Arthis Espagnon : maxi motivation pour la Mini Transat
Le Boitais de 20 ans se prépare pour la course au large, en solitaire, sans communication et sans assistance, direction Salvador de Bahia au Brésil, sur un bateau de 6,50 m aux couleurs de la communauté de communes et du Bois-Plage.
Arthis Espagnon n’a qu’une envie : « partir en mer », confie-t-il mercredi 23 septembre, à l’occasion d’une conférence de presse organisée au Grand Pavois de La Rochelle. Le skipper boitais, 20 ans, est déjà dans les starting-blocks, un peu moins d’un an avant le départ de la Mini Transat, une course au large sur un bateau de 6,50 m, en solitaire, sans communication ni assistance. Le 12 septembre 2027, il prendra le départ depuis les pontons du port de La Rochelle, direction Las Palmas de Gran Canaria pour la première étape, puis Salvador de Bahia au Brésil pour la seconde.
« Je connais mon bateau par cœur »
Arthis a fait ses armes en planche à voile lorsqu’il était licencié au Centre nautique couardais du Goisil (GNCG), jusqu’à se hisser sur le podium mondial en 2023 et un titre de champion de France en 2024. Puis il s’est lancé dans le projet Mini Transat il y a un peu plus d’an et demi. « Grâce à un mécène, j’ai acheté le bateau en février 2025. J’ai sorti le bateau de l’eau pendant trois mois, j’ai tout démonté, je l’ai mis à nu et j’ai tout repris. Je le connais par cœur. » En juin de la même année, juste après avoir validé son BTS europlastics et composites – le deal convenu avec ses parents -, il réalise sa première course. Depuis, les études sont en off et le skipper se consacre à 100 % sur son projet qui mêle recherche de sponsor, communication, organisation d’événements, performance sportive et maîtrise de soi.
A bord, la classe Mini interdit les téléphones portables (sous scellé en cas de gros pépin) et les ordinateurs. En résumé, toute connexion avec le monde extérieur. Pour se repérer, les navigateurs utilisent un GPS standard qui leur donne des coordonnées, qu’ils reportent sur une carte papier afin de connaître leur position. Pour les prévisions météo, ils écoutent un bulletin quotidien diffusé par VHF, dont ils couplent les données avec celles de leur baromètre et leur lecture du ciel. « Nous faisons avec nos connaissances sur les nuages et le vent. » Ils embarquent également un pilote automatique et un hydrogénérateur. « L’apprentissage est basique, sans écran, sans routage. Nous sommes coupés du monde et proches des éléments. Ce sont des moments privilégiés. »
Top 10 de la Mini Atlantique
En août, Arthis a bouclé la Mini Atlantique sur son bateau, aux couleurs de la communauté de communes de l’île de Ré et du Bois-Plage. La course reliait Les Sables d’Olonne aux Açores, aller-retour, avec quelques jours de repos entre les deux navigations. « Je fais une première étape mitigée, car j’ai pris une mauvaise option de route. Je termine 23e. » Au retour, le compétiteur prend le dessus et arrive 4e. Résultat : il termine 10e au classement général. « Les deux dernières nuits, j’ai dormi trente minutes. Je suis arrivé shooté d’adrénaline. C’était énorme, j’ai mis une semaine à réaliser », savoure-t-il encore.
La prochaine grande étape sera donc la Mini Transat, avec sa traversée de l’Atlantique en passant par le pot au noir, zone océanique instable, proche de l’équateur, et redoutée des marins. D’ici là, Arthis, dont « le bateau est prêt », met l’accent sur sa préparation à lui. Depuis le Centre excellence voile de La Rochelle, il suit un entraînement physique pour « être agile, capable d’encaisser les chocs violents et les coups de fatigue. Je veux être en phase avec mon corps, me connaître et pouvoir réagir : savoir revenir au calme en situation de stress pour prendre les bonnes décisions ».
Là, la préparation mentale entre en jeu : « j’ai des musiques et des mots de ma famille pour me calmer, je fais des exercices de respiration. Et je me répète une phrase : ‘‘ce qui dépend de moi, uniquement de moi’’. » Pour se tester, il a fait le tour de Belle-Île-en-Mer, soit 85 km, en deux jours. « L’objectif était de me mettre en situation de fatigue dans un autre cadre. » Dans les mois d’hiver à venir, il prévoit de « naviguer dans des conditions plus difficiles et aiguiser mon œil marin. » Il se fixe un nouveau top 10 à l’arrivée au Brésil.
Après 2027, Arthis y pense déjà : « La suite, ça se construit. Mon objectif est de faire des courses plus longues, d’intégrer la Class40 pour la Solitaire du figaro et d’être au départ de la route du rhum 2030. »
instagram : @arthis_espagnon
Avec les écoliers rétais
Au salon nautique de La Rochelle, Arthis Espagnon a fait visiter son bateau aux enfants de L’Îlot mômes, le centre de loisirs du Bois-Plage-en-Ré. « A leur âge, je suis venu au Grand Pavois. Nous avions vu le bateau d’Antoine Cornic », se souvient-il encore. Alors, à son tour, il transmet aux écoliers qui suivent son parcours en course, ses debriefs, ses sorties sur la plage et sa sensibilisation sur l’univers de l’océan.
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