Gérard Juin face aux Boitais
Officiellement déclaré candidat à sa propre succession récemment, Gérard Juin a tenu sa première réunion publique le mercredi 4 février.
Dans une salle des Oyats pleine à craquer, le maire sortant du Bois- Plage a déroulé pendant près de deux heures les grandes lignes d’un programme dont la densité sera détaillée lors de rencontres ultérieures.
Une équipe de campagne
Tout le monde s’attendait à une présentation de la liste mais Gérard Juin l’annonce d’emblée, ce ne sera pas le cas. « Parce que je me donne le temps pour la faire », précise-t-il, ajoutant aussitôt travailler avec une trentaine de personnes, avant d’en appeler un certain nombre près de lui. Parmi elles, des membres de l’équipe sortante, qui poursuivront (ou pas) leur engagement mais aussi de nouveaux visages. « Pourquoi demander aux élus sortants d’être là ? Parce qu’ils sont fiers de leur travail », ajoute-t-il. Nous n’en saurons pas plus pour le moment mais l’équipe de campagne est en ordre de marche, l’élu sortant présentant cette première réunion comme « un moment de vérité » durant lequel il souhaite présenter « l’avancée des réflexions » avec l’objectif de « préparer Le Bois aux enjeux de demain, climatiques, économiques et sociaux, pour toutes les générations ».
Le temps du bilan
« Je suis aujourd’hui dans une position différente puisque je me représente alors qu’il y a six ans, j’étais l’outsider », souligne Gérard Juin, invitant l’assistance à revenir brièvement sur six ans de mandature. Élu en 2020 sur dix propositions allant du logement à une gestion participative en passant par dynamique du centre-bourg, activités primaires, développement durable, finances et mieux vivre à tous les âges, le maire sortant annonce une réponse à + de 90% d’entre elles (d’autres étant en cours de réalisation), et s’empresse de le prouver par un inventaire détaillé. « On est peutêtre allés un peu vite parfois mais on avait dit ce qu’on allait faire et on voulait faire ce qu’on avait dit. C’est important pour la confiance », estime-t-il.
Élu de longue date mais enrichi de six ans d’expérience en tant que maire, Gérard Juin reconnaît la difficulté du participatif au gré de quelques exemples concrets, et revendique aussi quelques fiertés. Au premier chef, le logement, préoccupation centrale de la mandature, avec vingt-trois créations réalisées (deux logements communaux, dix en locatif à loyers modérés avec le bailleur social Habitat 17 et onze en accessions à la propriété). Viennent ensuite et pour seuls exemples, la création du square de l’ancienne école mais aussi celle du jardin pédagogique et de deux salles communales, l’aménagement de l’aire de jeux des Gollandières, l’installation du poste de police en centre-village et bien sûr, le pôle Santé, sur lequel les critiques n’ont pas manqué. « Il est aujourd’hui reconnu par l’ARS*, la CPAM*, le Département, la Région, l’État et l’Europe », se réjouit-il, approbations rimant avec subventions. « Les baux vont être signés. Au 1er septembre, tout le monde sera dedans », assure-t-il.
Une seule envie : continuer
Entouré d’une équipe de campagne « hyper motivée », l’élu sortant propose donc aux Boitais de poursuivre le chemin ensemble, avec un programme en sept « piliers » déclinés comme suit : vie à l’année et économie locale, transition écologique et résilience, solidarité et esprit intergénérationnel, sécurité et tranquillité publique et enfin gestion transparente et apaisée. « Tout ce que je vais vous proposer est réalisable », affirme-t-il en insistant sur la notion de ‘réalisable’.
Vie à l’année et économie locale
C’est le premier pilier et ce sera le seul abordé, Gérard Juin n’ayant que le temps d’une esquisse sur la solidarité et l’esprit intergénérationnel avant de donner la parole aux Boitais. La vie à l’année et l’économie locale, c’est encore et avant tout la question du logement « une priorité absolue pour tous ». Il s’agit donc de poursuivre le parcours communal avec comme idées un BRS*, du logement dédié aux jeunes actifs et bien sûr le projet de la Poizière, pour lequel Gérard Juin précise avoir signé une convention tripartite induisant que la commune aura son mot à dire, mais aussi un soutien à la rénovation avec la Maison de l’Habitat et un fonds de concours logement à l’année. En filigrane du logement, l’école qu’il faut défendre, et une économie à valoriser et développer.
« La vie à l’année en centre-village grâce aux services, j’y crois à 200 % ! » insiste Gérard Juin, rappelant la position centrale du Bois-Plage sur le territoire, « seul village à disposer en son centre de trois cents stationnements gratuits ». Revenant sur un pôle Santé source d’attractivité économique, l’élu sortant évoque aussi un projet en gestation place Raymond Dupeux, un autre place de l’église, l’importance du marché, le travail à faire sur le droit de préemption commercial et l’objectif affirmé de coordonner les activités associatives avec celles du centre-village.
Défendre des racines
Racines, un mot qui revient souvent dans son discours et s’adresse à tous les administrés, de souche ou d’adoption, ayant choisi d’y ancrer les leurs. Mais il en est pour qui elles sont au sens propre, dans la terre du Bois-Plage qu’ils cultivent. Pour en parler, Gérard Juin donne la parole à l’un d’entre eux, Rémi Carré, Conseiller municipal sortant. « Ce n’est pas mon caractère de parler en public alors je vais le faire avec le coeur », assume ce dernier avant de se présenter. « Agriculteur depuis cinq générations, cette terre est un prolongement de ma famille » avoue-t-il très ému, avant d’expliquer que « derrière la belle carte postale, le monde agricole va mal et que l’horizon se bouche ». Quarante agriculteurs boitais avant, dix aujourd’hui et seulement deux de moins de 42 ans, poursuit- il, rappelant que sur les cent vingt hectares de vignes cultivées au Bois, cent sept sont labellisés HVE ou Bio, mais aussi que l’identité boitaise est rurale. « On va avoir besoin d’engagements et d’actes si on veut sauver des acteurs locaux et que ça continue. Car on se bat pour un village, une passion et un blason ». Applaudissements dans la salle. « Rémi incarne tout l’esprit de la liste : le coeur et les racines », assure Gérard Juin avant de donner peu après la parole à l’assistance.
Au chapitre des questions
Elles concernent la présentation de l’équipe, que certains sont déçus de ne pas découvrir et Gérard Juin reprend ses arguments du début, mais aussi les budgets participatifs, le premier n’ayant pas vu tous les projets aboutir faute d’implication de leurs initiateurs et le second n’ayant recueilli aucun projet du tout, la salle polyvalente, dont la réhabilitation globale devient incontournable et, de manière prévisible, la gestion des finances de la commune. Posée par Christian Leyrit, cette dernière est argumentée de chiffres et revient sur l’augmentation de la fiscalité communale. « Tous les maires qui ont investi ont été chercher de l’argent » répond Gérard Juin rappelant que la fiscalité communale n’avait pas été revalorisée depuis 2008. « Il faut aller dans les détails », précise-t-il en référence aux chiffres de gestion donnés par l’ancien préfet. « Je vous apporterai les réponses ligne par ligne, je pourrai le faire ici mais ce serait trop ennuyeux », estime-t-il. Et de fait, certains participants montrent des signes de lassitude à l’évocation de chiffres. « Oui on a un fonctionnement différent de M. Gaillard, on est une commune qui bouge, une commune active. J’assume le budget », affirme le maire sortant. Ce sera (presque) le mot de la fin, avant un moment de convivialité proposé à l’assistance.
La prochaine réunion publique est prévue pour le 24 février mais dans la salle de la Coopérative Uniré cette fois, avant une dernière aux alentours du 10 mars. Quant à la liste électorale, elle ne saurait tarder…
*ARS : Agence Régionale de Santé / CPAM : Caisses Primaires d’Assurance Maladie / BRS : Bail Réel Solidaire.
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