Nature

Photoreportage naturaliste

Dans un champ de Coquelicots

©mathieu latour
Publié le 18/06/2019
Dans un champ de Coquelicots
5 (100%) 2 vote[s]

Les mois de mai et juin annoncent la chaleur et le retour d’une des fleurs les plus marquantes de l’île : le Coquelicot. Cette plante herbacée annuelle est très abondante dans les terrains fraîchement remués à partir du printemps. Un pied peut produire jusqu’à cinquante mille graines. Celles-ci gardent longtemps leur capacité de germination dans le sol, en général pendant cinq à huit ans. Selon certains auteurs elles peuvent rester dormantes dans le sol plus de quatre-vingts ans. La floraison a lieu principalement entre avril et août mais il arrive qu’une deuxième floraison survienne en automne, vers la fin septembre.

Champ de coquelicots typique

Le coquelicot, ou pavot, se distingue par la couleur rouge de ses fleurs et par le fait qu’elles forment souvent de grands tapis colorés visibles de très loin. C’est un spectacle qui n’échappe pas aux cyclistes et randonneurs à travers les champs de l’île qui se colorent d’un rouge flamboyant. Le coquelicot appartient au groupe des plantes dites messicoles car il est associé à l’agriculture depuis des temps très anciens, grâce à son cycle biologique adapté aux cultures de céréales, la floraison et la mise à graines intervenant avant la moisson. Malheureusement, cette plante a beaucoup régressé du fait de l’emploi généralisé des herbicides qui réduisent considérablement les effectifs. Aujourd’hui, les champs de pavots sont en diminution constante et seul un usage moins intensif des produits agricoles peut permettre la sauvegarde de ces tapis rouges si caractéristiques de notre île.

Chenille de bombyx du trèfle.

Cela est d’autant plus important que ces champs sont de véritables « forêts » miniatures accueillant une faune entomologiste très variée. Une étendue de coquelicots abrite plusieurs espèces d’insectes variées telle la chrysope. Cette petite bête verte ailée est la seconde plus grande dévoreuse de pucerons après la coccinelle. Son usage dans les plantations biologiques est donc à encourager et prescrire. Plusieurs espèces de chenilles peuvent se promener entre les tiges pour atteindre des feuilles d’autres espèces plus savoureuses au sol.

Criquet.

Les criquets et autres orthoptères y pullulent et sont d’une importance capitale puisqu’ils constituent l’une des principales sources alimentaires des oiseaux. Enfin, parmi les prédateurs on trouve l’araignée verte qui ne tisse pas de toile mais se sert de sa couleur pour se cacher entre les feuilles et attendre qu’une proie passe. Rassurez-vous, elle est inoffensive et est très très peureuse. Autant d’espèces importantes dans le cycle de la chaîne alimentaire que les champs de coquelicots offrent à la nature. D’où l’importance de les sauvegarder, autant pour la nature que pour le plaisir des yeux.

Sauterelle.

Mathieu Latour

Photographe animalier

Administrateur Ré Nature Environnement

mathieu.latour98@gmail.com

 

Mathieu Latour

Réagir à cet article

Je souhaite réagir à cet article

* Champs obligatoires

Vos réactions

  • Claudiej
    Publié le 19 juin 2019

    Merci pour ce nouvel article. Et en particulier pour les infos sur les locataires des champs de coquelicots. Ce qui va m’amener à aller à la chasse photographique !
    Claudie Josselin

    Répondre