Enfants et jeunes

Festival Les p'tits se réveillent

Cécile Bergame conteuse pour les enfants… et les grands qui le veulent bien

La conteuse Cécile Bergame, invite les adultes à retrouver l’enfant qui est en soi

Cécile Bergame conteuse pour les enfants… et les grands qui le veulent bien
Publié le 19/04/2016

« Une souris verte », « une poule sur un mur qui picotait du pain dur, picoti, picota… ». Au lecteur de compléter ! Car qui ne se souvient, des années après, de ces comptines traditionnelles de l’enfance ?

Cécile Bergame, conteuse lyonnaise, mais dont le père était originaire de Marie-Galante, dans les Antilles françaises, animait le spectacle « Sur le dos d’une souris » dans le cadre du festival « les P’tits se réveillent » de l’île de Ré. A Rivedoux, La Couarde, Sainte-Marie et Ars, son spectacle venait solliciter l’attention des tout-petits. Une passion pour celle qui s’y consacre depuis 1993, au terme d’un cheminement personnel qu’elle a évoqué en détail à la bibliothèque de Rivedoux mardi 5 avril, devant une audience très féminine. Son axe : « aller à la rencontre des autres, au travers des récits que sont les contes traditionnels ». Ce qui la fascine chez les tout-petits, ce sont justement « la capacité d’écoute, d’attention, la curiosité extraordinaire » qu’ils ont. L’enfant se laisse captiver, passionner : il fait confiance. Ce qui devient si difficile à l’adulte marqué par les coups de la vie lui est encore possible.

L’enjeu de cette passion de Cécile Bergame devrait donc être commun à tous : en elle, elle a pu « raccommoder quelque chose qui avait été une rupture » : ce rapport à la « petite enfance en soi ». Dans une société qui prône la dureté, la compétitivité, y compris entre individus, jusqu’à annihiler l’humanité parfois, n’est-il pas urgent de retrouver l’enfant qui est en soi, et qui a reçu avec joie, spontanéité, innocence, « la musicalité, la gestuelle, la rythmique de ces comptines, jeux de doigts », qui non seulement ouvraient l’enfant au sens des mots, mais aussi au « plaisir des mots », de l’expression, de l’univers artistique, donc de la sensibilité ! Car le temps du conte est aussi celui où l’enfant a « le droit de rire, de pleurer », d’être lui-même donc ! Où il n’y a pas de « chut ! » parental intempestif. Cela permet à l’enfant d’apprendre à « être libre », « d’être » tout simplement, conclut Cécile Bergame. Être, non pas aux dépens des autres, mais juste soi !

Un appel à la liberté, à la vérité de l’être ! Un long chemin pour les adultes qui l’ont oublié ! « Ainsi font, font, font les petites marionnettes ! Ainsi font, font, font… »

Jean-Baptiste Le Proux

Réagir à cet article

Je souhaite réagir à cet article

* Champs obligatoires