Eau potable : en « Alerte renforcée » la Charente- Maritime pourrait passer en « Crise »
Le 12 juillet, le préfet plaçait la Charente-Maritime en « Alerte » et mettait en place une première série de restrictions. Vendredi 17 juillet, face à une situation inédite depuis 1976, l’Etat a décidé de renforcer les restrictions et les contrôles. Jeudi 30 juillet, il confirme que le département est dans une situation à risque et que sans la mobilisation de tous on pourrait passer en niveau « Crise » avec des restrictions encore plus importantes.
Ces mesures concernent tous les usagers, particuliers, collectivités, entreprises et professionnels, et visent à préserver durablement la ressource afin de garantir en priorité l’alimentation en eau potable de la population et les usages essentiels. Les dispositifs de gestion des prélèvements agricoles sont également adaptés en permanence à l’évolution des indicateurs, afin de concilier la préservation de la ressource et les besoins des exploitations.
En effet, réuni jeudi 16 juillet et à nouveau le 26 juillet, sous la présidence du préfet, Michel Prosic, le Comité de Suivi Opérationnel de l’Etiage a dressé un constat sans équivoque : le département traverse un épisode de sécheresse d’une intensité exceptionnelle, conséquences des vagues de chaleur, des températures record et d’un déficit pluviométrique marqué.
Tous les records de températures battus, des conséquences visibles
L’année 2026 est bien celle de tous les records. Le déficit en eau est, en moyenne au mois de juillet, de 65%, avec des secteurs où il est porté à 90% (moitié nord du département) : il n’a donc plu en juillet que de 10% à 35% au mieux d’une année normale.
Après que le mois de juin ait été le plus chaud jamais enregistré en Charente- Maritime, le mois de juillet devrait être également le plus chaud depuis 1947.
L’absence de pluie et les températures très élevées expliquent un indice de sécheresse des sols record. Ces niveaux d’indices sont généralement atteints fin août début septembre. De même, 70% des cours d’eau sont à sec ou avec un écoulement non visible.
Les réserves en eau restent fortement sollicitées au regard des conditions météorologiques : la consommation se stabilise autour de 200 000 m3/jour, niveau historique.
Si les mesures de restriction mises en oeuvre depuis plusieurs semaines contribuent à limiter les prélèvements, la situation de la ressource en eau ne montre aucun signe d’amélioration. Selon les secteurs, elle continue de se dégrader ou, au mieux, se stabilise à un niveau particulièrement préoccupant.
Une mobilisation permanente de l’Etat
Le préfet de la Charente-Maritime réunit désormais le comité de suivi opérationnel de l’étiage toutes les deux semaines, voire plus fréquemment si les conditions météorologiques ou hydrologiques l’exigent. Ces réunions permettront d’actualiser les données, d’évaluer l’efficacité des mesures engagées et, si nécessaire, de décider rapidement de nouvelles restrictions afin d’assurer la protection de la ressource en eau tout au long de l’été.
« Nous faisons face à une situation d’une gravité exceptionnelle. Les indicateurs sont sans précédent depuis cinquante ans et certains battent déjà tous les records connus. La mobilisation de chacun est indispensable. L’État prendra toutes les mesures nécessaires pour préserver la ressource en eau, garantir l’alimentation en eau potable et faire respecter les restrictions décidées Un message clair : l’eau potable doit être réservée à l’alimentation humaine et aux usages de la vie quotidienne (douche, préparation des aliments…), les autres usages doivent être stoppés. L’objectif : arriver à l’automne sans restriction de l’eau potable pour les usages humains essentiels. », a expliqué Michel Prosic, préfet de la Charente- Maritime, lors d’un point presse le 17 juillet.
Il a encore enfoncé le clou le 30 juillet : « La Charente-Maritime se trouve aujourd’hui dans une situation à risque ! Particuliers, collectivités, entreprises, agriculteurs et acteurs économiques sont appelés à poursuivre leurs efforts. Sans une mobilisation collective durable, l’évolution de la sécheresse pourrait conduire à un passage en niveau “Crise”, avec des restrictions encore plus importantes. »
L’alerte renforcée implique déjà des restrictions d’usage de l’eau potable : interdiction de nombreux usages non essentiels, limitation accrue des prélèvements et économies d’eau renforcées pour tous.
Après la sensibilisation, les contrôles seront désormais intensifiés sur l’ensemble du territoire et les infractions feront l’objet de verbalisations. Les résultats de ces contrôles seront rendus publics régulièrement afin de garantir la transparence de l’action de l’État.
Face à une sécheresse d’une intensité inédite, chacun doit désormais prendre sa part de responsabilité. La préservation de l’eau est l’affaire de tous.
Alerte renforcée : mesures de restriction
Voici l’essentiel des nouvelles mesures prévues dans le cadre de cette “Alerte renforcée” :
– Arrosage des jardins potagers interdit de 8h à 20h
– Arrosage des pelouses, massifs fleuris, espaces verts, golfs particuliers : interdiction totale
– Arrosage des terrains de sport : interdit de 8h à 20h et limité à deux nuits par semaine
– Arrosage des golfs : interdiction d’arroser les terrains de golf, sauf les greens et les départs + réduction de la consommation d’eau hebdomadaire de 60 %
– Lavage de véhicules et engins nautiques par les professionnels : interdit sauf avec du matériel haute pression ou avec un système de recyclage de l’eau
– Lavage de véhicules et engins nautiques privés chez les particuliers : interdiction totale, sauf impératif sanitaire
– Nettoyage des façades, toitures, trottoirs, voiries et autres surfaces imperméabilisées : interdiction sauf impératif sanitaire, sécuritaire ou lié à des travaux
– Remplissage des piscines familiales : interdiction totale, sauf remise à niveau et 1er remplissage selon des critères précis
– Remplissage de piscines accueillant du public : interdiction totale, sauf impératif sanitaire validé par ARS
– Vidange de piscines : interdiction totale
– Alimentation des fontaines publiques et privées en circuit ouvert : interdiction totale
– Fonctionnement des douches de plages et équivalents : interdiction totale
– Exploitation des ICPE : voir arrêté spécifique
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