Deux visions pour La Couarde confrontées par l’APSC
Pour ce nouveau café couardais qui s’est tenu le 30 décembre au matin en présence de près de 80 participants, l’Association pour la protection des sites de La Couarde avait choisi de questionner les deux têtes de liste déclarées pour les élections municipales sur plusieurs sujets au coeur des préoccupations de leurs adhérents. Un exercice intéressant.
Ainsi durant une heure, Didier Houin et Peggy Luton ont-ils répondu aux questions du président, Eric Revel, pour lesquelles ils avaient pu se préparer puisqu’ils en avaient eu communication en amont de la réunion. Ils ont ensuite été soumis en direct à quelques questions des adhérents présents.
« Nous avons envoyé aux deux têtes de liste un questionnaire construit sur la base des préoccupations de nos adhérents concernant l’avenir de notre village. Peggy Luton y a répondu par écrit, je publierai aussi ses réponses sur notre site », a expliqué le président de l’APSC.
Nous présentons ce débat sous forme de questions-réponses.
Eric Revel : Quel avenir envisagez-vous pour le centre-bourg qui s’éteint ?
Didier Houin : La vie du centre bourg est associée dans mon esprit au logement et aux locaux commerciaux, nous devons en avoir une maîtrise et proposer des loyers acceptables, c’est l’axe principal de ma liste. Ce qui a été fait pour le marché du Mail est un vrai succès. Il faut pouvoir proposer des amodiations acceptables, la problématique du village est qu’on a retiré les activités alimentaires. Il faut donner un nouveau souffle avec la maîtrise du foncier dans le centre. Pour cela, il faut monter un partenariat public/ privé pour l’ensemble du village d’ailleurs et proposer aux habitants de participer au financement.
Peggy Luton : Pour le centre du village, il manque d’abord de flux et de vie, des temps de rencontres et d’échanges. La question est avant tout budgétaire, si on avait les moyens, évidemment on rachèterait des murs à vendre et on pourrait imposer tel commerce alimentaire et/ou de services. Comme on n’a pas les moyens, notre parti pris est de ramener des flux par des animations et de favoriser les services, nous appuierons l’installation d’un commerce multiservices, à l’image de ce que font des villages ruraux en France. L’idée est de s’appuyer sur une locomotive. L’établissement Les Mouettes jouait ce rôle. Nous voulons aussi redonner place à la bibliothèque et à l’espace numérique.
La circulation des cyclistes et voitures dans le village se heurte à des difficultés, que proposez-vous ? Les passages piétons sont un sujet récurrent sur le Mail.
Didier Houin : Il faut privilégier la sécurité. La réglementation à 20 km/h sur le Mail avec suppression des passages piétons pour traverser n’importe où n’est pas sécuritaire. Il faut remettre des passages piétons sur le Mail ainsi qu’à plusieurs endroits du village. La circulation des voitures fonctionne, mais au pôle scolaire* le sens de circulation va encore changer. Il faut réfléchir à une nouvelle circulation sur les pistes cyclables, travailler sur le réseau cyclable, le rapprocher des pôles économiques.
Peggy Luton : Sur le Mail, l’équipe municipale actuelle a voulu expérimenter des choses nouvelles. La limitation à 20 km/h ne fonctionne pas, les voitures ne comprennent pas. On l’a essayé mais ce n’est pas figé, il faut repasser à 30 km/h et remettre les passages piétons. Le RPI* ne changera pas le sens de circulation, cette hypothèse n’est pas adaptée. La cohabitation vélos, piétons, voitures doit être regardée sur chaque site et des aménagements envisagés.
Concernant la vie quotidienne, la collecte des ordures ménagères pose quelques soucis.
Didier Houin : Les points d’apport sont saturés, il faut prévoir plus de collectes ou plus de points de collecte. Un autre problème est celui des poubelles publiques, à La Couarde on ne ramasse pas les poubelles le week-end. Et les poubelles de plage posent aussi problème. Il faut réfléchir à des poubelles escamotables, qui sont écologiques et plus esthétiques, cela existe ailleurs.
Peggy Luton : Les points d’apport volontaires (PAV) subissent des pics de fréquentation avec des problèmes d’amoncellement, liés aussi à l’incivilité. Agrandir les capacités existantes serait difficile, je suis par contre favorable à la création d’un nouveau PAV sur le parking du Crédit Agricole. Je rappelle que la gestion des déchets relève de la compétence de la Communauté de Communes, nous demanderons donc à celle-ci de créer un PAV supplémentaire, le lieu et la bonne exploitation seront à trouver, sachant que personne n’en veut à côté de chez soi ! Je suis favorable à deux bacs enterrés, l’un pour les ordures ménagères et l’autre pour les emballages.
Mettre en place davantage de collectes des PAV sur les pics de fréquentation est quelque chose de facile à mettre en oeuvre.
Quant à l’installation de poubelles supplémentaires, je reste ouverte, il faut penser à leur fonctionnement.
Le village est confronté à de nouveaux problèmes de sécurité, êtesvous favorable à la mise en place de vidéoprotection ?
Didier Houin : C’est un sujet comme un autre, notre consultation citoyenne a montré que vous vous sentez en sécurité dans le village, mais en période d’été quelques points d’apport en vidéoprotection pourraient être utiles.
Peggy Luton : Je fais la même réponse, mais pas pour les mêmes raisons. Il faut poser la question en se demandant au préalable ce que l’on peut attendre de la vidéoprotection. Les gendarmes sont très demandeurs, afin d’obtenir, sur réquisition, des éléments enregistrés dans les cas d’agressions et de vol. Ces caméras sont notamment utiles lors d’actes de vols & cambriolages et lors d’agressions physiques, pour retrouver les coupables suite aux plaintes déposées.
Je suis favorable à la vidéoprotection en priorité sur les zones de La Pergola, le Peu Ragot, le marché, ainsi qu’aux entrées et sorties de village, afin de pouvoir surveiller grâce à la lecture des plaques d’immatriculation des véhicules.
Mais cela ne suffira pas à enrayer les problèmes croissants d’addictions, il faut travailler sur la prévention. Aujourd’hui les médecins sont confrontés à des comportements d’addictions à des produis qu’ils ne connaissent pas toujours.
Si vous êtes élu, quelles relations entendez-vous entretenir avec l’APSC ?
Didier Houin : L’APSC est l’association la plus représentative de La Couarde. On restera partenaires dans l’intérêt de notre village, dans une vision qualitative et avec nos valeurs affectives. J’ai beaucoup de projets, j’espère avoir le soutien de votre association. La mesure phare de mon programme est un partenariat structures publique/privée pour sauver notre village. Je me battrai pour retrouver le village qu’on a connu.
Peggy Luton : Nos relations avec l’APSC s’inscriront dans l’avenir ensemble, cette approche étant fondamentale pour nous : résidents permanents, secondaires, vacanciers, jeunes et aînés, nous sommes tous des villageois couardais, nous avons tous ce sentiment d’appartenance au village. Nous travaillerons avec les associations du village, nous attendons bien sûr de l’APSC qu’elle soit force de proposition sur un certain nombre de sujets, comme par exemple les sentiers piétons, la mise en valeur patrimoniale des sites, etc.
UNE SÉQUENCE DE QUESTIONS DU PUBLIC A ENSUITE ÉTÉ OUVERTE
La première portait sur les problèmes de sécurité, de pollution et de dégât dunaire provoqués par la circulation dans les petites rues partant du Mail vers la mer. Serait-il possible de prévoir des panneaux d’interdiction, sauf pour les riverains ?
Didier Houin : Vous avez raison, nous n’avons pas de solution, il faut mener une réflexion globale sur l’accès aux plages.
Peggy Luton : Je n’ai pas de réponse immédiate. Il faudrait en coopération avec les habitants de la rue réfléchir au cas par cas à la solution la plus adaptée.
Une révision du Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) est en cours, quelle contribution allez-vous apporter ?
Didier Houin : Je veux acheter des maisons dans le village pour limiter les volets fermés. Je suis conscient que dans le cadre de la révision du PLUi nous devons nous défendre un peu, La Couarde est l’une des communes les plus pénalisées avec 80 % de surface non constructible, il faut récupérer quelque chose pour faire évoluer l’habitat.
Peggy Luton : Je pense utile au préalable d’apporter quelques points pédagogiques. Ce qui est très gênant aujourd’hui est le PPRN (Plan de prévention des risques naturels) décidé par l’Etat, ce qui est très différent du PLUi. A La Couarde le risque de submersion est important et l’Etat a imposé des prescriptions fortes.
Or c’est la révision du PLUi qui est engagée, et non celle du PPRN. Le maire, Patrick Rayton, a toutefois demandé à l’Etat une révision du PPRN afin d’assouplir certaines prescriptions, en tenant compte de la protection (digues), on a de l’espoir raisonné.
Concernant le PLUi , c’est une opportunité d’aménager le territoire, il définit les zones de logement et d’activités, on peut espérer agrandir la zone artisanale grâce au PLUi, de nouvelles formes architecturales sont à définir sur l’île de Ré. Ce PLUi vit, on voit ce qui fonctionne et ne fonctionne pas. Par exemple, le premier PLUi a imposé pour les projets de plus de quatre logements de faire 50 % de logement social, cette mesure ne marche pas, elle est à réajuster…
Quid du Goisil, son chenal, son bassin et tout le site ?
Peggy Luton : Le site du Goisil est très protégé : Espace naturel remarquable, Loi Littoral, Zone Natura 2000 et très suivi par la DREAL, la DDTM, etc. Suite à l’étude menée par la municipalité, on a vérifié auprès des services de l’Etat la faisabilité de son aménagement en site de loisirs, tout en préservant ce cadre environnemental. On travaillera à l’élaboration d’un projet avec les associations, les riverains, les habitants et dans une approche globale incluant la réflexion sur l’espace René Massé, les deux doivent être complémentaires et travaillés en parallèle. Au-delà de l’aménagement de la zone du port du Goisil, nous travaillons à un aménagement global de la zone du Goisil avec des installations sportives s’intégrant très bien à cet espace naturel, un meilleur partage de la plage, des espacs familiaux, etc.
Didier Houin : Aujourd’hui il y a une vraie volonté de transformer le chenal, en impliquant l’association AMIGO et au-delà une vision plus évolutive de l’ensemble de la « mer du Nord », avec la mise en valeur de l’endroit.
Une question pour Didier Houin, avez-vous chiffré ces préemptions que vous souhaitez ? Leur coût pour la ville et les recettes de loyers en face ? Car le budget d’investissement de La Couarde n’est pas extensible.
Didier Houin : La commune ne le fera pas toute seule, je souhaite mettre en place une société civile communale où la commune investit avec la participation des Couardais, cela a marché avec La Pergola… Nous allons impliquer l’ensemble de la population pour défendre ce projet, je reste convaincu d’y arriver. Je voudrais acquérir deux à cinq biens, seul moyen de débloquer la situation.
On voit des gens piétiner les dunes, que comptez-vous faire pour les protéger de l’érosion aussi ?
Peggy Luton : On a voté au dernier conseil communautaire de décembre la Stratégie locale de gestion intégrée de la bande côtière (SLGBC), Patrick Rayton a été très porteur sur celle-ci. Il y a une superposition de réglementations, la dune se dégrade beaucoup. La SLGBC prévoit plusieurs actions selon les sites : réensablement de la dune, remise en place des épis (comme au Moulin Brûlé), protections douces ou dures selon. Des actions pédagogiques sont aussi prévues pour sensibiliser les gens de passage sur l’importance de la dune.
Didier Houin : Le réensablement se fera par la remise en place des épis, indispensables pour la plage, j’entends réinstaller des épis.
Peggy Luton : Il faudrait prendre un peu de hauteur, les épis sont sur la plage qui appartient à l’Etat, dans le domaine de l’érosion l’Etat a décidé de ne rien faire mais a autorisé la CdC de l’île de Ré à présenter un projet global pour l’île – et non pas village par village – qu’il devra valider, le financement étant assuré par la CdC. Seul l’Etat peut valider et la compétence est intercommunale, cela nous structure beaucoup dans notre action communale.
Il a aussi été question de stationnement dans le centre et sur les extérieurs du village.
Les deux candidats ont ensuite pu échanger avec les adhérents de l’APSC présents.
*RPI : Regroupement pédagogique intercommunal. Les écoles de La Couarde et Saint-Martin seront regroupées au sein d’un RPI à compter de la rentrée scolaire 2026/2027, seul moyen de sauver les écoles. Ce type de RPI existe déjà depuis longtemps pour Les Portes/Saint-Clément et Ars/Loix.
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