Culture

Peinture et sculpture

Humour, onirisme et talent à la Galerie Glineur

« Regardez-moi » de Béatrice Terra.
Publié le 13/12/2020

Pas d’événement spécifique à la Galerie Glineur en cette fin d’année, il est si difficile d’en programmer avec certitude ! Mais les dernières oeuvres des peintres qui font la qualité de la galerie sont à découvrir. Avec bonheur

Côté peinture, dans l’espace clair et élégant de la galerie, les couleurs vitaminées des toiles de Gordon Hopkins, claquent sur les murs et se font l’écho des voyages de l’artiste dans les jardins du sud de l’Europe. Des ambiance rétaises et des poissons apparaissent depuis qu’il a un pied dans l’île et les citrons, andalous ou amalfitains, se renouvellent pour embellir votre hiver. Très puissantes également, dans un registre totalement différent, les gravures de Francisco Sepulveda, que l’on rencontre rarement en aussi grand nombre. L’artiste d’origine chilienne crée des univers foisonnants et mystérieux, empreints de couleurs fortes, dans une étonnante lisibilité graphique. Imprégnée des anciennes civilisations amérindiennes, son oeuvre fait preuve d’une grande force onirique, qui n’exclut pas l’humour !

Beatrice Terra nous fait revenir dans un monde plus humain où elle peint, avec une immense tendresse qu’elle nous transmet, des portraits d’hommes fragiles le plus souvent. Fragilité du personnage qu’elle saisit dans l’instant, en mouvement. De sa palette sobre naît l’émotion, de son trait le mouvement et ses portraits donnent naissance à des personnages attendrissants qui lui ressemblent. Sa peinture, très expressive, s’inspire de la vie qui l’entoure, de ses rencontres ; l’autodérision y est très présente. Encore des portraits, ceux du flamboyant Jean-Michel Aucler pour qui l’Asie est une source d’inspiration permanente et en particulier l’Inde pour les derniers tableaux livrés.

Nouveaux, les petits formats d’une nouvelle venue, Marine Ho. Teintes douces, corps de femmes nimbés de clair-obscur, elle exprime de manière intimiste la délicatesse et l’élégance des femmes dans une société dont le conformisme n’a rien à voir avec l’artiste.

Des oeuvres séduisantes et des valeurs sûres

Parmi les sculpteurs, le bestiaire de Dominique Pouchain, un vieil habitué de la galerie, s’empare de l’espace. Artiste céramiste, travaillant aussi le bronze depuis le début des années 2000, il expose ses créations aux lignes épurées et charnelles, d’un noir mat profond absorbant la lumière. La tendresse sourd des oeuvres de Yannis Lagresle, autodidacte, dont l’humour s’exprime dans les passions qu’il cumule : la sculpture et le recyclage d’objets. Ses personnages, de doux rêveurs qu’il surnomme « Yayas » pourraient aisément rejoindre le monde de Béatrice Terra ! Il invente des moyens de locomotion pour des transporter hors du temps et, depuis le confinement il s’agit surtout d’élégantes voitures.

La poésie de Marine de Soos nous entraîne dans un monde où le temps, encore lui, est différent. Imprégnée de ses souvenirs d’enfance en Afrique, elle réalise des oeuvres nous invitant à un voyage intemporel à travers la sagesse africaine et orientale. Captant un instant fugitif, elle le pérennise avec élégance, lui apportant plénitude et authenticité. Spécialiste des techniques sur armatures de métal, bois, ou du bronze à la cire perdue, ses sculptures donnent à voir des scènes simples, des gestes ancestraux dans lesquels nous retrouvons l’universalité de la condition humaine. Monica Mariniello, quant à elle, a choisi la terre pour exprimer sa culture italienne : une bonne dose de théâtralité s’accompagnant d’un humour voilé pour arriver à l’âme sans laquelle la matière ne serait rien. La présentation sur tige de certaines de ses sculptures leur donne à la fois légèreté et équilibre. La galerie expose entre autres « L’homme à la cage » et « Le petit olivier », nos coups de coeur parmi les oeuvres de cette artiste attachante qui représente le monde dans son imperfection avec une grande force poétique.

Un choix d’oeuvres, qui ne laissera personne indifférent, pour une belle fin d’année et qui nous rassure sur la vitalité de la culture !

Galerie Glineur
18 rue de Sully à Saint-Martin
de Ré
www.galerieglineur.com

Catherine Bréjat

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