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Homard mayonnaise et pêche à pied sur Ré la Blanche

Nous avons la mayo...!
Publié le 11/07/2019
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Bien qu’une campagne de réensemencement du homard ait commencé en 2006 au large de Saint- Clément des Baleines et que des témoignages invitent à penser que le repeuplement est en bonne voie… il faudra encore attendre pour pêcher le homard d’une tablée entière à la fouëne dans les trous à congres de l’estran rétais comme le faisait grand-papa !

Quand bien même, si les vitamines A, D, B2, B12 et les omégas 3 sont votre dada, gourmets éclairés que vous êtes, coquillages et crustacés sont un must fait pour vous : entendez l’appel de la mer et de ses bienfaits ! Si ces mets de choix constituèrent une part importante du régime alimentaire des premiers foyers d’hominidés ayant développé une culture véritable… ce n’est pas un hasard ! Les produits de la mer sont bons pour les papilles autant que pour le bon fonctionnement d’un tout humain et sagace caberlot créatif !

Coquillages et crustacés …

Pêche à pied ? Sur l’estran ! Autrement dit, en mer, lorsque celle-ci se retire. Comme le chantait Brigitte Bardot dans « la Madrague » en 1963, avant de « Faire la fête aux crustacés », cinq mots de Jean-Max Rivière et Gérard Bourgeois disant « tout » ou presque de cet ineffable plaisir de la table, commençons par le commencement. L’Homme n’est pas équipé de branchies ni de nageoires, qu’elles fussent dorsales, pectorales ou caudales. Donc prudence !

La sécurité… du gourmand

La balade sur l’estran, toute plaisante qu’elle est, ne saurait se faire sans le respect d’un minimum de règles de sécurité élémentaires. Connaître les horaires des marées ainsi que leurs coefficients tout d’abord. (Informations : « http:// marée.info/126 » ou « https://www. iledere.com »).

Avoir sur soi une montre, idéalement étanche, afin de savoir quand commence l’étal, la période de basse mer. Elle dure environ trente minutes. Remonter à la côte au maximum une heure après la fin de la mer basse évite de se faire encercler à certains endroits comme au phare de Chauveau ou entre le phare des Baleines et celui des Baleineaux : nager à ces endroits pour revenir sur la terre ferme… n’est pas une bonne idée. Les courants sont puissants, les risques de noyade bien réels.

Etre chaussé de bottes, méduses, waders, tout type de souliers permettant de se protéger des coquillages, parfois tranchants comme des rasoirs. Se munir d’un couvrechef par grand beau, maillot de corps et crème anti-UV. Souvent sur l’île, le vent nous rend oublieux des morsures du soleil. Avec la réverbération, cette négligence peut être cuisante !

Celle de l’estran et de ses habitants !

Dans le cadre de sa thèse, menée à partir de 2007 sur plus de trois années, Mathieu Le Duigou, en collaboration avec l’association IODDE et l’Université de La Rochelle, a recherché les effets du retournement des rochers par les pêcheurs à pied sur les populations d’étrilles et la biodiversité de l’estran, de manière à bien mesurer quels sont les impacts de ce comportement des pêcheurs, malheureusement très répandu, qui ne font pas l’effort de remettre les pierres bien en place après les avoir mues. Les résultats sont sans appel : 30 à 70 % de baisse de la biodiversité sur les roches retournées et non remises en place ! Pêcheurs, préserver la ressource que vous convoitez commence par remettre chaque rocher déplacé tel qu’il était avant que vous ne le déplaciez !

En second lieu, ne pêcher que ce que vous mangerez, sinon, quel gâchis… pour le biotope ! 5 kg de coquillages par personne et par jour, toutes prises confondues. Ne prenez que le nécessaire !

En dernier lieu, d’une respectez la maille et pas touche aux femelles porteuses d’oeufs. Elles sont très reconnaissables ! Tous les offices de tourisme mettent à votre disposition des réglettes permettant de mesurer facilement vos prises et rejeter celles qui seraient trop petites (et qui n’auraient pas eu le temps de se reproduire… Coup d’estoc porté à la ressource !)

Que pêcher à l’île de Ré ?

Selon les goûts et les périodes de l’année… Araignées de mer (au camouflage parfois bluffant), palourdes (cuites ou crues, un régal), coques, patelles (cuisson vapeur pour les attendrir), praires, bigorneaux, troques (faux bigorneaux à coquilles bigarrées, moins goûteux mais comestibles), huîtres, pétoncles (fragiles, à consommer dans les 24 h après la pêche sauf congélation), crevettes grises ou bouquets, tourteaux, étrilles, homards – 8,7 cm de céphalothorax minimum, avec beaucoup de chance pour l’instant – , oursins (à consommer dans les 24 h après la pêche), ormeaux, moules… et poissons tels que bas, mulets, congres, etc. ou encore des seiches pour les amateurs de pigouille !

Où débusquer ces délices sur l’île de Ré ? Les « coins »…

L’étude de 2010 menée par l’association IODDE sur « La pêche à pied récréative dans le périmètre d’étude du Parc Naturel Marin de l’Estuaire de la Gironde et des Pertuis Charentais » est intéressante sur ce point. Allons du général au particulier, comme il convient. Il existe différents type d’estrans. Les rocheux, les sableux, les vaseux.

Les crustacés, gastéropodes (bigorneaux ou troques) et bivalves tels que les huîtres, les pétoncles et les moules préfèreront les premiers, les bivalves fouisseurs tels que coques, praires ou palourdes les suivants.

Chauveau : huîtres, moules, palourdes, couteaux et coques. Le Martray : huîtres, étrilles et tourteaux. Le Fier d’Ars pour les palourdes. La Flotte ou Saint-Martin pour les pétoncles. Saint-Clément des Baleines pour les tourteaux et étrilles. La Noue et Sainte-Marie pour les crevettes, étrilles et crabes des rochers

Attention : aux abords des ports, pas de pêche à moins de 100 mètres de distance de ceux-ci, pas à moins de 25 mètres des parcs à huîtres ou moins de 25 mètres des pêcheries. La plage nord de Rivedoux est également interdite à la pêche.

Quelques techniques de pêche…

La palourde fouit tous les types de sable (fin, gravier, vase…) jusqu’entre 6 et 15 cm. Elle laisse une marque caractéristique. Généralement, deux trous faiblement espacés. Pour la dénicher, il suffit de creuser avec une griffe, un râteau ou un couteau à palourde, à l’aplomb de ces trous. Sur les estrans de sable, la coque se pêche de la même façon. On les repère au fait que le sable bombe légèrement ou qu’elles sont visibles car pas complètement enfouies.

Le couteau, ou solen, se pêche au gros sel ou à la flèche. Le trou laissé en surface est carré ou rectangulaire et unique. Soit l’on met une pincée de gros sel sur le trou et le couteau remonte, soit l’on fiche une pique munie d’un ardillon, « la flèche », dans le trou afin de le piquer et le remonter.

L’huître se pêche au détrochoir ou détroqueur (Détrocher des grappes entières contenant de jeunes huîtres et d’autres espèces marines à coup de marteau et burin : à proscrire pour la préservation du biotope). Elle se conserve quinze jours, au réfrigérateur.

La moule… quand vous serez à pied d’oeuvre, vos mains suffiront à les « cueillir » !

Les étrilles, araignées de mer et tourteaux se trouvent sous les banches et les rochers. Soulevez les algues, en évitant de les arracher. Observez avec vos yeux et vos oreilles. Avec un crochet ou un sabre vous pourrez gratouiller les trous que vous trouverez ou soulevez les cailloux (Pensez à toujours les remettre en place !) qui cacheraient peut-être le repas de vos rêves ! Un coup d’épuisette, hop ! Dans la gourbeuille !

Respectez l’estran et ses hôtes, ils vous le rendront bien ! D’heureuses ripailles à toutes et tous en cet été 2019 !

Romain Bonnet

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