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Donnez votre avis sur l’hôpital de demain

De gauche à droite : Le président de la commission médicale d'établissement (CME) du groupement Thierry Godeau, le directeur général Pierre Thépot et Jean-François Richard, directeur du centre hospitalier de Saint-Pierre d’Oléron.
Publié le 03/04/2019
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Le groupement hospitalier de territoire (GHT) vient de lancer une vaste consultation de ses personnels et de ses usagers, dans le cadre de l’élaboration de son nouveau projet médical partagé. L’enquête se déroule jusqu’au 31 mars, pour une restitution en mai.

En 2011, la création de la Communauté Hospitalière de Territoire Atlantique 17 rassemblait les différents hôpitaux de La Rochelle, Ré, Rochefort, Marennes, Saint-Pierre-d’Oléron et l’EHPAD de Surgères. Devenu entre temps le Groupement hospitalier de territoire (GHT), cette coopération s’est toujours faite autour d’un projet médical commun, fixant les grandes orientations médicales et de soins des établissements. Le dernier (2014- 2018) arrivant à terme, le GHT achève l’élaboration d’un nouveau plan pour les cinq prochaines années. Ce « projet médical partagé » (PMP) se fera cette fois-ci avec la consultation des personnels de santé et des usagers des hôpitaux. Le public peut donner son avis via un questionnaire en ligne jusqu’au 31 mars sur le site du GHT (1). Le directeur général du GHT Pierre Thépot revient sur cette démarche.

Ré à la Hune : Pourquoi avoir lancé cette grande consultation ?

Pierre Thépot : L’hôpital est là au service de la population, c’est pour ça qu’il est important que ce projet soit porté par la population. De leurs côtés, les médecins ont une vision de plus en plus précise de la façon dont ils voudraient prendre en soin la population de ce vaste territoire, et ils ont besoin qu’on leur précise les attentes et les besoins des usagers, ainsi que ceux de nos correspondants (professionnels en libéral, pharmaciens, structures médico-sociales…) publics et privés qui nous adressent des patients. On a besoin de ces croisements entre ces visions des professionnels et ceux de la population pour comprendre ce que l’on doit améliorer au quotidien dans le fonctionnement de nos établissements.

Cela passe notamment par les aménagements des infrastructures ?

Exactement ! La question des parkings, de l’accès aux médecins, à l’hôpital, à l’accueil téléphonique, c’est important. Ce sont des sujets sur lesquels nous prendront des engagements. La consultation du public va justement nous permettre de nous rendre compte de quels sont les points les plus aigus qu’il nous faut gérer aujourd’hui, demain et dans le futur nouvel hôpital qui sera construit à La Rochelle. […] Cela demande une réorganisation complète car il faut prendre en compte comment la population du territoire va évoluer. En Aunis, on a une population qui augmente autant en personnes âgées qu’en actifs. Nous allons avoir plus en plus de pathologies chroniques, il est donc nécessaire de s’organiser. Il faut aussi penser au fait que nous sommes à 150 km de chaque CHU de la région, il est donc nécessaire que nous ayons une chirurgie de recours. Il faut également prendre en compte les problématiques de l’insularité de Ré et d’Oléron, par rapport aux transports, à la saisonnalité – on y a déjà déployé des moyens sanitaires qui sont différents durant la période estivale.

A quoi va ressembler le groupement hospitalier de demain ?

Ce sera un endroit où on sera connu. Dès que le patient y arrivera, on aura une connaissance de son historique médical. On vous prendra en charge différemment selon si c’est une venue épisodique ou chronique. Le patient aura un parcours suivi, avec un référent personnel. J’ai envie que le patient ait le sentiment d’être pris par la main, lui et ses proches, dans le cadre d’une opération coordonnée de bout en bout. C’est parfaitement réalisable ici.

La consultation devrait également permettre de déterminer comment répartir les spécialités entre les établissements ?

Nous avons déjà des équipes communes qui tournent sur les structures et on va continuer à développer cette offre sanitaire sur l’ensemble du territoire. Il y aura aussi des spécialités qui seront préférentiellement développées sur tel ou tel site, comme c’est déjà le cas aujourd’hui. En France, nous avons déjà des sites qui sont dévolus par exemple à la réadaptation cardiaque : il n’y en n’a pas partout, et les patients ayant fait un infarctus partent à quelques kilomètres de chez eux faire une rééducation spécifique. L’idée, c’est de mettre les moyens là où il faut. Par exemple, nous comptons acheter un robot médical qui sera positionné à La Rochelle, mais que les équipes et les patients d’un autre hôpital du groupement qui en auront besoin pourront utiliser ici et repartir ensuite dans leur établissement. Il n’y a pas de difficultés majeures à ce genre de mise en place.

Le fait d’installer certaines spécialités sur des sites spécifiques et pas ailleurs ne risque-t-il pas de créer des écarts de traitement ?

Au contraire. Le fait de mutualiser les équipes permet de faire intervenir des spécialistes sur les différents sites quand il y a besoin. Par exemple, si Rochefort fonctionnait seul, aujourd’hui il n’aurait probablement plus d’anesthésiste. Autre exemple : Rochefort s’est fait une spécialité dans la chirurgie bariatrique, pour les personnes obèses. A un moment donné, on va certainement décider que ces patients seront suivis au quotidien à Rochefort, avant et après leur opération, et l’acte chirurgical effectué à La Rochelle, parce que c’est une opération qui nécessite des moyens techniques spécifiques. Ce sera en fonction des besoins.

Propos recueillis par Anne-Lise Durif

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