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Hommage à François Blanchard

François Blanchard a toujours été fidèle au Salon du Livre en tant qu’auteur, mais aussi photographe officiel du salon
Publié le 02/03/2021

PERSONNALITÉ INCONTOURNABLE DE L’ÎLE DE RÉ, FRANÇOIS BLANCHARD NOUS A QUITTÉS, LA SEMAINE DERNIÈRE, EMPORTÉ EN QUELQUES SEMAINES PAR LE COVID. PLUTÔT QUE DE PUBLIER UN DE CES HOMMAGES OU PORTRAITS FORMELS ET SOUVENT ASSEZ IMPERSONNELS, RÉ À LA HUNE A PRÉFÉRÉ RECUEILLIR LES TÉMOIGNAGES, SPONTANÉS, SIMPLES ET VENANT DU COEUR, DE CEUX QUI L’ONT CÔTOYÉ, APPRÉCIÉ, ADMIRÉ… NOUS SOMMES DE TOUT COEUR AVEC SA FAMILLE.

 

François Blanchard nous a quittés

Puissé-je trouver les mots du coeur pour évoquer son souvenir.

François en nous laissant sur le quai de la vie, tu laisses de nombreux Couardais émus et emplis de tristesse. Ce qui nous reste de toi, à jamais, c’est ton besoin indéfectible de témoigner de l’histoire de ton village La Couarde sur Mer. Ton oeil critique mais toujours bienveillant au travers des images et photos que tu ne cessais de produire permettront aux générations futures de conserver la trace de ce qui constitue nos racines couardaises.

Journaliste reporter d’images à France Télévision, mais aussi enseignant dans le domaine de la production audiovisuelle, tu savais mieux que personne témoigner de l’évolution de notre société. Ton attachement à ton village t’a conduit a être le témoin privilégié de la « souffrance des Couardais » lors du passage de Xynthia, et tu nous laisseras un poignant témoignage grâce à ton magnifique livre « Xynthia les Rétais nous disent ». Au-delà de ces photos de tranches de vie tu as su capter le magnifique élan de solidarité perçu dans ces moments difficiles et ainsi nous délivrer un vrai message d’espoir !

Tu aimais aussi témoigner du passé, par respect de nos anciens mais aussi pour préserver ce qui à fait notre histoire collective. C’est ainsi que lorsque notre collectivité a souhaité restaurer dans le square communal les monuments témoins de notre histoire, tu as répondu présent comme toujours pour immortaliser tous les moments de cette restauration. Tu savais si bien raconter, mêlant dans tes livres magie et authenticité. Défi formidable et chantier exaltant que de savoir faire vivre et fructifier, savoir faire partager et transmettre ce bel héritage, au plus grand nombre, dans toute sa diversité ! Grâce à ton soutien nous avons pu mettre en place le concours photos de La Couarde sur Mer ou tu as officié dans le jury pendant plusieurs années. Je garderai en mémoire la présence de ce chasseur d’image au petit matin dans les marais de notre village pour capter la présence de l‘Harfang des neiges, accompagné de Christian et André , tous passionnés de la nature et amoureux de leur territoire.

Cher François, tu es parti malheureusement sans la présence des tiens. Nous pensons beaucoup à ton épouse et tes enfants.

Le Conseil Municipal et moi-même nous associons à leur peine et nous leur présentons, en ce moment douloureux, toutes nos condoléances émues.

Puisse ta famille trouver dans l’expression de notre émotion, de notre souvenir et de notre amitié l’expression sincère de notre affection pour toi François.

Tous les Couardais qui t’on connu te disent, cher François, merci pour tes témoignages, merci pour ta disponibilité, merci pour notre village !

Patrick Rayton, Maire de La Couarde sur Mer

François Blanchard était un Couardais et un Rétais très attaché à son territoire

Un homme très attachant

J’ai aujourd’hui une profonde peine, François Blanchard était un homme très attachant. Nous avons été rassemblés souvent autour de ses livres et de ses photos. Ainsi, nous avions beaucoup travaillé ensemble pour son livre « Xynthia, les Rétais nous disent ».

Il m’avait suivi sur l’une de mes parties de pêche aux congres, avec Jean Baudoin, sur un canoé pour protéger son appareil photo, pour son livre intitulé « Fugue en Ré », avec de très belles photos sur la pêche traditionnelle. Une partie de pêche et de plaisir, tant sa compagnie était chaleureuse. Poète, François avait une vision juste des choses, son départ représente une perte humaine pour l’île de Ré.

Lionel Quillet

 

« Pour notre plus grand plaisir »

A sa demande j’ai eu le plaisir de faire la Préface de l’un de ses plus beaux ouvrages : ILE de Ré… Île de plumes de François Blanchard et Francoise Attaix Vandame.

« Sur les dunes, filles de la mer et du vent, dans d’interminables vols planés, glissent les goélands…Sous les caprices d’une brise impertinente et coquine, se soulèvent délicieusement les plumes élégantes de l’aigrette garzette… L’oeil éclairé, passionné, de François Blanchard cueille au vol, sublime ces instants, ces sensations de rêves… Pour notre plus grand plaisir … »

Dominique Chevillon

François Blanchard, un photographe et auteur prolixe…

Mon ami

Comment résumer en quelques lignes notre amitié ?

13 ans pendant lesquelles nous avons mis en commun notre vision artistique.

Toi seul pouvais mettre en lumière mes tableaux et partager mes émotions à travers ton objectif.

On passait des heures à trier tes photos « si bien » rangées dans ton ordinateur, pour tes livres dans lesquels je voulais t’aider à sublimer ton travail de photographe et que de ta photo naisse un oeuvre. Tu as rejoint la beauté des airs que tu aimais tant auprès des oiseaux ou de la Patrouille de France.

Bon vol mon ami… Tu vas me manquer…

Marie-Marie

 

François, un être sensible et généreux

Géant au coeur tendre et à la crinière blanche, impossible de ne pas repérer immédiatement François Blanchard au milieu d’une foule ou lors d’une manifestation officielle. Passionné par la photo, passionné tout court, il savait capter l’âme des gens, la fugacité d’un moment authentique, l’élégance et la pureté des oiseaux de l’île de Ré.

Ancien reporter pour France 3, François affectionnait aussi particulièrement la Patrouille de France et les rugbymen, en témoignent ses magnifiques clichés et ses ouvrages.

François était aussi présent sur tous les grands évènements de l’île de Ré. Nous avions marché un moment côte à côte, à Saint-Martin, pour Charlie, je le croisais chaque année au salon du livre de l’île de Ré, au concours photo de La Couarde…

Au-delà des photos « officielles », il adorait surprendre des instantanés de vie. Extraordinaires.

Nous nous sommes retrouvés, par hasard, sur la ligne d’arrivée du Tour de France, l’été dernier, et avons patienté côte à côte pendant plus de trois heures, sous le cagnard rétais, partageant nos impressions. Dominant la situation, François a pu faire de magnifiques photos de l’arrivée des coureurs, mais aussi de tous les à côtés de cette journée hors du commun. Comme toujours, il a accepté de me fournir quelques photos, bien meilleures que les miennes, qui ont illustré notre dossier Ré à la Hune sur le Tour de France. Et m’en a même remerciée. C’était François, sensible et généreux, attentionné, l’oeil juste et la parole choisie.

François était l’homme de l’essentiel, ses photos sont le reflet de son âme, elles lui survivent.

Nathalie Vauchez

François aimait photographier la patrouille de France, qu’il suivait de près… grâce à son matériel de pro

Un mentor extraordinaire

Dans la vie, il y a des rencontres qui nous marquent et qui restent gravées dans notre coeur. François Blanchard était l’une de ces rencontres. Cet homme à la chevelure blanche comme le plumage d’un harfang, restera à jamais mon seul et unique grand maître de la photographie animal ière. I l fût pour moi un mentor extraordinaire qui m’a transmis son amour pour la photo et le cinéma animalier.

Je me rappellerai toujours la première fois que nous nous sommes rencontrés en 2014. Je l’avais contacté pour qu’il m’aide dans ma quête de l’harfang des neiges. François était le premier à avoir découvert cet oiseau unique sur l’Île de Ré. Et un jour, il m’appela sous une pluie battante, m’invitant à le rejoindre à Loix où se trouvait l’harfang. Malgré le déluge, je n’ai pas hésité une seconde à le retrouver. Je n’ai jamais su si c’était pour lui un test de motivation mais depuis ce jour, nous avons enchaîné les sorties photos dans les marais.

L’une des plus amusantes fut la fois où il m’a demandé de prendre le volant de sa mehari pendant que lui photographiait depuis la fenêtre un busard des roseaux, alors que je n’avais que 16 ans. Pour moi c’était la preuve qu’on se faisait confiance mutuellement.

À travers nos nombreuses aventures à la recherche d’oiseaux rares, il a toujours été là pour m’aider et me conseiller.

Il m’a appris tellement de choses à commencer par croire en soi-même et à raconter des histoires à travers les images. Il pouvait se montrer très exigeant et critique mais toujours dans le seul et unique but de me faire progresser en donnant le meilleur de moi-même. Son regard aguerri m’a guidé à travers mes trois ans d’études en photographie.

Je suis certain que je ne serais jamais devenu le photographe que je suis aujourd’hui si je ne l’avais pas connu. Il débordait de bonne humeur, d’humour et d’énergie. La plus grande force de François était d’arriver à capter en image ce que la nature a de plus beau à nous offrir et de le partager avec le monde. Quand il s’exprimait, on pouvait lire le rêve et l’émotion dans ses yeux.

Je pense que nous rêvons tous d’avoir un idéal de mentor, qui nous guidera jusqu’à la fin. J’ai eu la chance de le trouver en la personne de François Blanchard.

Je ne l’oublierai jamais et je ferai tout pour le rendre fier et ce jusqu’à la fin.

Mathieu Latour

© Christian Guillory – François Blanchard photographiant l’harfang des neiges, lui-même photographié par son complice Christian Guillory

Le photographe officiel de l’Île aux Livres

Depuis près de 10 ans, François était le photographe officiel de notre salon du livre. Bénévole parmi les bénévoles, grand reporter et grand photographe, d’humeur égale et d’un humour à toute épreuve, il a couvert le salon, les conférences, les tables rondes avec fidélité et professionnalisme et a shooté plus de 800 auteurs. Parfois à une vitesse impressionnante. Quelques clics en rafale et il disait : « C’est bon ». C’est en tremblant que nous découvrions le résultat qui était, comme toujours, parfait. François réussissait à saisir dans le regard et l’attitude des auteurs ce que d’autres ne voyaient pas. L’insaisissable. Une qualité rare parmi ses nombreuses qualités humaines. Sa stature, sa grande voix qui portait loin, ses coups de gueule pouvaient impressionner, mais son coeur était en or. Au fil des ans, le grand photographe est devenu un ami. Un ami d’une fidélité rare et précieuse.

Quand en 2015, avec la peintre Marie- Marie, nous lancions la série de livres pour enfants « Gaspard le homard », François était immédiatement partant. Non seulement il mettait l’intégralité de ses photos à disposition du petit homard, mais en plus il honorait patiemment nos commandes, parfois les plus farfelues ou compliquées à réaliser. Toujours ami. Toujours fidèle.

Un pilier du salon est parti. Mais avant tout un ami sur lequel on pouvait toujours – je dis bien toujours – compter.

Joschi Guitton Stéphane Guillot

© Christian Guillory – « Parfois il faut donner de sa personne… », commentaire sur cette très belle photo de son ami, Christian Guillory

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Vos réactions

  • de Bonneville
    Publié le 4 mars 2021

    Très beaux témoignages d’un photographe qui méritait ces éloges, et notamment celui de Patrick Rayton. Je n’ai pas connu personnellement ce Couardais, mais le découvrir à travers ses ouvrages et ses photos était déjà un signe d’amitié et de reconnaissance.

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