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Filière Cognac : « Il faut se projeter à long terme »

La nouvelle équipe de direction du BNIC : Raphaël Delpech, directeur ; Florent Morillon, représentant la Négoce ; Christophe Véral, président ; Alexandre Gabriel, vice-président ; Anthony Brun, représentant la Viticulture © Julien Bonnet
Publié le 27/12/2020

Cognac 100% durable, ventes en hausse, agrandissement des vignobles… La nouvelle présidence de l’interprofession du Cognac veut préparer un avenir ambitieux pour le secteur

Nouvelle présidence mais mêmes ambitions. Le Bureau Nation Interprofessionnel du Cognac (BNIC) a élu sa nouvelle équipe dirigeante fin novembre. C’est Christophe Véral, vi t icul teur et bouilleur de cru à Sainte-Sévère, en Charente, qui en a pris la présidence pour les trois prochaines années. Un mandat qui s’annonce très chargé puisqu’il devra préparer la filière à d’importants changements, à la fois écologiques et économiques. Tout d’abord, le BNIC veut rendre la filière Cognac totalement écologique. D’ici 2030, 100% des viticulteurs auront la Certification Environnementale Cognac, un label plus strict que la Haute Valeur Environnementale délivrée par le ministère. Un gage de qualité sur les marchés internationaux, alors que le Cognac bat des records en termes de ventes.

300 millions de bouteilles vendues

Même si la crise sanitaire mondiale a entraîné un léger recul du secteur (-10% en 2020), les perspectives sont plutôt bonnes, « voire excellentes aux États-Unis, en Asie et en Afrique du Sud » selon Florent Morillon, représentant le Négoce au sein du BNIC. À tel point que l’interprofession vise les 300 millions de bouteilles vendues en 2035, contre 190 millions cette année.

Quinze ans c’est loin, mais le Bureau s’y prépare dès maintenant. « Pour avoir une bouteille, il faut planter six à sept ans avant. Dans le Cognac, il faut se projeter à long terme » souligne le nouveau président.

Pour préparer cette montée en volume, 2306 hectares de vignobles seront plantés l’année prochaine. De plus, un centre de recherche et développement, en cours de réflexion, aura pour mission de développer les cépages résistants pour faire face aux enjeux climatiques, entre autres. Mais au-delà de la production et de la vente, l’interprofession veut développer un autre rouage essentiel à l’AOC Cognac : le tourisme. « Le Cognac, c’est 400 ans d’histoire qui ont façonné le territoire et le fait rayonner dans le monde entier. Sur le tourisme, on a du potentiel dans les vignobles, dans les maisons et avec les savoir-faire », assure Alexandre Gaillard, le nouveau vice-président du BNIC. Autant de chantiers que la nouvelle direction devra mettre en oeuvre pendant ses trois années de mandat.

Julien Bonnet

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