Patrimoine

Ca bouge à... Saint-Martin-de-Ré

Porte Campani, fortification Vauban à St Martin de Ré, inscrite au patrimoine mondial

Des fortifications exceptionnelles et contraignantes

La porte Campani
Publié le 10/07/2013

Saint-Martin célèbre, depuis le 1er juillet, le 5e anniversaire de l’inscription des fortifications Vauban au Patrimoine mondial de l’Unesco. Pour en arriver à cette inscription, il a fallu un travail colossal de la part de la municipalité et… ce n’est pas fini.

Qu’est-ce que le Patrimoine mondial ? Grâce à une convention mondialement adoptée en 1972, l’Unesco encourage la protection et la préservation du patrimoine culturel à travers le monde. Trente-huit biens français sont ainsi inscrits sur cette fameuse « Liste du Patrimoine mondial ». Créé en novembre 2005, le Réseau Vauban, association loi 1901, fédère les 12 sites fortifiés. Il est venu soutenir et renforcer les actions de chacune des places fortes pour obtenir l’inscription car si cette dernière apporte un rayonnement international, cette reconnaissance mondiale – ce n’est pas un label mais bien une reconnaissance –, implique un certain nombre d’obligations et de contraintes. Depuis l’inscription au Patrimoine mondial, l’ouvrage défensif de Saint-Martin est sous les projecteurs du monde entier et le devoir d’excellence est entré dans la vie des élus, la qualité du site devant être maintenue et améliorée en permanence. Guillaume Cudennec, historien, recruté en 2005 par la mairie de Saint-Martin pour participer au montage du dossier, explique que la municipalité a la lourde responsabilité « de protéger, restaurer, entretenir et transmettre ce patrimoine qui comprend la citadelle, les remparts et ce que l’on sait moins la vieille ville à l’intérieur de l’appareil. »

Entretenir… pas si simple

En cette 5ème année, l’Unesco, demande aux États membres de réaliser un rapport qui sera publié ultérieurement. C’est le moment de faire le point sur ce qui a été fait et de prévoir les actions futures. C’est dans ce cadre que le Conseil municipal du 10 juin a voté la validation du plan de gestion des fortifications, véritable projet de territoire touchant à l’urbanisme, à la culture et à la citoyenneté, l’appropriation du site passant par les habitants qui en font un lieu de vie et pas seulement un décor.

On connaît le credo de Patrice Déchelette « mieux vaut entretenir régulièrement un bâtiment, les travaux à effectuer seront ainsi moins onéreux le moment venu ». Le montant des travaux réalisés depuis 2008 pour entretenir le bâti, dégager les accès et enlever les broussailles afi n que l’on puisse admirer l’architecture, s’élève à environ 800 000 €. Et si les choses ne semblent pas avancer rapidement, c’est que parfois, il faut contourner l’obstacle. Exemple le parking Vauban « qu’il est interdit de bitumer » et sur lequel explique Patrice Déchelette, « il est impossible de faire un marquage des emplacements pour les voitures ».

Transmettre

Le Réseau Vauban estime que pour transmettre dans de bonnes conditions la sensibilisation des jeunes publics est impérative et des actions ont été menées en ce sens. En 2012 un manuel didactique « Les Fortifications Vauban – Lectures du passé, regards sur demain », a été remis aux élèves du collège de Salières et de l’école primaire de Saint-Martin. Il devrait être plus largement diffusé à la rentrée. Au musée Ernest Cognacq, une maquette tactile de la ville de Saint-Martin, élaborée d’après un plan de 1703, permet aux jeunes de mieux appréhender l’utilité des fortifications.

L’inscription au Patrimoine mondial confirme et entérine le caractère exceptionnel du site, qui, orchestré par la municipalité avec l’aide des associations, contribue à son rayonnement international. Est-ce que cela attire pour autant plus de touristes ? Dans un territoire aussi touristique que le nôtre, c’est probable, mais reste difficile à quantifier.

Catherine Bréjat

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