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Ce soir, c’est dîner opéra!

Victor Dahani et Souad Natech, un couple, deux voix extraordinaires
Publié le 06/11/2018
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Si nous n’allons pas à l’opéra, l’opéra lui peut venir à nous. La preuve : loin des clichés, voilà un dîner soirée qui s’annonce exceptionnel.

Le mois de novembre nous fait grise mine. Ici plus peut-être qu’ailleurs. Parasols et terrasses sont bien rangés et de nombreuses portes de restaurant sont closes. Le port de Saint-Martin a revêtu ses habits d’hiver pour plusieurs mois. Alors quand il s’agit de sortir sans s’exporter sur le continent, ce n’est pas chose aisée. Ce dîner-opéra est donc une bonne nouvelle. Où, quoi, comment, on vous dit tout.

Un concept original

C’est à Jean-Claude Vignaud, Président de l’association Vivre l’Art à Saint-Martin que l’on doit cette idée originale qui a séduit d’emblée Gilles Barre, le patron du restaurant « A côté de chez Fred ». Des soirées de ce type avaient d’ailleurs eu lieu il y a quelques années avant de s’interrompre. Gilles a eu envie d’y revenir et Jean-Claude s’en est occupé. De quoi s’agit-il ? Jean-Claude n’est pas seulement un passionné d’opéra, il n’aime rien tant que sortir des sentiers battus. Pour lui, il s’agit donc de présenter une oeuvre du grand répertoire dans un contexte inhabituel, puisqu’il ponctuera un dîner au travers de douze grands airs interprétés par la soprano Souad Natech et le ténor Victor Dahani, dont le talent s’est déjà exprimé lors de spectacles proposés par l’association. L e s a i r s seront entrecoupés de narrations r a c o n t a n t l’histoire et prendront place entre les plats afin de préserver à la fois la quiétude des convives et la performance des artistes. Le temps entre le service du plat principal et celui de dessert sera celui d’un mini récital. Tout cela autour d’un menu unique et spécifique.

Verdi à l’honneur

C’est l’un des plus grands opéras qui a été choisi pour faire de cette soirée un moment d’exception. En effet, c’est La Traviata qui en sera l’invitée, l’une des plus célèbres oeuvres du répertoire, connue des plus néophytes d’entre nous. Rappelons que l’oeuvre de Giuseppe Verdi a été créée d’après une autre oeuvre elle aussi largement populaire, le roman d’Alexandre Dumas, La Dame aux Camélias. Voilà le programme d’une soirée bien nommée « Traviata Bistrot » qui n’aura d’autre ambition que de réjouir les participants, embrassant d’un même élan le plaisir des sens et de l’esprit.

Pauline Leriche Rouard

Dîner Opéra « Traviata Bistrot » Vendredi 16 novembre à 20h00
Restaurant A côté de chez Fred – 6, venelle Fosse Bray à Saint-Martin – 05 46 09 95 95
Menu unique : 69€ (dont 10€ seront reversés aux artistes) – Réservation obligatoire.

 

A côté de chez Fred, l’élégance tranquille

Niché dans la venelle qui fait lien entre le Parc de la Barbette et le quai Georges Clémenceau, il est vrai que l’endroit n’’est pas évident à trouver pour ceux qui se contentent d’un tour de port. Pour les autres, c’est une jolie surprise.

Gilles Barre, talent et caractère.

Gilles Barre, talent et caractère.

Gilles Barre est aux commandes du restaurant A côté de chez Fred depuis dix ans. Et l’a transformé. Pour les « anciens » qui s’en rappelleraient, c’était auparavant La Moule Barboteuse qui nous accueillait dans un esprit un peu taverne. On y mangeait coquillages, crustacés et une excellente viande pour les amateurs. Aujourd’hui, la salle est parée d’une décoration sobre et chic, moderne sans tomber dans le design froid. Quant à la cuisine, c’est évidemment le maître de céans qui en parle le mieux.

Patron de restaurant à 27 ans

On le devine au premier abord, Gilles Barre est un homme de caractère qui a toujours, comme on dit, mené sa barque. Une impression qui se confirme au fil de la conversation. Le jeune Gilles était parti pour être boucher, et sera même le troisième apprenti d’Ile de France, sa région d’origine. Mais sa vraie vocation, c’est la cuisine. Rien d’étonnant a priori quand on apprend qu’il est fils d’Italiens : « mes parents ne pensaient qu’à ça et ne faisaient que ça » se rappelle-t-il. Effectivement, difficile ainsi d’échapper au virus culinaire. Gilles sera donc cuisinier et démarre un CAP nourri de stages dans la réputée Ecole Ferrandi, l’école française de gastronomie et de management hôtelier. Le reste c’est par lui-même qu’il l’apprendra, au fil d’un parcours de restaurateur qui commence à 27 ans. Car c’est à cet âge relativement jeune que Gilles Barre acquiert son premier restaurant et pas n’importe où, dans le 6ème arrondissement de Paris, rue Bréa pour être exact. Il s’appelle « Aux Montparnos » et on y côtoie des habitués célèbres comme Francis Blanche, Roland Topor, Jacques Villeret ou encore la regrettée Marie Trintignant. Bref, du beau monde qu’il fréquente avec plaisir dans une riche expérience qui lui coûte quand même un peu cher, son premier mariage en l’occurrence. C’est que Gilles vit, mange et dort pour son restaurant. Treize ans plus tard, il plie bagages.

Paris, c’est fini

Pour sa nouvelle aventure (culinaire bien sûr), Gilles met le cap au Sud, tout en bas à l’Est, au bord de le Méditerranée, à Cavalaire-sur-Mer. C’est un test, Gilles a loué un restaurant. S’il obtient une jolie récompense, une Fourchette d’Or, en un temps record (un mois), il s’avère déçu par une clientèle qu’il qualifie d’un simple mot « Bof ». L’expérience n’étant pas concluante, Gilles cherche un havre sous d’autres cieux. Un rendez-vous l’attend plus haut et à l’ouest. C’est à La Rochelle où il acquiert son deuxième restaurant que Gilles posera ses valises pour dix ans. Et l’Ile de Ré ? Il a appris la vente du restaurant et a sauté sur l’opportunité. Il déménage et passe le pont. Ce n’est pas un problème pour lui qui aime le changement. Juste une autre aventure.

A deux pas du port mais au calme

A deux pas du port mais au calme

Du frais, du frais et du fait maison

Sur sa cuisine, Gilles ne plaisante pas. Ses produits sont toujours frais, locaux et régionaux. « Pas de congelés, pas de conserves, pas de poudre » martèle- t-il. « Du fait maison. Tout. Même la pâte feuilletée, tout est fait là, dans la cuisine ». Le poisson vient de la criée et des mareyeurs, la viande de chez Vinet à Laleu, et les maraîchers sont vendéens. Et ici on déguste bien sûr les produits de saison. Une cuisine traditionnelle qui n’exclut pas le raffinement de saveurs travaillées en des assemblages subtils. C’est tout simplement bon. Et la cave est à l’avenant. Notons pour conclure que Gilles a quand même reçu la Légion d’Honneur pour produits en restauration. La classe sans ostentation. Alors qu’est-ce qui séduit Gilles dans ce concept de dîner-opéra ? « Le côté raffiné, élégant et la rareté ». C’est vrai que ce n’est pas banal. Mais quand on est passionné d’art contemporain (comme en témoigne la myriade de tableaux qui ont ici trouvé leur place), il semble naturel de mêler l’art et la cuisine. Celle-ci n’en est-elle pas un d’ailleurs ?

Pauline Leriche Rouard

A côté de chez Fred – 6, venelle Fosse Bray à Saint-Martin – 05 46 09 95 95
Horaires d’ouverture : ceux des repas – Réservation conseillée.

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