Vie politique

Les voeux du canton sud

Entre Tombouctou et La Flotte en Ré : une leçon d’histoire !

Publié le 24/05/2013

Le conseiller général du canton de Saint-Martin de Ré, Léon Gendre, a capté l’attention de son auditoire en déclinant cinq questions qui articuleront son discours de voeux : Comment va le monde ? Comment va l’Europe ? Comment va la France ? Comment va notre département de Charente-Maritime ? Et comment va notre chère île de Ré ?

Les méfaits de la mondialisation de l’économie, les échanges qui déstabilisent l’Europe, la France qui connaît un chômage endémique… le décor est planté pour expliquer nos difficultés.

La crise structurelle, appelée à durer, n’épargne pas le département qui voit ses dépenses liées à l’aide sociale s’accroître, conséquence directe de la montée du chômage, alors que les recettes n’évoluent que très faiblement. Le Conseil général y consacre désormais 57,57 % de son budget, soit 330 millions d’euros sur un budget général de 574 millions d’euros.

Un canton de Saint-Martin de Ré soutenu

Malgré cette situation difficile, le Conseil général soutient les communes du canton, qui ont reçu en 2012 la somme de 3,9 millions d’euros, contre 2 millions d’euros en 2011. 2013 sera à nouveau une année où les travaux seront soutenus : routes départementales, pistes cyclables, pointe de Sablanceaux… l’île de Ré n’est pas le parent pauvre du département, surtout si l’on intègre le produit de l’écotaxe.

Le SCOT, une pierre de discorde

« Avec 3 millions d’euros d’autofinancement, la Communauté de Communes de l’île de Ré affiche une santé financière rassurante, au moment où elle va devoir faire face à des dépenses importantes, pour la défense contre la mer, la construction de logements sociaux, des équipements structurants, crèches, gendarmerie… Autant de projets que nous avons votés, Pierre Berthomès et moi-même, dont certains engagés sous ma présidence. »

“Les 25 élus de la Flotte n’ont pas voté le SCOT car il manque de cohérence”, dit Léon Gendre, qui s’en explique en rappelant l’évolution économique rétaise depuis le XVIIe siècle, la prospérité du tourisme et l’impact sur l’organisation de l’habitat traditionnel de ce site insulaire. “Cette période de prospérité, nous la vivons, nous en sommes les acteurs, il faut en modérer les ardeurs ! s’exclame-t-il avec force. En 60 ans il s’est construit 13 500 résidences de vacances, soit près du double des maisons édifiées à l’intérieur des bourgs en dix siècles. Même si l’ouvrage est de qualité, nous contestons ce SCOT car il est vide de toutes prescriptions contraignantes pour modérer l’urbanisation, comme rappelé tout au long de l’instruction par les services de l’État.”

L’écotaxe et les zones de préemption

Noirmoutier, Oléron et Ré sont les bénéficiaires de la loi votée en 1995 à destination des îles du Ponant, reliées par un pont au continent. Ré est la seule des trois îles à avoir mis en place l’écotaxe ! Le montant de l’écotaxe acquittée au pont en 13 ans, de 1999 à 2011, est de 13 290 472 euros, ce qui permet au Conseil général, à la CDC et aux communes de mettre en place une politique d’acquisition, de gestion, de protection des espaces naturels. « L’île de Ré est le territoire insulaire le plus protégé. La préemption de “la maison des Grenettes”, s’inscrit dans cette démarche ».

Pour les élections départementales en 2015, le découpage du département passera de 51 cantons à 26 ou 30 cantons. La spécificité rétaise sera probablement reconnue et l’île de Ré constituerait alors un canton unique.

Michel Lardeux

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