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Bière et Ânes de Ré, la merveilleuse rencontre

Image champêtre pour la nouvelle bière. Mais ne dirait-on pas que ce baudet facétieux veut la goûter ?
Publié le 19/05/2022

Qu’ont en commun la brasserie insulaire et Régis Léau ? L’amour de l’Ile de Ré et de son terroir, des valeurs d’engagement et de partage. Et désormais une bière.

Il attend depuis 1998. Après de réelles difficultés à mener un tel projet à terme, il a enfin trouvé un havre pour ses ânes. Une asinerie longtemps espérée va voir le jour et a besoin de tous les soutiens. Car Les Ânes de Ré, ceux de Régis Léau, sont à l’Ile ce que les vagues sont à l’océan.

Alors lorsqu’il s’agit de choisir quelle nouvelle cause soutiendra la bière associative voulue par la brasserie artisanale Bières de Ré, son Directeur Général Vincent Norguet n’hésite pas.

Un emblème rétais

Habillés de leurs traditionnelles culottes, les ânes de Régis Léau font la joie des enfants juchés sur leur dos pendant l’été, du côté du parc de la Barbette à Saint-Martin. Mais on les découvre bien avant. A l’entrée de la commune, allant et venant avec nonchalance et reconnaissables par leurs longues dreadlocks leur donnant un petit air rasta, les baudets du Poitou mais aussi les autres, ânes communs s’ajoutant au troupeau, ont déjà enchanté les nouveaux venus, tandis que les insulaires leur portent au passage un regard tendre et protecteur.

Aussi l’émotion fût-elle tristement rageuse, lorsque fut découvert l’année dernière au cœur de l’été, un petit ânon cruellement assassiné dans les remparts. Pas touche à nos ânes ! Régis Léau en est encore touché, même s’il préfère ne pas s’appesantir sur le sujet.

Pour le bien-vivre des ânes

« Les naissances 2023 seront à l’abri » se réjouit l’éleveur à la Brasserie artisanale des Bières de Ré. Bien sûr, nous parlons de l’asinerie en devenir, où les ânesses pourront mettre bas dans un environnement plus favorable, notamment en février/mars où il fait encore froid. Confort à venir aussi pour Régis Léau lui-même, qui dormait dans sa voiture en attendant une naissance. Désormais, la télésurveillance lui permettra de suivre leur progression à la minute près.

Ajoutons à cela trois à cinq box pour le poulinage et un pour le reproducteur. C’est sûr, les ânes et leur propriétaire auront la vie plus belle.

Rappelons aussi que Régis Léau est acteur de la préservation des baudets du Poitou, espèce en voie de disparition, seulement « 230 femelles et 90 mâles étant agréés en race pure à travers le monde », explique l’éleveur qui peut s’enorgueillir d’en posséder une vingtaine sur les quarante-huit de son troupeau.

A ses côtés, en plus des activités touristiques et de la production de lait d’ânesse, prisé dans savons et produits cosmétiques, Catherine ouvrira un pôle de médiation animale, nom officiel du soin prodigué aux humains par la relation à l’animal, et qui sera proposé avec les ânes en culotte ne travaillant qu’aux mois de juillet et août.

La bière Les Ânes du Pertuis réinventée

Née en 2017, la bière associative de la brasserie artisanale Bières de Ré a inauguré la mission qu’elle s’était donné avec l’association Moufette, avant de poursuivre en 2019 avec la SNSM, soutenue comme la précédente pendant deux ans. Covid et crise sanitaire suspendent ensuite cette belle initiative.

C’est en 2021 que Vincent Norguet rencontre Régis Léau et alors que la démarche de financement participatif initiée par une particulière a permis de viabiliser le terrain de l’asinerie, le Directeur Général des Bières de Ré décide d’apporter sa pierre à ce beau projet.

La bière « Les Ânes des Pertuis » existe déjà, mais peu importe. C’est avec une toute nouvelle recette, concoctée par le brasseur de l’entreprise, Herchea Ionut, qu’elle soutient aujourd’hui la construction de l’asinerie rétaise. Privilège de presse, nous la découvrons en compagnie de toute l’équipe des Bières de Ré et de Régis Léau. Blonde et riche d’une légère amertume, voilà une cuvée qui illustre à merveille la rusticité authentique du territoire et de ses ânes vivant en liberté non loin de l’océan.

Comme il est d’usage concernant la bière associative de la brasserie rétaise, quarante centimes d’euros par bouteille vendue seront reversés pendant deux ans à l’asinerie de Régis. Mais « je me suis engagé moralement sur la finalisation du projet », précise Vincent Norguet. Ce qui veut dire deux ans… ou plus. En vente depuis début mai, il a été prévu de belles quantités de la cuvée dédiée aux ânes de Ré. Car c’est sûr, les vacanciers ne seront pas les seuls à s’en délecter, les Rétais ayant à cœur de soutenir Régis Léau autant que de savourer leurs richesses locales !

 

Bières de Ré, entreprise responsable et engagée

Bien que les coûts de production aient considérablement augmenté avec la crise actuelle (ceux du verre en situation de rupture, mais aussi du papier et du carton), l’entreprise a choisi de ne pas augmenter les prix de ses bières, certaines n’ayant pas crû depuis 2018 et d’autres depuis 2014. Forte d’une belle croissance et soucieuse de développement durable, Les Bières de Ré ont investi : récupérateurs d’eau chaude pour économiser à la fois eau et électricité, sacs de malt recyclés et drèches céréalières à destination de l’alimentation animale. Pas de gaspillage et un malt 100% régional et bio, « même si non revendiqué », précise Hercha Ionut, nous présentant en détail les étapes de création de la bière rétaise

Pauline Leriche Rouard

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