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Déchets professionnels : combien pèsent-ils ?

Publié le 04/07/2012

Avant l’informatisation, la Communauté de Communes de l’île de Ré enregistrait la pesée des déchets pour 300 entreprises seulement. Au 18 juin 2012, ce sont 873 professionnels destinataires du formulaire d’inscription qui se sont faits enregistrer.

Une augmentation des tonnages de déchets professionnels

Sur l’ensemble du 1er trimestre, l’augmentation des tonnages amenés par les professionnels est de 10 % environ. A titre indicatif, sur le mois de mai 2012, le tonnage des déchets professionnels enregistré est de : 92,3 tonnes pour les gravats, 53 tonnes pour les déchets verts, 68 tonnes pour les encombrants, 34,6 tonnes pour les cartons et 6,24 tonnes pour la ferraille.

Un prix réel

Le dispositif d’informatisation a pour objectif de maîtriser la fiscalité en agissant sur la réduction des volumes et la traçabilité des déchets amenés en déchèterie, de sécuriser les déchèteries et de gérer le flux de circulation sur les quais des déchèteries, de faire payer le prix réel aux professionnels.

Une entreprise qui dépose des déchets inertes (gravats) est facturée 49 € HT la tonne. Les déchets verts sont facturés 77 € la tonne. Pour les encombrants et déchets tout venant non triés, la facture est de 182 € la tonne. Pour les piles, peintures, solvants, acides, bases, produits de bricolage, tubes fluos… et tous produits toxiques pour l’environnement, il en coûte 657 € la tonne. Le dépôt de bois est facturé 106,33 € la tonne et les souches 86,80 € la tonne. Le dépôt de cartons et de ferrailles est gratuit.

Redevance spéciale de pesée embarquée pour les gros producteurs : restaurateurs, supermarchés et campings

En 2002, la Communauté de Communes a mis en place la redevance spéciale qui s’applique aux déchets non ménagers que la collectivité peut « collecter et traiter sans sujétions techniques particulières, eu égard à leurs caractéristiques et aux quantités produites ».

Il s’agit des déchets des métiers de bouche et des administrations situées dans le périmètre où s’effectuent la collecte et le traitement des déchets ménagers.

Le montant de la redevance spéciale de la pesée embarquée pour collecter les déchets des gros producteurs est de 352,92 € TTC la tonne à partir du 1er août 2012.

Une évolution des pratiques

Les usagers particuliers et professionnels s’adaptent progressivement aux nouvelles contraintes, s’organisent. En râlant parfois, mais on n’a rien sans rien ! « Et il fallait réagir car la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) rétaise, était parmi les plus élevées de France ! » explique Patrick Rayton, vice-président de la CDC en charge des activités primaires et des déchets.

Les particuliers jetteraient moins

Avec environ 60 % des particuliers qui ont utilisé moins de 5 passages en déchèterie, des dépôts regroupés, une qualité du tri améliorée, on constate bien une diminution globale des apports des particuliers. Les chiffres le traduisent : sur l’ensemble des déchèteries, particuliers et professionnels confondus, les tonnages sont en nette diminution sur le 1er trimestre 2012, comparés à ceux du 1er trimestre 2011, soit moins 35 % sur les végétaux, moins 29 % sur les encombrants et moins 28 % sur les gravats.

Cette diminution de tonnage représente une économie financière de 52 000 € TTC sur les coûts de transports et de traitements des déchets sur le 1er trimestre 2012.

Une surveillance de l’environnement

Si ces nouvelles dispositions participent de la protection de notre environnement, le risque de renouer avec les mauvaises pratiques des dépôts sauvages n’est pas exclu, et impose une vigilance particulière des écogardes. Les services gestion des déchets, environnement et les écogardes ne déplorent pas de nouveaux dépôts sauvages par rapport à ceux existants recensés et en cours de traitement, pour remise à l’état naturel des sites concernés. La baisse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM), votée en conseil communautaire le 29 mars dernier est le premier résultat de l’effort collectif et du respect des engagements pris par nos élus.

 

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Côté entreprises, qu’en pense-t-on ?

Nous avons essuyé des refus de témoignages. Ceux qui acceptent de s’exprimer souhaitent le faire anonymement. Deux entreprises consultées, l’une dans le domaine de la couverture, l’autre dans l’entretien de jardin, expriment cependant ce qu’elles ressentent dans leur secteur d’activité respectif.

Le couvreur

« Les contraintes sont lourdes pour nos petites entreprises : l’organisation pour le tri sur le chantier, le transport et les coûts de déchèteries importants ». Joignant le geste à la parole, l’entrepreneur présente son dernier ticket de pesée :100 euros de facturation pour son dernier dépôt.

« Je comprends comme beaucoup, la démarche environnementale sur l’île de Ré. Mais pour rester compétitif et ne pas répercuter l’intégralité du coût de traitement des délivres sur mes devis, je dois avoir des stratégies alternatives d’évacuation des déchets de mes chantiers. Je stocke temporairement les gravats sur mon terrain en zone artisanale et des confrères s’en servent rapidement comme remblai. Les palettes : je les donne à ceux qui se chauffent au bois. Pour certains chantiers, j’envisage aussi de faire comme d’autres confrères : louer des bennes à une entreprise qui évacue directement les déchets sur le continent. C’est moins onéreux ».

Le paysagiste

« Je n’ai pas le temps et ne souhaite pas répondre à vos questions. Sachez simplement que c’est impossible de répercuter les coûts de traitement de déchets verts à nos clients. Alors, on s’organise entre collègues pour le traitement de nos déchets. Je ne souhaite pas vous en dire plus et vous le comprendrez ».

Michel Lardeux

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