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Arthis Espagnon, toutes voiles dehors
À tout juste vingt ans, Arthis Espagnon est en route vers son rêve…
Boitais, Arthis Espagnon n’a que six ans lorsqu’il pose ses petits pieds sur une planche de surf, premier sport nautique qu’il débute au sein du Surf Club Rétais. Et tant qu’à faire, c’est également à cet âge tendre qu’il fait son premier stage de planche à voile au CNCG*. Quelques années plus tard, le voilà inscrit dans les deux clubs, il a dix ans, la mer est déjà sa passion et il ne l’a pas quittée depuis.
De l’Élémentaire au lycée
Bien sûr, Arthis suit son parcours scolaire mais toujours avec la glisse dans les parages. Option sports nautiques au collège où il pratique le surf le mercredi et la planche à voile le samedi, puis Sport- Études option voile au lycée Jean Dautet de La Rochelle qu’il rejoint le moment venu. En internat, Il y évolue sur un rythme dense, intègre le pôle France Junior de La Rochelle et enchaîne entraînements sur l’eau, préparations physiques et régates toutes les deux semaines. Autant dire que tout cela laisse peu de temps pour les frivolités mais tel est son choix. « C’est une exigence globale et ça fait grandir rapidement », reconnaît-t-il simplement.
Soutien familial indéfectible
Et c’est très important, ne serait-ce que sur le plan financier. Ajoutons qu’Arthis a eu sous les yeux l’exemple de son père, faisant lui-même beaucoup de voile puisqu’il a participé au JO de Pékin en 2008 ainsi qu’à la Solitaire du Figaro. Bref, les chiens font rarement des chats et ses parents encouragent et accompagnent sans faillir la passion de leur fils, à la condition qu’il passe son Bac, chose faite en 2022, Arthis arrivant la même année troisième au Championnat de France des moins de dix-neuf ans à Quiberon.
Une pause d’un an
2023, direction le Sud de la France et Perpignan, où Arthis suit un BTS en alternance entre l’école et un chantier naval à La Grande Motte. « Un grand changement », souligne-t-il, évoquant cette première expérience de la vie autonome. Entraînements, compétitions, tout est en pause pendant un an. Mais dès 2024, le voilà reparti pour un tour… de France à la voile, de Dunkerque à Saint-Malo en plusieurs étapes et en équipage. Il y découvre la vie à bord, son envie de prendre la mer se confirme et son projet de mini-transat se dessine. « C’est un projet à risques, environ 200 K€ sans le bateau », précise-t-il. Il l’expose à ses parents et ces derniers, comme toujours, le soutiennent.
2025, les planètes s’alignent
A Rochefort, où Arthis suit la seconde et dernière année de son BTS, il bénéficie d’un cursus aménagé pour pouvoir naviguer et ce n’est là que le début d’une année déterminante. Présentant son projet à la municipalité du Bois-Plage, il y reçoit un accueil favorable, l’ouverture à la CdC et l’accord de principe pour un soutien financier est un véritable « feu vert ». Février, c’est aussi le mois où il trouve son bateau, un mini de 6,50 m de long pour 3 de large et seulement 2m² d’espace de vie. Il a fait deux traversées et se trouve à La Turballe. En avril, Arthis le ramène avec son père et s’inscrit au CEV* de La Rochelle. C’est là qu’il va suivre toutes les formations nécessaires à son projet et elles ne manquent pas, allant de la météo à la sécurité en passant par préparation physique, stratégie de navigation et entraînement. « Du non stop toute l’année sauf l’hiver et en période de courses », précise Arthis.
En juin et son BTS en poche, il prend le large jusqu’à Douarnenez et passe trois jours en mer, seul, avant de reprendre les régates.
L’été 2025 sera aussi marqué par d’importantes rencontres, dont l’une fructueuse avec l’un des partenaires de la jeune Violette Dorange. Aussi déterminé sur terre que sur mer, Arthis ne perd pas de vue les conditions de réalisation de son projet.
Cap sur 2027
Naviguer, toujours plus et toujours mieux, apprendre ce qui doit l’être, se perfectionner, se dépasser, s’entraîner encore et encore… d’ici octobre 2027, date de départ de la mini-transat qui, au passage, fêtera son cinquantième anniversaire et partira des Sables d’Olonne pour rejoindre Saint-François en Guadeloupe, Arthis a encore beaucoup à faire. Mais on devine déjà, derrière son calme et une maturité étonnante pour son âge, la détermination et la passion qui le portent. C’est sûr, Arthis Espagnon est bien fils de Ré et il en portera les couleurs avec fierté.
*CNCG : Centre Nautique Couardais de Goisil / CEV : Centre Excellence Voile
Envie d’en savoir plus ?
www.arthis-espagnon-minitransat-2027.com/
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