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Des panneaux et affichages qui dénaturent l’île de Ré

L’un des nombreux panneaux posés dans les vignes de ce viticulteur-vigneron et qui ont mis le feu aux poudres.
Publié le 07/05/2019
Des panneaux et affichages qui dénaturent l’île de Ré
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Les nombreux panneaux publicitaires récemment mis dans ses vignes par un viticulteur-vigneron et son « manque de bonne volonté » au regard du respect de la réglementation ont mis le feu aux poudres auprès du président de la Communauté de Communes de l’île de Ré et d’associations environnementalistes qui menacent de porter plainte. Ré à la Hune a interviewé Dominique Chevillon, président de Ré Nature Environnement*.

Ré à la Hune : Dominique Chevillon, l’affichage, la publicité, les enseignes en site classé, font l’objet de tensions dans l’île de Ré à l’occasion de panneaux mis dans ses vignes par un viticulteur- Vigneron, qu’en pensez-vous ?

Dominique Chevillon : Plus généralement dans les espaces naturels de l’île qui représentent environ 80 % du territoire, on assiste à une dérive significative qui altère la qualité et l’originalité des paysages de l’île. La tendance est à l’appropriation de ces espaces par des activités temporaires, des affichages, de la pub, des enseignes diverses… Je citerai les panneaux publicitaires, les enseignes, l’affichage sauvage qui a pris lors de l’été 2018 des proportions très importantes, mais aussi des occupations temporaires de chapiteaux de cirques, spectacles équestres et autres guinguettes culturelles comme la Java à Saint- Clément-des-Baleines pour six mois en site classé ! Le risque est pour moi que l’île devienne, si on ne réagit pas « un grand supermarché » dans les espaces naturels, au bord des routes etc. Où chacun développe son business selon ses intérêts individuels sans appliquer les législations en vigueur.

Pourtant l’île de Ré fait l’objet de nombreuses réglementations protectrices depuis une trentaine d’années. Comment expliquez-vous cela ?

De nouveaux arrivants qui investissent dans des activités diverses sans s’être documentés ni renseignés sur les règles applicables participent à cette poussée. Les prochaines élections municipales qui verront arriver de nouveaux élus vont aussi y contribuer. Quelques acteurs locaux aussi, y participent mais ils sont plus rares.

On oublie que les espaces naturels rétais sont pour quasi 100% en sites classés et les villages en sites inscrits. C’est une volonté de la France de protéger la qualité et la diversité de ses paysages, fruits de la combinaison d’une grande beauté des milieux naturels et de leur façonnage par l’action de l’homme, voir les vignes, les marais salants, les bois et pelouses sableuse qui font la beauté des paysages de l’île. Le dispositif législatif de la loi du 21 avril 1906, renforcée par la loi du 2 mai 1930, veille à cela : préserver les paysages remarquables, culturels, aux caractères pittoresques qui signifie « qui frappent l’attention par leurs beautés » tel que le dit le dictionnaire Larousse…

Et il impose des règles qui veillent à ne pas altérer ces paysages qui, notons-le, font la forte attractivité de l’île de Ré. Et son économie florissante ! Si l’île avait été « abîmée « par une urbanisation et une occupation incontrôlées de tous ses espaces naturels, comme c’est le cas d’une grande partie du littoral, il y a fort à parier que de nouveaux arrivants investisseurs ne seraient pas venus.

À votre avis quelle position tenir face à ce que vous appelez « une dérive significative » ?

D’abord je tiens à vous dire que nos associations (Ré Nature Environnement, Nature Environnement 17, LPO), dont l’objet statutaire est la protection de la Nature et de l’Environnement, seront avec force aux côtés des élus qui défendront la protection du territoire insulaire.

Et puis, il faut saisir l’opportunité de « cette affaire » d’enseignes en espaces naturels pour rappeler à tous les acteurs du territoire leurs obligations vis à vis d’une île d’une grande beauté et d’une réelle qualité de vie. L’île de Ré conservera son attractivité touristique, son originalité enviée à cette seule condition. Rien ne peut justifier cette altération des paysages, a fortiori si c’est dans l’intérêt individuel mal compris de quelques-uns, au détriment de notre Patrimoine naturel commun… que nous avons tous la chance de vivre …

A quand des « Etats généraux des paysages de l’île de Ré » ? Dans le seul objectif d’en conserver la beauté et l’attractivité. Le PLUI est le cadre rêvé ! Non ?

*Lire aussi sur www.realahune.fr notre article intitulé « Que nous disent « les changements d’usages » et d’occupations du foncier dans l’île de Ré ? », signé de Dominique Chevillon et paru dans Ré à la Hune N° 182 (5 décembre 2018).

Propos de Dominique Chevillon recueillis par Ré à la Hune

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Vos réactions

  • Zo21zo21
    Publié le 9 mai 2019

    Triste une ci belle ile que j’aime tent dénaturer par des panneaux publicitaires ,il ne faut surtout pas quelle resemble à l’île d’ Oleron avec tout ces panneaux .Des Catalans amoureux de L’Île ou nous venons une fois par an hors saisons touristique

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  • juju
    Publié le 9 mai 2019

    Quel acharnement contre ces panneaux discrets en taille, en coloris et en texte, alors que des dégradations visuelles majeures sont perpétrées que ce soit par l’imperméabilisation des sols, tout particulièrement des venelles qui perdent leur charme d’îlots champêtres, les destructions patrimoniales comme la Maison d’école du Bois plage, le bétonnage massif du port de Loix, les bacs à fleurs massifs et clinquants empiétant sur les trottoirs de la voie publique, leurs propriétaires étant probablement dépités de ne pas avoir les moyens de s’offrir une propriété avec parc qui les protège du voisinage urbain naturel. On ne peut plus espérer qu’un bon tsunami passe au karcher toutes ces horreurs et que quelques citoyens raffinés survivent pour occuper respectueusement la Nature qui commence à en vouloir sérieusement aux humains.

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  • Ph
    Publié le 10 mai 2019

    Outre les panneaux, il y a bien plus grave. Le comblement de marais sur saint clement par desentreprises de conavec astreinte.structions. Certaine ayant fait l objet d une condamnation

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