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Collège des Salières : buses de Harris contre goélands

Prête à prendre son envol, la buse va se poster sur le toit du Collège.
Publié le 07/05/2019
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Sur l’île de Ré, on ne plaisante ni avec le bien-être des enfants, ni avec la faune locale. Alors quand les goélands se font envahissants, on recourt à… d’autres oiseaux !

La petite réunion qui nous rassemble au Collège des Salières est originale. Aux côtés des élus départementaux et rétais, Lionel Quillet et Gisèle Vergnon, ainsi que du maire de Saint-Martin, Patrice Déchelette, mais aussi de Patrice Acquier, directeur immobilier et logistique du Département, deux invités peu ordinaires : des buses de Harris. Becs jaunes orangés, plumage couleur chocolat et regard perçant, elles se tiennent sagement posées sur le poing de leurs dresseurs. Et sont là pour travailler.

Le collège, maternité et crèche pour goélands

Voilà plusieurs années que des goélands argentés plébiscitent le Collège des Salières pour y installer leurs nids. Curieux ? Non, c’est même courant pour ces oiseaux de nicher en ville sur des bâtiments en hauteur, stratégie efficace pour protéger leurs nouveaux nés des prédateurs terrestres. Et un collège se révèle particulièrement attractif. Par définition calme le soir, la nuit et pendant les vacances scolaires, c’est un site idéal pour élever les jeunes jusqu’à ce qu’ils soient capables de voler de leurs propres ailes, c’est-à-dire vers la fin du mois de juillet.

Une cohabitation difficile

L’histoire pourrait s’arrêter là. Oui mais voilà, c’est une quarantaine de goélands qui élisent chaque année domicile au collège. Une vingtaine de couples y installent leurs nids, parfois même au sol. Une présence excessive qui apporte son lot de nuisances, à commencer par le bruit, qui perturbe cours, enseignants et élèves, des problèmes d’hygiène et de dégâts liés aux déjections, le fait aussi que les goélands peuvent se montrer agressifs pour protéger leurs petits.

Bref, la cohabitation n’est plus possible, mais pas question pour autant d’éliminer cette espèce protégée. La solution ? Les dissuader de venir. C’est là que les buses entrent en scène.

Prête à prendre son envol, la buse va se poster sur le toit du Collège.

En live

Depuis que nous sommes là, les goélands sont arrivés. Dans le ciel bleu, ils tracent de larges cercles avec force cris. Les deux professionnels lâchent les buses. Aussitôt, celles-ci vont se poster sur le toit du collège. En faction, elles ne bougent guère mais font leur job : être là.

L’idée, c’est qu’à force de les voir sur leur site de prédilection, les goélands l’abandonnent. Non que les buses soient pour eux un prédateur naturel, et elles n’ont pas pour mission de les attaquer mais seulement de générer un stress, d’être des intrus peu rassurants incitant les grands oiseaux à aller nicher ailleurs. Pour cela, il faudra revenir souvent, pendant quelque six semaines, par séances de deux heures par jour.

Du Conseil Régional de Protection de la Nature à la DREAL en passant par le Département de Charente-Maritime, le Rectorat, la Communauté de Communes et bien sûr en concertation avec la LPO et grâce au concours d’une société spécialisée, les goélands argentés du Collège des Salières auront mobilisé beaucoup d’énergies. Et coûté un peu d’argent : 20 000 €. Mais cette opération d’effarouchement sera aussi l’occasion de projets pédagogiques pour faire découvrir l’art de la fauconnerie. Reste à souhaiter aux goélands de trouver une autre maternité…

Pauline Leriche Rouard

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