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Des Rétais engagés vers une alimentation positive
Dix familles de l’île de Ré, soient vingt-cinq personnes, se sont engagées cette année à relever le défi « Foyers à alimentation positive » porté par le Projet Alimentaire de Territoire La Rochelle-Aunis-Ré. Leur motivation, à mi-parcours, est intacte !
L’ambiance est studieuse en ce 28 mars, dans la salle des fêtes de Rivedoux transformée pour l’occasion en cuisine. Une quinzaine de personnes, toutes engagées dans le défi « Foyers à alimentation positive », boivent les paroles de Françoise Grammont. Et s’étonnent des recettes originales que la diététicienne nutritionniste leur fait découvrir. En deux heures de travail, les participants, par équipe de deux, ont réalisé eux-mêmes une petite dizaine de plats. Une pizza au chou-fleur, un pesto de fanes de radis, des pancakes aux petits pois et à la ricotta, des muffins anti-gaspi à l’orange, ou encore des cookies au pain rassis.
Végétaliser nos assiettes
Chaque recette est agrémentée des conseils de Françoise. « Le pesto de fanes de radis, moi j’en mets partout : sur les pâtes, les poissons, dans les vinaigrettes », dit-elle. « Quand vous achetez vos carottes, demandez bien à garder les fanes, car elles pourront vous servir à faire un cake par exemple ».
Françoise Grammont anime ainsi, dans le cadre du défi, trois ateliers de cuisine entre les mois de janvier et de mai. Chaque intervention est l’occasion de faire passer de multiples messages. « On parle anti-gaspi par exemple. Je leur apprends à utiliser et à valoriser chaque partie des fruits et des légumes. Au-delà du fait de ne pas jeter, c’est aussi bénéficier de toute la valeur nutritive de la plante. On parle aussi équilibre alimentaire et végétalisation des assiettes. On est censé manger sept cents grammes de fruits et de légumes par jour, mais on en est loin pour bien des gens ! Alors je leur apprends à rendre les légumes plus funky et à varier les recettes pour ne pas se lasser. J’insiste aussi sur l’importance de manger de saison, et sur les bienfaits du végétal sur notre santé. »
Marquer des points
En cinq mois, les participants ont un défi à relever : changer leur alimentation en visant moins de gaspillage, plus de légumes et de fruits bio et de saison, et moins d’aliments ultra transformés. Pour mesurer ces changements, chaque famille a fait un relevé de sa consommation pendant cinq jours au mois de janvier avant de commencer le défi, et en fera de même fin mai.
Tous les quinze jours, les familles doivent relever un mini-défi à la maison : cuisiner soi-même son produit ultra-transformé préféré, préparer un légume de saison qu’on n’a jamais cuisiné, ou encore mettre en place une technique anti-gaspi. « A chaque fois ils marquent des points », explique Cécile Giraudeau-Vetter, l’accompagnatrice du défi sur l’île de Ré. « C’est une petite compétition bienveillante entre l’équipe rétaise et les deux autres équipes du territoire Aunis-La Rochelle. Mais les Rétais ont quand même un peu la pression cette année, car c’est l’île de Ré qui avait emporté le défi l’année dernière ! »
En plus des ateliers de cuisine de Françoise, les familles vont aussi participer à un atelier jardinage, à un autre sur le gaspillage et à un chantier participatif à la ferme. Des soirées autour d’un quiz ou d’une projection leur permettent également d’échanger et de mieux comprendre l’alimentation durable. En tout une dizaine d’événements sont ainsi organisés sur les cinq mois que dure le défi.
La santé à 360 degrés
« Ils apprennent ainsi à changer leurs réflexes », complète Cécile Giraudeau- Vetter. « Chaque famille y trouve son compte, et change ce qui est à sa portée. Les profils sont très différents mais chacun se sent aspiré par un cercle vertueux. On leur propose aussi beaucoup de solutions pratiques, en leur donnant par exemple le nom et l’adresse de producteurs locaux chez qui ils peuvent se fournir directement. On met l’accent sur le bio et l’importance d’une alimentation saine. Notre objectif c’est vraiment la santé à 360 degrés : la santé humaine, la santé de notre environnement, et la santé des producteurs. »
A mi-parcours, les participants rétais sont plus motivés que jamais. Et semblent prêts à relever un autre défi qui leur sera donné à l’issue de ces cinq mois : devenir des ambassadeurs de l’alimentation positive, et partager autour d’eux tout ce qu’ils auront appris auprès de Françoise et Cécile.
JACQUELINE LÉO La Flotte
« J’ai voulu participer au défi pour avoir des idées de recettes car ce n’est pas facile de se lancer toute seule. Aujourd’hui j’ai préparé des cookies au pain rassis, c’est très bon, et j’ai aussi beaucoup aimé la pizza au choufleur ! C’est le deuxième repas qu’on fait ensemble, c’est très convivial et ça donne plein d’idées d’utilisation d’ingrédients et comment les associer les uns aux autres. Et derrière il y a toujours cette idée de ne pas jeter et de réutiliser le plus possible un aliment. Ça m’a aussi donné envie de manger plus de légumineuses, et maintenant je mange des lentilles ! Aujourd’hui j’ai même beaucoup aimé la ganache au chocolat et haricot rouge, alors qu’il y a quelques temps vous ne m’auriez pas fait manger ça ! »
JACQUES ET JUDITH HEBERT Rivedoux-Plage
« Nous avons eu envie de participer au défi dans l’idée de rééquilibrer notre alimentation en mangeant plus de légumineuses et de fibres, et aussi de découvrir les producteurs locaux. On essaie de prendre l’habitude de consommer localement, d’aller moins au supermarché, ce qui demande une certaine organisation. On a déjà un peu changé nos habitudes, par exemple on emmène nos contenants au marché. On a aussi découvert des recettes qu’on adore, comme le chou-fleur mixé en taboulé avec de l’orange et des petits légumes. Et lors du dernier défi, nous devions préparer quelque chose qu’on n’avait jamais cuisiné. Nous avons choisi le topinambour et le tubercule de capucine. Nous avons préparé une salade tiède avec ces deux légumes et c’était très bon. Le défi nous fait sortir de notre zone de confort et nous pousse à essayer d’autres choses ! »
MARYLINE VERGIER ET SON FILS HUGO Sainte-Marie de Ré
« J’ai découvert le défi « Foyers à alimentation positive » durant le festival Alimenterre. J’étais déjà dans une démarche anti-gaspi et de cuisiner local, et je me suis dit que c’était l’occasion d’en apprendre davantage et de découvrir les producteurs locaux car ce n’est pas facile de trouver ces informations. J’aime beaucoup les ateliers de Françoise car tout est transposable dans la cuisine du quotidien. Ce sont déjà des plats qu’on fait sauf qu’on les décline différemment. C’est super car on sait qu’on va tout de suite réappliquer ce qu’on a appris. Et les recettes sont simples, il n’y a pas beaucoup de préparation. On nous sensibilise aussi à l’empreinte environnementale de l’alimentation, c’est très complet. »
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