Territoire

Dossier Enjeux et projets

CdC de l’île de Ré : un fort interventionnisme public, au service des Rétais

Le budget d’investissement de la CdC sur l’ensemble de ce mandat témoigne d’un fort interventionnisme public, avec 6 M€ par an
Publié le 22/01/2021

Point de cérémonies des voeux des Maires et du Président de la Communauté de Communes cette année, crise sanitaire oblige. Qu’à cela ne tienne. L’équipe de Ré à la Hune a pris son bâton de pèlerin pour aller à la rencontre des édiles et du Président de la CdC, avec une seule question : Quels sont les principaux enjeux et projets à court et moyen termes de votre commune/de l’intercommunalité ? Tous nous ont accordé de longs et passionnants entretiens. L’île de Ré continue d’aller de l’avant… Vous saurez (presque !) tout en lisant ce dossier, des pages 20 à 30.

 

Au début de son 3ème mandat en tant que Président de la Communauté de Communes, Lionel Quillet passe en revue les enjeux et principaux projets de l’intercommunalité pour les six années à venir

La nouvelle assemblée délibérante et les commissions ont dû se mettre en place, avec la nouvelle majorité et cinq nouveaux Maires (Les Portes, Saint-Clément, Ars, Le Bois, La Flotte), dans une période difficile du fait de la crise sanitaire. Une nouvelle gouvernance, qui se veut partagée, se met en place et le Président entend moderniser l’institution intercommunale.

Livraison d’AquaRé en mai 2021 et de La Maline fin 2021

Le second enjeu concerne la réhabilitation complète du centre aquatique AquaRé – à l’identique mais avec quelques améliorations (matériaux, éclairage, etc.) et un nouveau toboggan plus ludique – , qui devrait ouvrir au plus tard pour le 1er mai 2021, dont la DSP (délégation de service public) sera remise en jeu dans dixhuit mois, mi 2022 donc.

La réhabilitation et l’extension de La Maline devraient être terminées fin 2021, « le nouveau bâtiment est déjà très satisfaisant et la salle de spectacles va être extraordinaire », dixit Lionel Quillet ; deux autres enjeux forts concernent la nouvelle programmation culturelle, ainsi que la gestion de l’équipement, interrompue depuis trois ans et qui a changé de mode, puisqu’elle se fait désormais en régie directe, et non plus sous forme associative.

Parmi les nouveaux projets, le Président souhaite focaliser notre attention sur trois sujets forts : le logement, la protection des côtes et la mobilité.

Objectif : 1300 logements sociaux communaux et intercommunaux en 2025

En matière de logements, entre 2008 et 2020, plusieurs gros programmes sociaux ont abouti au Bois-Plage, à Saint-Martin de Ré et à La Flotte (où la commune a saucissonné le projet en faisant des tranches de moins de vingt logements afin de rester sous compétence communale). Tous logements sociaux confondus, l’île dispose de près de mille habitations et espère faire aboutir trois-cents logements de plus sur ce mandat, pour atteindre les mille trois-cents. De nouvelles constructions « fléchées » ; quartier du Château à Rivedoux, Fougerou à Sainte-Marie, Poisière au Bois-Plage, Mésanges à Sainte-Marie, et enfin à la place de l’ancienne gendarmerie de Saint-Martin au début de l’avenue de la Plage. « A Ars, cela va se décider, le projet sera situé au Grignon, tandis qu’à Saint-Clément il s’agit des Ouches. Avec six projets pour lesquels il nous faut procéder aux acquisitions foncières (via l’EPF), nous avons créé un poste de négociateur foncier », précise Lionel Quillet. Voilà pour la location, sachant que des programmes d’accession à la propriété ne sont pas exclus, qui peuvent permettre d’équilibrer des dossiers.

Le financement du PAPI 2 est bouclé

Beaucoup a été fait en ce qui concerne la protection des côtes, dans le cadre des travaux d’urgence au lendemain de Xynthia, puis du PAPI 1 (Plan d’actions de prévention des inondations). Grâce au PAPI 2 La protection de La Couarde sera livrée à la fin du second semestre 2021 et les points de fermeture de Loix et de La Couarde à la mi 2021. Le très important projet de protection du Fier d’Ars et des communes concernées sera mis en place à partir de 2024, son financement est bouclé. A Sainte-Marie les travaux d’enrochement de Montamer s’étaleront sur cinq mois à l’automne 2021. Sous ce mandat, ce seront encore 3 M€ par an qui seront financés par la CdC, en complément des financements de l’Etat, du Département, et de la Région, ce dernier se réduisant.

Dans le cadre du CTMA 2 (Contrat territorial des milieux aquatiques), tous les travaux de gestion de l’hydraulique des marais seront programmés.

Cap Mobilité : un enjeu fort pour l’île

Le projet Cap Mobilité est mené avec le Département. La passerelle du Belvédère est lancée, avec une aide financière de l’Etat dans le cadre du Plan de Relance (lire page 8) : les bus venant du Belvédère n’auront plus à traverser la rocade, ce qui fera gagner 10 à 15 mn au plus fort des embouteillages. Ce projet se chiffre à 1,5 M€.

Une réunion s’est tenue avec l’Etat, le Département et la Mairie de Rivedoux-Plage pour la voie sud de Rivedoux, et un travail technique est en cours pour prévoir la troisième voie du Pont (qui sera réservée aux bus, véhicules de secours, transferts du pénitencier, etc.).

La Mobilité relève désormais principalement de la compétence de la Région, à quelques exceptions départementales près comme les navettes de villages, qui vont être entièrement revues et tracées différemment pour être opérationnelles en mai/juin 2021. La CdC de l’île de Ré souhaite aussi participer au Rézo Pouce, qui sera décliné sur l’île de Ré pour les courts trajets. Exit les pistes cyclables, on les appelle désormais les pistes de mobilité ! Le budget de ce mandat qui sera consacré à leur réfection s’élèvera à 2 M€, comprenant aussi les gros aménagements à repenser autour de La Couarde. De nouveaux aménagements de piste cyclable sont aussi prévus aux Portes-en-Ré.

Un internat d’excellence et un projet Adolescence

Autre enjeu important pour l’île de Ré, la construction par le Département d’un internat au collège des Salières, dont le concept a été travaillé conjointement par le Département et la CdC. Les travaux débuteront au courant de l’été 2021, l’internat sera livré en juin 2022. L’Académie a manifesté son vrai engouement pour ce projet d’internat d’excellence, pluridisciplinaire, ouvert sur les sports, avec la création d’une salle de sports de sable, sur les arts et notamment la musique, et sur l’international.

Ce projet est lié à celui de l’adolescence, pour laquelle la CdC vient de délibérer en faveur de la prise de compétence, à partir du 1er janvier 2022, très certainement. Ce volontarisme manifesté par les élus se traduira notamment par un engagement financier conséquent. La mobilité des adolescents, qu’il faudra pouvoir emmener sur les différentes maisons des jeunes (La Flotte, Le Bois et un troisième site à définir sur le nord de l’île), constituera un gros volet lié à cette compétence.

Un nouveau marché pour la gestion des déchets et un nouveau centre de transfert

Côté gestion des déchets, de gros enjeux attendent les élus avec la reconstruction du centre de transfert (il avait brûlé), le déplacement de la déchetterie des Gâchettes, et un important financement à prévoir autour de l’optimisation du fonctionnement et de la gestion des déchets. Un nouveau Marché sera lancé en 2022, la CdC va sélectionner une assistance de maîtrise d’ouvrage qui l’accompagnera pour élaborer le très complexe cahier des charges. La collecte des biodéchets constitue également un enjeu de taille. Ce sont 7 M€ qui seront affectés à la gestion des déchets avant la fin du mandat.

Optimiser le portefeuille immobilier de la CdC

Tous les projets d’équipement & bâtiments des communes constituent un autre volet de taille, à commencer par le bâtiment du quai de La Criée à Ars, pour lequel les travaux vont enfin pouvoir démarrer. Il pourrait héberger outre un pôle santé, un pôle culture et un mix d’offres commerciales. L’Ecole de Musique du Bois- Plage, à l’étroit dans son actuel et vétuste immeuble, deviendra Ecole de Musique et des Arts et devrait être hébergée sur le terrain, propriété de la CdC, à l’entrée sud du Bois-Plage, après les bâtiments de la cave coopérative Uniré. Un programmiste va être recruté pour réfléchir au projet, qui sera ensuite validé par les élus. Sur ce même site du Bois-Plage, seront regroupés la Direction des affaires sociales et culturelles (DASC) de la CdC, qui assure tous les services à la population. En revendant les bâtiments actuellement occupés, comme par exemple celui de l’ancien logement du Trésorier principal de l’île de Ré, situé place de la République à Saint-Martin, la CdC va récupérer de la trésorerie qui pourra participer au financement du futur bâtiment envisagé au Bois-Plage, plus économe en énergie. Celui-ci pourrait aussi accueillir des associations comme Ré-Clé-Ré, actuellement hébergée rue de la Blanche, au Bois-Plage, là où était situé l’ancien siège de la Communauté de Communes, avant 2008.

© Coopérative des Sauniers de l’île de Ré – Les Assises agricoles ont été reportées au printemps 2021, il s’agira d’établir une carte Cigale des
marais du nord, à l’image de la carte Cigale des terres agricoles et environnementales

ZA de Sainte-Marie et Assises agricoles

En matière de développement économique, la CdC va gérer la réalisation de la nouvelle zone artisanale de Sainte-Marie. Ce sera la première ZA qu’elle aura à piloter depuis le vote de la TPU (Taxe professionnelle unique) et la prise de compétence économique au 1er janvier 2009. Le projet d’extension de la ZA de Rivedoux a été, de son côté, retoqué par les services de l’Etat.

L’environnement et l’agriculture constituent les fondements de la politique intercommunale, les Assises agricoles qui devaient se tenir à l’automne 2020 ont été reportées au printemps 2021 (fin mars). Leur objectif est de redéfinir les attributions foncières des activités primaires sur l’île de Ré, à l’image de la Carte CIGALE déjà élaborée pour les terres agricoles (vignerons, maraîchers, pomme de terre, etc.) et les espaces naturels de biodiversité. Il s’agira de la compléter par une carte CIGALE des marais du Nord de l’île intégrant les professions de sauniers, ostréiculteurs, aquaculteurs, etc. Le président Quillet souhaite renforcer la maîtrise foncière, via la préemption, avec des enjeux redéfinis. Le Schéma de développement durable sera également élaboré en 2021, avec l’aide du Comité Consultatif Citoyen, dont la composition a été arrêtée mais avec un calendrier des ateliers reporté du fait de la crise sanitaire.

Le suivi social via la CTG signée avec la CAF

En matière sociale, le nouvelle Convention Territoriale Globale signée avec la CAF (nous y reviendrons dans un prochain Ré à la Hune) en 2020, encadre le suivi des actions autour notamment de la petite enfance, des crèches et plus largement des actions sociales.

Peu de territoires ont un PLUi, il sera révisé en 2021-2022

Pour coordonner l’ensemble de ces enjeux et actions, le PLUi (Plan local d’urbanisme intercommunal) a été voté en décembre 2019. « Il y a peu de territoires ayant élaboré un PLUi, nous avons réussi et même s’il fait l’objet de recours, c’est un grand pas. Nous devons dans un premier temps le modifier, pour y apporter des corrections. Puis nous nous lancerons dans un processus de révision de ce PLUi à partir de septembre 2021 et sur 2022, afin d’y intégrer, entre autres, de nouveaux enjeux en matière de résilience architecturale. A partir de 2030, toute l’île de Ré sera en niveau de défense Xynthia + 20 cm, ce sera un très bon niveau de défense dans l’immédiat, mais il faudra réfléchir à une architecture adaptée aux risques de réchauffement climatique et de submersion à plus long terme, tout en conservant la qualité patrimoniale et l’esthétisme de l’actuelle architecture rétaise. L’enjeu fort pour 2030 est celui d’une île permanente avec une population de 20 000 habitants, ce qui n’est pas gagné. Réfléchir à la protection des côtes à 100 ans ou à un certain repli stratégique fera partie de l’enjeu pour les générations à venir. », martèle le Président de l’intercommunalité.

Un fort interventionnisme public, 6 M€ d’investissements par an

Le budget d’investissement de la CdC sur l’ensemble de ce mandat témoigne d’un niveau élevé d’intervention, avec des dépenses annuelles d’investissements de 6 M€ chaque année. Soit sensiblement la même moyenne annuelle que sur les deux mandats 2008-2020, durant lesquels 80 M€ ont été investis, soit une moyenne annuelle comprise entre 6 et 7 M€….

Les 28 élus, délégués communautaires, et les 105 collaborateurs de la CdC ont du pain sur la planche, pour relever l’ensemble de ces enjeux et réaliser tous les projets envisagés.

Nathalie Vauchez

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