- Portraits
- Portrait
Capucine Nicot, pour l’amour du cheval
Rencontre avec une femme qui murmure à l’oreille des chevaux.
Des deux personnalités incontournables de l’écurie de territoire Île de Ré Galop, Capucine Nicot est celle qu’on entend sans doute le moins. Non parce qu’elle n’a rien à dire mais parce que tandis que sa complice Véronique Vigouroux orchestre tambour battant la vie de l’association et le projet de développement des écuries de territoire, Capucine est tout simplement… à cheval ou dans les boxes. Tous les jours et par tous les temps.
Le cheval dans l’ADN
L’histoire d’amour entre Capucine et le cheval commence avec son grand-père Georges Nicot, venu sur l’Ile de Ré et premier à avoir eu l’idée d’amener des chevaux de selle l’été pour proposer des promenades équestres aux touristes. « Les chevaux étaient installés sous des tentes », se souvient Capucine avec une pointe de tendresse. Puis son père, Patrick, a eu l’idée d’entraîner ici des chevaux de courses. « Il soignait des chevaux souvent atteint aux jambes et jugeait le climat et la présence de l’océan propice à leur rétablissement », préciset- elle. Alors bien sûr, rien d’étonnant à ce que la petite Capucine passe son enfance en selle et à côté des chevaux. Sa vie est là et des décennies plus tard, la passion est intacte.
Une cavalière émérite
Parallèlement au monitorat d’équitation qu’elle prépare, Capucine devenue grande monte aussi en courses avec un indéniable succès. Cravache d’or cinq années consécutives, elle a également été vice-championne du monde des cavalières amateures à dix-huit ans, respectant sans rechigner les contraintes associées, notamment concernant son poids. Une fois son monitorat en poche, la voilà partie à l’étranger, une véritable tournée qui l’emmène des États-Unis (où elle monte l’un des chevaux de course les plus chers du monde), à la Suède (où elle découvre que l’accompagnement sans cravache existe déjà), en passant par l’Australie et l’Irlande. Autant d’expériences différentes pour apprendre le métier d’entraîneur.
De retour sur l’Ile de Ré
En 2000, Capucine revient sur l’Île de Ré avec trois premiers chevaux, installés dans des boxes de son grand-père qui ne servaient pas. Deux d’entre eux lui appartiennent, l’acteur Gérard Hernandez étant propriétaire du troisième. Un brin de chance et beaucoup de travail lui apportent rapidement plusieurs victoires au Quinté +, très populaire, ce qui lui assure une belle visibilité mais complexifie aussi son statut et ses contraintes financières. Elle choisit alors de passer entraîneur public et passe la licence ad hoc. En 2005, Capucine rencontre Véronique Vigouroux et ces deux-là ont énormément en commun, partageant sans compter leur passion du cheval et de son univers. Très vite, elles ont un projet complémentaire qui ne verra pas le jour, le grave accident de Véronique remettant tout en question. Un simple report, oublié en 2016 avec la naissance d’Île de Ré Galop, une écurie pas comme les autres car relevant de l’économie participative, chaque cheval ayant plusieurs propriétaires. Pour Capucine et Véronique, c’est un véritable défi, devant répondre à la fois à un rêve et à des exigences imposées par le monde des courses.
La signature Capucine Nicot
Elle se dessine dès l’achat des chevaux, « exclusivement ceux qui ont déjà couru ou des chevaux difficiles à monter et non des jeunes, nécessitant plus d’encadrement », explique Capucine. Souvent en situation de burn-out, les ambassadeurs de l’écurie de territoire ont ainsi l’opportunité d’une nouvelle vie. « C’est une autre méthode, les chevaux sortent beaucoup et je prends le temps qu’il faut, un an minimum », poursuit Capucine, citant pour exemple Lady Pink, dont elle a bien failli se séparer jusqu’à… ce qu’elle lui formule clairement qu’elle risquait de poursuivre sa vie en cheval de polo. Peu de temps après, Lady Pink gagnera sa première course ! « Ils comprennent tout et il faut s’adapter à leur personnalité. Pour Lady Pink, il fallait trouver sa tactique de course », souligne Capucine.
Aux petits soins… personnalisés
« Les chevaux ne demandent qu’à donner », affirme Capucine, cela supposant une attention de tous les instants. Ainsi, trois ostéopathes différents apportent aux chevaux des soins personnalisés.
Royal Vati, treize ans et toujours en lice car « il a refusé la retraite » (et a gagné l’année dernière), a du collagène tous les jours, et oui ! Souffrant de problèmes respiratoires et d’arthrose, Jasmin Doré allait être arrêté avant d’intégrer l’écurie. « Depuis, il a gagné quatre courses et a été quatre fois second, le tout sur dix courses », se réjouit Capucine. Pour Albertinelli, « tout est en psychologie », et à le voir prendre ses aises le temps d’une pause en liberté passée à brouter la pelouse du jardin, tout va bien de ce côté-là.
Rocambolesque, le petit dernier
Il est arrivé en juin et n’a pas encore été officiellement présenté lors du rassemblement annuel de l’écurie. « Il avait une réputation très compliquée », explique Capucine précisant qu’il était toujours devant avant de perdre complètement le moral. « Je l’ai mis au pré avec les retraités et après il se croyait en balade lors des entraînements ! », sourit-elle. Une manière de reprogrammer ce cheval de cinq ans, arrivé en état de stress intense et qui courra de nouveau à Fontainebleau le 6 mars, « sans l’utilisation de la cravache », insiste Capucine. Pas de cravache, autre caractéristique de sa méthode d’entraînement.
Après tous les autres, Rocambolesque illustre une nouvelle fois l’approche de Capucine auprès de chaque cheval dans le souci de son bien-être et de son moral, et voilà bien ce qui fait sa signature d’entraîneur. Une signature unique, prenant sans aucun doute ses racines dans l’héritage familial.
Dans le monde du cheval et des courses, Capucine Nicot avait déjà un nom. Elle s’est aujourd’hui fait un prénom à son image et n’aime rien tant que partager le lien indéfectible qui l’unit au cheval. Et c’est passionnant.
Lire aussi
-
PortraitsLe Ré Beach Club : une histoire de passion… et de famille
Le Ré Beach Club a fêté ses vingt ans d’existence en s’offrant, au mois de novembre, un titre de Champion d’Europe. Retour sur le parcours sans faute de ce petit club devenu grand, grâce à une famille férue de volley : les de Kergret.
-
PortraitsJustine Desvilles une battante au service des séniors
Enfant, Justine Desvilles, directrice des Jardins d’Arcadie au Bois-Plage, avait pour objectif de devenir soit notaire, soit pharmacienne.
-
PortraitsArthis Espagnon, toutes voiles dehors
À tout juste vingt ans, Arthis Espagnon est en route vers son rêve…

Je souhaite réagir à cet article