Le plus récent, Le P’tit Clos

Direction Sainte-Marie où le jardin du P’tit Clos est né en 2014 de la complicité entre la Maire, Gisèle Vergnon, et son adjointe en charge de l’urbanisme, de l’environnement et des affaires sociales, Martine Recher. « L’idée est venue pendant une réunion de bureau », se rappelle Martine. « A l’origine, je voulais créer une vigne pédagogique, la commune étant emblématique de la viticulture rétaise. Gisèle Vergnon y a ajouté le potager et le verger ».

Le P’tit Clos a pris racine sur un terrain en OAP non loin du groupe scolaire. Si depuis Martine Recher a quitté ses fonctions d’élue, elle est toujours au jardin. On y trouve une vigne (non traitée) bien sûr mais aussi trente arbres fruitiers et un potager riche de petits pois, fèves, épinards, mâche, pommes de terre, artichauts, fraisiers, radis roses et noirs, navets, poireaux, choux cale, choux fleur et de Bruxelles, butternut, patates douces, aubergines, courgettes, poivrons, carottes… Mais aussi un carré aromatique embaumant l’estragon, et le romarin, l’oseille et même le safran. Sans oublier les fleurs de saison.

Ayant rencontré Martine sur place et bien avant le confinement, nous aurons le plaisir de voir arriver des élèves, parmi les plus grands qui fréquentent le jardin. Y participent aussi les petits de la maternelle et en septembre les plus âgés de la crèche sont venus avec leurs parents. Si la permanence jardinière se tient les mercredis et samedis matins, Le P’tit Clos est un lieu ouvert et les enfants peuvent y venir s’ ils le souhaitent.

Le cycle du vivant

Martine Recher, Colette Piveteau et François Bertin sont tous les trois passionnés et disent la même chose : les enfants se plaisent au jardin et y travaillent assidûment. Au rythme des saisons, ils y apprennent tous les cycles du vivant, des semis à la récolte en passant par les aléas climatiques, la biodiversité et la gestion des déchets. Car les trois jardins sont bien sûr attentifs au compostage. A Rivedoux, Colette Piveteau fait même dans le lombri composteur pour le plus grand plaisir des enfants qui « demandent à voir les vers ».

Une sensibilisation et une éducation à l’environnement qui passe par le lien direct avec la nature et la pratique de tous les gestes menant au plaisir de la récolte que les enfants ramènent parfois chez eux, non sans fierté, on l’imagine. Ils en apprennent des choses au jardin, y compris la patience, le sens de l’observation et de l’effort, sans oublier le travail en commun. Le jardin, un outil pédagogique et ludique, favorisant aussi le développement de soi.

Pour conclure, évoquons un projet qui se prépare du côté du Bois-Plage, où une vigne pédagogique verra bientôt le jour sur un terrain prêté par le Département. Aux manettes, Rémi Carré, Conseiller municipal en charge notamment de l’Environnement. L’idée, cinquante plants résistants de vignes bio et deux cépages mais aussi des arbres fruitiers et amandiers. L’enseigne a été créée par les enfants des classes élémentaires. Il est encore bien trop tôt pour goûter les fruits de la vigne mais voilà une initiative de plus. A quand un concours local de petits jardiniers rétais ?

Pauline Leriche Rouard

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