Environnement

Conseil économique, social et environnemental régional

CESER : Dominique Chevillon raccroche les crampons

© Nathalie Vauchez - Président sortant du CESER, Dominique Chevillon aura plus de temps pour s’adonner à l’une de ses activités favorites, la pêche à pied dans les écluses.... quoique d’autres missions l’attendent aussi !
Publié le 22/01/2021

Après dix ans de responsabilités au CESER, dont cinq ans de vice-présidence et trois ans de présidence du CESER Nouvelle-Aquitaine*, le Rétais Dominique Chevillon a fait le choix de ne pas se représenter lors des élections prévues le 3 février 2021

Son expérience de Chef d’Entreprise, d’acteur engagé pour la protection de l’Environnement, et son image d’homme de dialogue avec les partenaires sociaux dans le Groupe qu’il dirigeait ont fait qu’au 1er janvier 2018 Dominique Chevillon a été bien élu, par les collèges. « J’ai engagé cette présidence en faisant mieux connaissance avec le Président du Conseil Régional, Alain Rousset. Le CESER fait partie de l’Institution Région, il a pour mission d’apporter son expertise, réfléchir et rendre des avis sur les décisions du Conseil Régional, avant qu’elles ne soient votées. Il est composé de quatre collèges, de représentants de la société socio-professionnelle et on a la chance en Nouvelle-Aquitaine d’avoir un Président du Conseil Régional qui aime collaborer avec le CESER, qui l’intègre beaucoup dans sa réflexion. Nos arguments sont repris dans 35 à 40 % des cas, nous apportons la vue de socio-professionnels sur des sujets que nous connaissons bien, nous n’avons aucun intérêt électif. », explique le Président sortant.

Quels sont les sujets du CESER ?

A côté des avis classiques qu’il rend, le Conseil économique, social et environnemental régional est sollicité ponctuellement par des saisines du Président du Conseil Régional, comme par exemple sur le thème du télétravail en Nouvelle- Aquitaine. « Nous attirons l’attention du Conseil Régional sur les intérêts mais aussi les limites du télétravail ». « Autre sujet confié au CESER, plus Aquitain, les influences de la métropolisation en NA, avec une seule grande ville, l’Agglomération bordelaise, comment la métropole fait-elle ruisseler ses ressources sur tous les territoires de NA ».

« Nous avons, par ailleurs, deux sujets, pour lesquels nous avons été saisis par le Préfet de Région et le Président Alain Rousset. Celui de l’économie de la mer et de ses perspectives : aquaculture, éolien off-shore, recherche pharmaceutique à partir du vivant, algologie… Et celui des évolutions nécessaires des agricultures en NA à l’heure des transitions (climatique, écologique, énergétique, sociale…), sujets sur lesquels nous rendrons nos rapports en 2021. Nous nous sommes également autosaisis d’un sujet fort, celui des « droits culturels et pratiques en amateur : exigence éthique et ambition démocratique », sur lequel nous avons présenté notre rapport devant la Commission « Culture » du Conseil Régional le 26 juin 2020 ».

« Il existe une grande créativité et diversité, mais aussi un certain désengagement du bénévolat, alors que les pratiques culturelles tissent des liens sociaux essentiels. Nous proposons une véritable ambition culturelle régionale au service d’un projet « Néo Societas », complétant l’ambition « Néo Terra ». Il faut permettre à tout habitant de NA d’exprimer son identité culturelle, de participer à la création et à l’animation culturelle de son territoire, mais aussi favoriser l’émergence d’initiatives collectives pour favoriser la diversité des créations… »

© CESER Nouvelle-Aquitaine – Dominique Chevillon et Alain Rousset, lors
de la pleinière du CESER le 15 décembre
2020, au cours de laquelle le budget de la
Région a été voté à l’unanimité

Le Covid, révélateur des vulnérabilités de notre système de santé

« Dans l’actualité, nous avons accompagné la Région dans les mesures d’urgence face au Covid, pour le financement des Entreprises petites et moyennes et des associations, nous avons participé à l’élaboration du budget d’urgence et au plan de relance arrêté au niveau régional, alors qu’on ne connaît toujours pas le plan national, on se pose beaucoup de questions sur sa sortie. Nous avons publié deux rapports. L’un dans lequel nous nous interrogeons sur le « Ségur de la Santé » et attendons une réforme structurelle de fond du système de santé. Nous attirons l’attention sur le fait que le Covid a été un révélateur de la vulnérabilité extrêmement forte du système de Santé en France, et notamment dans les hôpitaux où depuis quinze ans les ressources en soignants et aides-soignants ont diminué de façon constante. On a pu absorber la charge liée au Covid en suspendant nombre d’autres activités, avec une mortalité associée accentuée du fait de la non intervention sur des affections existantes. Autre souci, on a découvert que les molécules nécessaires à la fabrication de médicaments courants n’étaient plus fabriquées en France, avec des ruptures d’approvisionnement. Cela a entraîné la volonté et quelques premières matérialisations d’une réorientation de la fabrication de médicaments en France/en Europe. »

« La mise en oeuvre de la politique de Santé Publique doit être territoriale »

L’autre rapport, « Covid-19 en Nouvelle- Aquitaine : L’urgence de transformer demain » liste l’ensemble des vulnérabilités sur six dimensions, et contient quelques préconisations. La crise sanitaire a été un vrai révélateur des vulnérabilités en poussant les systèmes à fond. C’est un rapport qui va faire date. Il existe un processus démocratique à repenser avec une concentration des pouvoirs et des décisions, une organisation verticale, au plus haut sommet de l’Etat, qui déresponsabilise complètement les citoyens et ne travaille pas avec les collectivités territoriales, y compris pour la mise en oeuvre opérationnelle. Or ce sont les Communes, les CdA/CdC, les Départements et les Régions qui possèdent la logistique, la légitimité de mise en oeuvre d’une politique de soins et de santé, décidée en haut lieu. On ne peut s’affranchir d’une mise en oeuvre par les collectivités. On l’a vu avec la distribution des masques, les tests de dépistage, et aujourd’hui avec la vaccination. Le CESER l’a dit plusieurs fois, si la Santé publique est bien un domaine régalien de l’Etat, sa mise en oeuvre ne peut être que territoriale, parce que l’Etat a une incapacité pathologique en la matière ».

Dominique Chevillon est intarissable et passionné.

Pourquoi alors raccrocher les crampons ?

« Il y a deux raisons à l’origine de ma décision. D’une part la présidence du CESER impose, par essence, une neutralité dans l’expression et la prise de parole, je souffre de ne pouvoir exprimer mes convictions, sur des sujets essentiels à l’évolution de la société. Je vais ainsi retrouver ma liberté, perdue pendant trois ans. D’autre part, voilà dix ans que je suis au CESER et à 67 ans je préfère laisser la place à des énergies nouvelles. Je crois que je serai remplacé par une femme. Deux femmes très intéressantes et de grandes expériences et compétences, d’environ 45 ans, sont candidates à ma succession. Cela a été une expérience extraordinaire pour découvrir la diversité de notre société à travers ses compétences, activités, métiers, techniques, c’est l’un des seuls lieux en France qui reflète aussi bien la réalité de notre société. »

Et maintenant ?

« Je vais rester simple membre du CESER encore quelques mois pour accompagner la transition. Et je vais consacrer mon énergie à la défense de la Nature via les associations auxquelles je participe**. Je resterai aussi actif au travers d’un ou deux projets, dont l’un national, l’autre pour une Entreprise qui souhaite que je l’accompagne. »

L’île de Ré aura ainsi la chance de continuer de bénéficier des compétences et des connaissances d’un homme très investi et passionné, toujours à l’écoute de son environnement naturel et humain.

*Dominique Chevillon a été élu le 1er janvier 2018, Président du CESER NA, institution résultant de la fusion des CESER Poitou- Charentes, Limousin et Aquitaine

**Il est, entre autres, président de Ré Nature Environnement, de l’Adépir (écluses à poissons), vice-Président de la LPO et de Nature Environnement 17

 

Le CESER en chiffres
– Budget de 3 M€
– 26 salariés
– 180 conseillers, issus des 12 départements de NA
– Dont 46 % de femmes
– Répartis dans 4 collèges

Nathalie Vauchez

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Vos réactions

  • laurent du 79
    Publié le 4 février 2021

    La région subit des inondations de plus en plus destructrices et meurtrières (pour les contribuables mais aussi pour la biodiversité), la seule façon de lutter contre les inondations c’est de capter les ruissellements en commençant le plus en amont possible des bassins versants et de réguler le débit des rivières de manière à garder un débit acceptable pour les agglomérations en aval. Inondation c’est quand l’eau repart trop vite vers la mer, sécheresse c’est quand elle est repartie trop vite …
    Si, sur le plan des inondations et des sécheresses, la situation se dégrade fortement d’année en année c’est justement parce que la région détruit quand il faudrait construire :
    Le bassin versant de la Sèvre Niortaise (au niveau de la Tiffardière) fait 1070km2 et reçoit une moyenne 900 millions de m3 par an, entre le 18 10 2019 et le 18 10 2020 la Sèvre a évacué 700 millions de m3 d’eau douce dans la mer (76% des précipitations annuelles, alors qu’il ne faudrait jamais dépasser les 30% ) avec 5 périodes d’inondations …depuis 2017 je lance l’alerte auprès des élus et des services de l’état en Nouvelle Aquitaine concernant le risque inondation inhérent au dérèglement climatique, hélas la situation est conforme aux prévisions et il faut s’attendre à des morts !

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