Environnement

Nature

Des refuges LPO pour préserver la biodiversité

© LPO - Au début du printemps, la Commune, aidée de bénévoles, a posé onze nichoirs au refuge LPO de Montamer (Sainte-Marie)
Publié le 21/04/2021

Le refuge LPO de Montamer (Sainte-Marie) sera inauguré lors du marché aux fleurs et plantes qui se tiendra le 15 mai 2021, tandis que, suite au diagnostic écologique et aux préconisations de gestion, des premières actions seront bientôt menées au refuge de l’Aire naturelle des Tamaris (Rivedoux)

Le programme Refuges LPO a justement cent ans cette année.

Qu’est-ce qu’un refuge LPO ?

Le premier Refuge créé en 1921 vise à l’époque à restaurer la forêt domaniale de Mormal dans le Nord (59), ravagée par les obus de la première guerre mondiale. L’objectif était alors de reboiser le site pour protéger la nature.

Depuis, le programme Refuges LPO n’a cessé de se développer d’abord pour protéger les oiseaux auxiliaires des cultures, ensuite pour combattre la loi chasse Verdeille, importunant les particuliers. La LPO s’investit aujourd’hui pour préserver la biodiversité au sens large avec son réseau de Refuges LPO : la faune et la flore sauvages, le sol, l’environnement… partant du principe que c’est l’ensemble des écosystèmes qu’il faut protéger.

Aujourd’hui, la LPO compte plus de 36 000 terrains ainsi labellisés allant du jardin de particuliers, de balcons ou terrasses, d’espaces verts communaux ou d’entreprises à de nombreux établissements (écoles, hôpitaux…) totalisant 48 000 hectares d’espaces de nature préservés. Elle mène un programme dans toute la France et constitue le premier réseau de jardins écologiques.

De nombreuses actions à Montamer

Le Refuge LPO de Sainte-Marie de Ré a démarré en 2019.

La commune a depuis mis en place de nombreuses actions grâce à l’appui des bénévoles LPO : Christine Malbosc et Dominique Chevillon. Les espaces verts du parc de Montamer sont gérés en fauche tardive sous les tamaris. Cette gestion permet à la flore de s’épanouir, fournissant une ressource alimentaire pour les insectes pollinisateurs et une zone de refuge pour de nombreux animaux. Les graines de ces fleurs pourront aussi nourrir les oiseaux en automne et en hiver. Trois hôtels à insectes ont été installés, ces derniers sont remplis de nombreux matériaux naturels pour permettre aux insectes de s’y reproduire ou encore de s’y réfugier pour l’hiver. Au début du printemps, les services de la commune et les bénévoles ont posé onze nichoirs sur l’ensemble du parc : des nichoirs pour les mésanges, le moineau domestique, le rougequeue noir ou encore pour la Huppe fasciée et le Petit-Duc Scops. La commune a aussi canalisé le public (vélos/ piétons) sur des sentiers au sein du parc et a planté de nouveaux tamaris. Ce refuge LPO de Montamer sera inauguré lors du Marché aux fleurs et aux plantes, prévu le 15 mai à Sainte-Marie.

© LPO – Un Chemin de halage sur le Refuge LPO des Tamaris (Rivedoux-Plage)

Un diagnostic et des préconisations de gestion aux Tamaris

Le Refuge LPO de Rivedoux, sur l’aire naturelle de stationnement Les Tamaris, est tout jeune et la commune commence petit à petit mettre en place les actions préconisées par la LPO. En effet, en décembre dernier, Lydie Gourraud, chargée de Nature de proximité à la LPO, est venue présenter, en compagnie de Christine Malbosc, bénévole rétaise de la LPO, un diagnostic complet et préconiser un plan de gestion. Elle a expliqué que ce label n’a pas de valeur juridique, et que ses préconisations ne sont pas des obligations, seulement une base pour travailler ensemble.

La municipalité de Rivedoux-Plage souhaite, en effet, valoriser l’aire naturelle des Tamaris, afin d’y conserver les oiseaux existants et en faire venir de nouveaux, ainsi que des insectes, reptiles et petits mammifères. « Il ne s’agit pas d’une première à Rivedoux », a précisé le Maire, Patrice Raffarin, « il y a quelques années nous avons mené de grosses opérations avec la pose de très nombreux nichoirs à variétés différentes, sur toute la commune, ainsi qu’un hôtel à insectes, nous avons commencé ce travail avec la LPO ».

La convention signée entre Rivedoux- Plage et la LPO va durer cinq années, ce qui laisse le temps à la commune de mettre en place toutes les actions envisagées. Après le diagnostic écologique désormais achevé, est prévue la pose de nichoirs différents et des points d’écoute des oiseaux, deux fois par an, afin de les identifier. Actuellement 25 espèces d’oiseaux y ont été recensées, dont certaines menacées si on ne fait rien. Les nichoirs doivent être déposés en orientation Sud/Sud-Est à l’inverse des vents dominants, et à bonne hauteur afin d’éviter les prédateurs. Le trou d’envol de chaque nichoir est adapté à la taille des différentes espèces d’oiseaux. La LPO propose de faire des ateliers nichoirs avec les habitants volontaires, afin qu’ils puissent aider à leur installation.

Une mare, un plan végétal et un éclairage optimal

L’aménagement d’une mare est envisagé, avec pente douce ou paliers pour y intégrer du végétal, d’une profondeur d’au moins un mètre. Elle sera sécurisée par des ganivelles. Des bacs en bois à compost, avec panneaux explicatifs sont prévus. L’ensemble du plan végétal va être réfléchi, les plantations d’arbres seront judicieusement choisies, les strates végétales diversifiées. Les tontes et les fauches doivent varier, il convient de garder des bandes de fauches tardives, et de tondre suffisamment sur les parties du site les plus fréquentées par le public.

« L’idée est de requalifier ce site, qu’on se le réapproprie et nous sommes donc preneurs de toutes préconisations » a confirmé le Maire. « Nous voulons améliorer la fonctionnalité du site par la biodiversité, y canaliser l’eau par des noues et fossés. Il nous faut réfléchir avec ceux qui vont travailler sur le quartier du Château, envisager un système de mares perméables pour récupérer les eaux de pluie et créer un pont pluvial. »

Rivedoux-Plage souhaite aussi y préserver la trame noire, elle mène actuellement une réflexion sur l’ensemble de la commune et l’Aire naturelle des Tamaris et le quartier du Château constitueront la première zone à bénéficier de cette remise à plat de l’éclairage. Par exemple, il convient d’orienter les flux de lumière vers le bas, de choisir un spectre lumineux jaune orangé (et non blanc), moins agressif pour la biodiversité, et bien sûr de moduler l’intensité lumineuse. En matière de sensibilisation, seront installés des panneaux d’informations expliquant, par exemple, ce qu’est la fauche tardive, ainsi que des panneaux pédagogiques présentant la biodiversité du site.

Des manifestations citoyennes, telles un concours photo, ainsi que des animations scolaires seront organisées régulièrement sur le site.

Nathalie Vauchez

Réagir à cet article

Je souhaite réagir à cet article

* Champs obligatoires