- Politique
- Territoire Île de Ré
- Edito 262
Eloge du non-projet
Il est dans la nature humaine, plus encore dans celle des élus, d’avoir des projets. Toujours aller de l’avant, développer, aménager… En cela, les Maires répondent aux demandes de leurs administrés, qui en veulent toujours plus et mieux. Pourtant, à l’image du concept de la décroissance, reposant sur le postulat que la croissance économique ne garantit pas – voire contrecarre – l’amélioration des conditions de vie de l’humanité et la durabilité du développement, ne pourrait-on pas imaginer une politique publique alternative, celle du non-projet ou de projets raisonnés ? Les aménagements et infrastructures sont-ils vraiment LA réponse aux aspirations d’une société en perte d’identité et de valeurs ?
N’est-il pas urgent de replacer la vie sociale, la solidarité et les relations humaines au coeur de la politique, qu’elle soit nationale, régionale ou locale ?
Certes, les uns et les autres ne sont pas antinomiques, et notre territoire a la chance de bénéficier de ces politiques de proximité, qui rendent la vie plus douce.
Il n’empêche, pour qui connaissait l’île de Ré du milieu du XXe siècle, notre territoire a totalement changé de visage… Il ne s’agit pas d’entretenir la nostalgie du passé, de cultiver le « c’était mieux avant », simplement de s’interroger sur la pertinence du développement comme une fin en soi, une quête politique absolue.
Au fond, le vrai courage politique d’aujourd’hui ne serait-il pas de résister à la forte pression du « toujours plus » exercée par les électeurs, pour faire leur bonheur… parfois malgré eux ?
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