Territoire

Conseil Communautaire du 26 septembre

Entre inquiétude et colère, Lionel Quillet tire le signal d’alarme

Publié le 16/10/2018

En préambule au conseil communautaire, le président Quillet a comme à son habitude communiqué auprès des élus (et des médias) sur différents sujets d’actualité, avant d’aborder l’ordre du jour.

Comme nous le pressentions dans Ré à la Hune du 18 septembre, alors que le PLUi est en cours d’élaboration et que ses quelques opposants se focalisent sur le résiduel constructible dans le périmètre des 20 % urbanisables, le président s’inquiète pour la préservation des espaces naturels qui occupent 80 % du territoire. « Nous avons la chance d’avoir un territoire très attractif, l’un des plus protégés de France. Nous nous sommes tous battus : élus, associations, Etat pour que son environnement soit préservé et respecté », a-t-il rappelé, « Je suis choqué de ce que j’ai vu cet été : près de quarante drones dans les marais, des fêtes en nombre avec chapiteaux, tables et autres tapis dans les marais. Quant aux pistes cyclables, ce sont 120 victimes d’accidents qu’elles ont enregistré avec des cas très graves. Nous nous sommes battus chaque jour pour préempter des zones, j’ai vu tous les maires faire tout ce qu’ils peuvent, la CdC a une équipe de 9 écogardes qui sillonnent les espaces sensibles, les associations environnementales telles la LPO et Ré Nature Environnement contribuent à cette protection, pas certaines autres associations « hors sol » (NDLR : le président a repris l’expression utilisée par Ré à la Hune cet été). Nous avons dépassé un seuil cette année. Concernant les ostréiculteurs, les jeunes générations ont compris les limites et contraintes des installations de dégustation, d’autres ont dérivé. Pour un territoire partagé, respecté, nous allons établir une ligne de conduite que je tiendrai sans faillir y compris à la veille des élections de 2020, je ne lâcherai rien ».

« J’approuve pleinement ces propos, il faut tenir compte de ces dérives, de la sécurité des pistes cyclables et des routes dans le PLUI » a renchéri Léon Gendre.

La CdC prend les rênes de La Maline, en régie directe

Le gros sujet à l’ordre du jour était le nouveau mode de gestion de La Maline. Il paraissait évident depuis plusieurs années que la CdC n’allait pas continuer éternellement à injecter de telles sommes (investissement et fonctionnement) dans cet équipement culturel, sans vouloir en prendre les commandes. C’est la même histoire que celle d’île de Ré Tourisme qui se répète et paraît logique. Pourtant quand en son temps nous suggérions cette évolution prévisible, tant pour île de Ré Tourisme que pour La Maline, nous étions accueillis de la part de certains par des cris d’orfraie.

Comment demander à une collectivité d’être responsable in fine de la gestion d’une structure – à partir du moment où il y a d’importantes subventions il y a contrôle de la Cour des Comptes et responsabilité des élus – dont elle ne maîtrise pas le fonctionnement ? Sans compter que dans le passé, tant pour île de Ré Tourisme que pour La Maline, la direction était en « roue libre », même si les présidents successifs de ces associations ont souvent tempéré. C’est aussi là où le bât blesse : difficile de demander à un président bénévole d’association de prendre la responsabilité et d’assumer les contraintes de la gestion d’une « PME culturelle au chiffre d’affaires d’1,2 million d’euros ». Sans sa complicité avec Lionel Quillet, son sens de l’intérêt général et la perspective de ce nouveau mode de gestion, l’actuel président Paul Neveur aurait sans doute baissé les bras depuis un certain temps.

La nouvelle Maline, modernisée et étendue, sera ainsi livrée début 2020, sauf retard dans les travaux (l’incident du Pont n’y est pas étranger). Les travaux de 5,9 millions d’euros sont financés à 50 % par la CdC et à 50 % par les partenaires que sont La Région, le Département et l’Etat. Sur un budget de fonctionnement actuel de 800 000 €, la collectivité rétaise contribue à hauteur de 360 000 € via une subvention. Le président et le Bureau de la CdC souhaitent positionner La Maline dans le cadre d’une politique culturelle du territoire qu’elle impulse depuis plusieurs années, alors que l’ARDC a perdu son rôle qu’elle a tenté de tenir un temps d’impulsion et coordination entre les différentes associations culturelles.

Parmi les trois modes de gestion possibles : association, DSP (délégation de service public comme AquaRé) ou régie, les élus de la CdC ont opté sans hésitation pour la régie. « Nous avons mené une large concertation avec Patrice Déchelette, Annie Léauté et son équipe sont allés voir ce qu’il se passe sur d’autres territoires, cette solution nous a parue évidente » confirme Jean- Pierre Gaillard, ajoutant « On ne peut laisser la programmation au gré des personnalités qui dirigent La Maline puis s’en vont ».

« J’ai vécu la piscine en DSP et ses choix financiers difficiles, le meilleur choix pour la Maline est la régie. Certes, on ne choisit pas la solution politique la plus simple et la moins impliquante, on m’a déconseillé de prendre cette responsabilité, mais ce n’est pas dans mon tempérament. La régie va nous permettre de garantir la qualité et mener la politique culturelle que l’on souhaite. On sera sur un mode de parfaite gestion financière, avec une comptabilité publique, les effectifs actuels de La Maline seront tous repris dans les mêmes conditions salariales ».

Gisèle Vergnon a aussi mis l’accent sur la nécessité d’améliorer la qualité d’accueil des résidences d’artistes, tandis qu’Isabelle Ronté a souligné la souplesse d’une association, qui risque d’être perdue avec la régie.

Les élus présents (21) ou représentés (5) ont voté à l’unanimité cette délibération sur un « mode de gestion qui permet d’une part un contrôle total du service public par la collectivité et d’autre part la mise en oeuvre d’un nouveau projet culturel spectacle vivant et cinéma de territoire au plus près des besoins de la population ». Il s’appliquera à compter du 1er septembre 2019, pour que la nouvelle Maline soit opérationnelle dès la fin des travaux début 2020.

Nathalie Vauchez

 

Tourisme

« Les clientèles étrangères sont passées de 20 % à 30 % en une année, ce qui fait du bien » a souligné Lionel Quillet. Mais cette clientèle est très regardante sur le service. De quoi inciter certains professionnels à monter en gamme en la matière ?

 

De nombreux travaux de voirie cet automne/hiver

Durant cet automne et cet hiver, plusieurs chantiers sont prévus. En février 2019 devraient être réalisés les travaux au Défend à Rivedoux, endroit très accidentogène, ainsi que le giratoire de Saint-Clément. La réalisation du parking du Boutillon et la sécurisation de la traversée de la départementale sont prévus également, ainsi que la fin du projet de la pointe de Saint-Clément, sur l’allée du Phare. Le carrefour des Portes est aussi programmé.

Entre La Flotte et Sainte-Marie, la très dangereuse route du Paradis va être reprise, afin de terminer le béton sur le côté de la route ; l’aménagement de la route en matière de sécurité est prévu. La route d’Ars, depuis le rond-point de La Couarde jusqu’au Boutillon (sur laquelle deux jeunes cyclistes ont trouvé la mort cette année) est soumise à un trafic très dense, en plus des sorties de boîtes de nuit… Le Département va relancer son aménagement, tant en ce qui concerne la route que sa traversée : signalisation, bas-côté, urbanisme seront améliorés. Une étude sera menée cet hiver pour des travaux envisagés pour fin 2019 ou pour 2020.

 

La Maline concrètement

Annie Léauté, directrice de la culture, du patrimoine et des affaires sociales à la CdC nous a précisé le futur fonctionnement de La Maline : « Annabelle Bariteau (NDLR sa collaboratrice au plan culturel) sera responsable dans l’avenir du fonctionnement de La Maline et nous recruterons un directeur/une directrice de la programmation et de l’équipement. Nous avons l’habitude de travailler en concertation avec tous les acteurs culturels du territoire et associons autant que possible nos partenaires. La régie directe va permettre à la CdC de fixer les tarifs, définir la programmation et intégrer pleinement La Maline dans le cadre de notre politique culturelle de territoire. Cela nous permettra de suivre la très forte tendance actuelle du « Hors les Murs » très difficile à assumer financièrement pour une association, sachant que 80 % des Français ne se déplacent jamais dans une salle de spectacle. Réactifs nous pourrons l’être, avec une régie d’avance qui nous permettra de disposer de fonds et de passer les commandes rapidement, et le président peut aussi nous faire une délégation de signature, comme c’est déjà le cas ». L’équipe devrait à terme être complète de 1 à 12 personnes.

 

Logements locatifs à Saint-Clément

« Aujourd’hui l’Etat propose une possibilité aux Ouches, en zone PPRN, pour les 20 logements locatifs communautaires initialement prévus dans la fameuse ZIS du Moulin Rouge » a informé Lionel Quillet. La réalisation de ce projet est soumise à la prise en compte des prescriptions du PPRN, notamment celle de la zone Os, et le PLUI devra intégrer les prescriptions d’urbanisme permettant la réalisation de cette opération. Une étude de préfiguration est nécessaire, pour définir les conditions de sa faisabilité technique et son insertion dans son environnement urbain et naturel et donc les prescriptions d’urbanisme. Confiée au cabinet Atelier Sites, son montant est de 7945 €.

 

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Vos réactions

  • dede
    Publié le 18 octobre 2018

    bravo mr quillet.y’en a marre de toute cette incivilité surtout les cyclistes.route interdite aux vélos et on s’en moque.les stops idem.tout part en vrille.quel dommage!!!et le respect de la nature on en parle pas.des canettes vides balancées au bord des routes et pistes ,,emballages de gateaux plastiques et autres.notre ile n’est pas la poubelle.il va falloir mettre un agent en permanence pour le respect de toutes ces derives

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  • DINE
    Publié le 19 octobre 2018

    ces « débordements » ne sont pas étrangers à votre politique du « attirons toujours plus de touristes » cette ile n’en peut plus ! il faut restreindre le nombre de passages, laissez de la place aux résidents principaux, la vie devient insupportable entre le 14 juillet et fin aout sur notre iles, on ne va pas investir dans des infrastructures pour 200 000 personnes alors que nous ne sommes même pas 20 000 a vivre à l’année! arrêtez vos projets de facilitation du passage du pont ( il a pas l’air si solide en plus!)et faites que nous ne soyons pas obligés de faire la queue pendant 1 h 30 voir plus, pour rentrer chez nous, lorsque nous sommes contraints d’aller à LA ROCHELLE! regardez l’état des routes dans nos communes, les dépôts de déchets transformés en DEPOTOIRES ou l’on dépose sans se poser de questions, tout et n’importe quoi au lieu d’aller à la déchetterie! les odeurs pestilentielles que doivent subir les riverains des stations d’épuration qui ne sont pas prévues pour traiter de si grandes quantités de déchets humains……

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  • danau
    Publié le 19 octobre 2018

    Monsieur Quillet

    l île de Ré est comme qui dirait « ma patrie » je la respecte et suis très respectueuse de son environnement depuis que j’y vis.
    Mais lorsque je vois tous ces détritus de plastique noir dans les vignes le bord des routes ,laissés lorsqu’une vigne est arrachée ( route Thalasso Sablanceau) tous ces morceaux qui volent au vent .C’est lamentable . Rien est fait Il y a t il obligation de nettoyer lorsque l’on a souillé !……. les mois les années les nombreuses années se suivent et les déchets en plastique noir sont là immuables. qu’elle belle île !….

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  • passurlatête
    Publié le 19 octobre 2018

    Il faudrait le beurre, l’argent du beurre, la crémière ; mais pas les vaches ; elles puent ! Quant aux pistes cyclables, c’est à peu prés le même comportement qu’en voiture ! et qui les a élevé tous ces cyclistes et conducteurs ?

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