Patrimoine

AMIGO - La Couarde sur Mer

Assemblée générale in situ pour les Amis du Goisil

Inabouti, le curage de mars dernier n’a guère amélioré la situation du chenal
Publié le 19/08/2021

Le contexte sanitaire actuel a conduit le Bureau de l’association AMIGO à trouver une alternative pour la tenue de son Assemblée Générale annuelle

Et c’est une innovation qui s’avère des plus réussies. En lieu et place de la salle des associations couardaise, c’est sur le site même du Goisil que le (nouveau) Président Bruno Camuset a réuni adhérents et élus pour une AG en plein air et sous un soleil radieux, ne contrariant en rien l’atmosphère studieuse nécessaire à un ordre du jour plutôt chargé.

Première AG pour le nouveau bureau

A l’issue de l’assemblée générale 2020, le Président Jacques Simonneau avait annoncé sa démission (après de nombreuses années) de son poste de Président. Sans plus attendre, une réunion du Conseil d’Administration avait alors suivi. Prolongement naturel de sa mission de Secrétaire et se portant candidat, Bruno Camuset est aujourd’hui le nouveau Président de l’AMIGO. « Je suis honoré de prendre la succession de Jacques Simonneau, je n’ai qu’à poursuivre son excellent travail », affirme-t-il. Désormais entouré de Jean-Patrice Poirier au poste de Secrétaire et toujours du fidèle Philippe Retuerto à celui de Trésorier, le Président Bruno Camuset orchestre pour la première fois l’AG de l’association, avec un peu d’émotion il faut bien l’avouer.

Curage du chenal : la déception

Si 2020 a été l’année de la crise sanitaire, elle a aussi été celle d’un curage du chenal longtemps attendu. Planifiés puis annulés par les services départementaux pour finalement être reprogrammés, les travaux ont bien eu lieu en mars dernier, mais leur issue est loin d’être satisfaisante. Un sujet qui fâche un peu et prend une large part dans les rapports moral et d’activités présentés par Bruno Camuset.

Pourquoi de si mauvais résultats ? « On constate que le curage n’a pas été fait de manière uniforme », explique Bruno Camuset, précisant qu’il reste « des bosses entraînant des retenues de vase ». Selon lui, le cahier des charges n’a pas été correctement mis en place par le Département, contraint par ailleurs de sous-traiter l’opération. Ajoutons à cela un problème technique, le tracé du chenal n’ayant pas été préétabli, et quelques lacunes côté équipements.

En un mot comme en cent, le problème n’est pas réglé. Les propos de Bruno Camuset trouveront leur écho dans ceux du Maire, Patrick Rayton n’hésitant pas à qualifier le travail réalisé « d’inacceptable ». Car sur les quelques 1 500 m3 de vase qui devaient être retirés, à peine 500 m3 l’ont été effectivement.

Balisage : en attente

De fait et bien que le dossier préparatoire destiné aux services Phares & Balises ait été préparé, la sécurisation du chenal ne pourra pas avoir lieu dans l’immédiat. Outre les retards liés à la crise sanitaire, il est évidemment inenvisageable de baliser un chenal sur lequel le travail de curage n’a pas été correctement mené et dont le tracé sera fatalement à revoir. Sur ce point encore, M. le Maire confirmera le blocage du dossier pour lequel un devis estimatif a été donné.

Restauration des pontons

Participant pour beaucoup aux charmes du site, les pontons de bois nécessitent d’être restaurés. Un recensement a été fait par la Mairie et sept d’entre eux ont été fermés par arrêté municipal car jugés trop dangereux.

Pour l’association, le sujet est important. Car avec trente-sept personnes en liste d’attente, la restauration des pontons est une source non négligeable de ressources financières supplémentaires pouvant servir la revalorisation du site.

Après avoir évoqué ces différents sujets de manière très exhaustive, Bruno Camuset conclut ses rapports en listant les nombreuses autres tâches menées. Citons pour exemple la surveillance hivernale, le retrait de pierres émergentes au milieu de chenal après le curage, l’aide au retrait des épaves ou encore l’opération de nettoyage menée sur le site. Le Président appellera enfin à un bon entretien du pourtour des pontons, « une démarche individuelle qui nécessite l’effort de tous » avant de souligner l’implication de la Mairie, « notamment concernant les travaux de curage ».

Une vision pour le Goisil

Soucieuse du bon fonctionnement du site pour ses activités de plaisance, l’AMIGO entend aussi porter de plus hautes ambitions. Pour son Président, il s’agit de « donner une impulsion et de définir un plan d’actions » propre à donner au Goisil la place qu’il mérite. « Que le Goisil ne soit plus le bout du village », plaide Bruno Camuset, souhaitant promouvoir une vision globale du site, allant de la base nautique à la piste cyclable très fréquentée en été, en passant par la plage et les marais salants alentours. Et pour cela les idées ne manquent pas : compte tenu de l’avenir incertain du bassin, ne serait-il pas possible de prolonger le chenal en son intérieur afin d’y créer de nouveaux emplacements assortis de pontons ? D’envisager une vingtaine d’emplacements supplémentaires à la sortie du chenal ou encore de curer les souilles dans le même objectif ? Autant de propositions et de questions à poser à M. le Maire.

Des élus très attentifs

Arrivés à vélo pour rejoindre la petite assemblée, le Maire de La Couarde Patrick Rayton et la Conseillère déléguée Virginie Canard, en charge du site du Goisil, se prêtent de bonne grâce au jeu des questions-réponses, celles-ci reprenant les sujets évoqués précédemment.

Sur le curage du chenal, si Patrick Rayton ne peut « garantir une nouvelle opération en 2022 », il entend en revanche résoudre la question du paiement des travaux de mars dernier. Le Département a proposé des avoirs sur de futurs travaux, solution refusée par le Maire qui a écrit à la Présidente du Département et rencontré sur le sujet le nouveau Conseiller départemental Patrice Raffarin. « J’attend maintenant une réponse politique », précise-t-il, « pour le moment on en est là ».

Sur la question des pontons et de nouveaux emplacements, Patrick Rayton raisonne en obligations. Pas d’emprunt possible pour l’entretien, seules des dépenses d’investissement ouvrant cette possibilité. Et en cas d’investissement, encore faut-il avoir les capacités de rembourser, soit 4 000 € par an à aujourd’hui. « L’équation est complexe », explique le Maire, ne fermant néanmoins pas la porte aux projets.

Mais « la DREAL n’acceptera aucun changement de physionomie du site », précise Virginie Canard. Induisant le passage obligé devant les nombreuses instances en vigueur : DREAL, ABF, Commission des Sites voire Ministère de l’Environnement, « c’est une opération de longue haleine », reconnaît M. le Maire.

L’ensemble des sujets ayant été passés en revue, l’AG de l’AMIGO se terminera comme le veut la tradition par le traditionnel « pot de l’amitié ».

Pauline Leriche Rouard

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