Hydrocurage : rencontre avec une ingénieuse machine
Nettoyer, curer, désenvaser… sur l’Ile de Ré, toute méthode innovante mérite le détour. Chose faite le 21 janvier dans le port d’Ars-en-Ré.
Le rendez-vous est matinal et frisquet. Informée par Bruno Camuset, Président de l’AMIGO* et secrétaire de l’URCAN* de la démonstration de curage, nous voilà sur la jetée du port d’Ars en attente de l’arrivée de cette machine prometteuse. Sont également présents pour l’occasion les associations AUPAR* et APPRP* ainsi qu’Etienne Caillaud, 1er Adjoint de la municipalité en charge du port et bien sûr son capitaine Boris Monchy.
Prestation clé en mains
La machine en question a des allures de jouet et c’est l’un de ses atouts aux dires d’Emmanuel Brissonneau, dirigeant fondateur de la société MT Faucardage, née en 2019 et spécialiste des milieux aquatiques allant des rivières jusqu’à l’océan en passant par étangs, lacs ou bassins. Capable de gérer l’organique et le végétal, l’entreprise charentaise revendique des propositions économiques, vertueuses pour l’environnement et, détail non négligeable, gère l’ensemble des autorisations administratives et réglementaires. D’où l’oreille attentive de ses interlocuteurs insulaires qui ne demandent qu’à voir.
Petite, maniable et agile
On s’attendait à l’un de ses gros engins déjà vus mais non… voilà en effet une machine surprenante par sa taille réduite, ne nécessitant pour la transporter et l’utiliser qu’une voiture (assez grosse quand même), une remorque et un conducteur. Taille modeste donc et agilité correspondante : glissant de la remorque abaissée, là voilà déjà dans l’eau, prête à faire son office à l’entrée du chenal du curé, zone test choisie par le capitaine du port Boris Monchy car riche en vases compactes. La hauteur d’eau est entre un mètre cinquante et deux mètres et le bras de la machine s’active, brassant les vases ensuite évacuées latéralement par un tuyau. Pour le résultat final, il faudra un peu de patience et surtout revenir plus tard… à marée basse.
Techniques et évacuation
Utilisant la méthode de rotobrassage, la machine décompacte et aspire les sédiments par un tuyau qu’elle peut déposer jusqu’à quatre cent mètres au large. Autre solution d’évacuation, les côtés des zones nettoyées pour venir par exemple consolider les berges, ou encore le stockage dans une zone non navigable. Ajoutons à cela qu’elle peut travailler en eau profonde mais aussi avec seulement trente centimètres et qu’au vu de sa taille et de sa maniabilité, elle n’exige pas le retrait des pontons flottants ni celui de tous les bateaux, permettant d’éviter nombre de contraintes. Enfin, elle est capable d’utiliser la technique du jet à haute pression pour des zones denses et compactes « comme celles des souilles du Goisil par exemple », précise le président de l’AMIGO Bruno Camuset.
Pour conclure, combien ça coûte ? 1 300 € HT par jour, dégressif jusqu’à 900 €HT à partir du septième jour, prenant en considération que par journée de travail peuvent être traités 350 à 400m3 de vase. Très abordable selon l’avis général… Voilà donc une prestation, une méthode et une machine qui semblent avoir tout bon.
*AMIGO : Association des Amis du Port du Goisil / URCAN : Union Rétaise des Associations Nautiques / AUPAR : Association des Usagers du Ports d’Ars en Ré / APPRP : Association de la Plaisance et du Port de Rivedoux-Plage.
Ce qu’ils en pensent
Interrogés a postériori du résultat, parole aux acteurs concernés : Pour Boris Mouchy, le résultat n’est pas optimum mais « il travaillait à tâtons sur une zone qu’il ne connaissait pas, un bras de quatre mètres aurait été nécessaire (un de deux mètres à été utilisé) et la méthodologie reste à préciser ». « Mais le résultat est assez probant », ajoute le capitaine du port d’Ars. C’est un bon outil d’entretien, une des étapes à coupler avec le travail de la capitainerie », précise-t-il, estimant qu’il faut un bouquet de solutions pour une meilleure efficacité.
De son côté, le 1er adjoint Etienne Caillaud apprécie la machine « petite, facile à emmener et à retirer ». « J’ai constaté plutôt des trous que des tranchées mais la vase a été décompactée et rendue plus légère. L’idéal serait une zone test dans de bonnes conditions », conclut-il. Quant à Bruno Camuset, il voit là une opportunité pour le Goisil, sur le plan économique mais aussi pratique avec un déplacement simple à la demande et la prise en charge de l’ensemble des démarches réglementaires. D’ailleurs la municipalité couardaise a demandé un compte-rendu. Morale de cette démonstration ? A creuser… sans mauvais jeu de mots, bien sûr.
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