Environnement

Environnement - Saint-Clément des Baleines

APSSC : fréquents recours et sujets de mécontentement

© APSSC - Le chemin piétonnier et naturel prévu entre le parking végétalisé du Moulin Rouge et l’arrêt de bus des Salorges est devenu piste cyclable bitumée, au grand dam de l’APSSC.
Publié le 30/08/2023

Caserne d’Ars-en-Ré, bâtiment agricole du Godinand, Java des Baleines, aménagements de la mairie, projet de logements sociaux des Ouches, mobil-home à étage d’un camping, maisons trop imposantes… les sujets de mécontentement de l’APSSC sont nombreux et ont été exprimés lors de l’AG du 14 août.

La présidente de l’Association de protection des sites de Saint-Clément a ainsi annoncé à ses adhérents avoir déposé un recours en requérant volontaire contre le projet de la caserne départementale à Ars-en-Ré (lire nos articles sur realahune.fr).

Caserne d’Ars : « un projet démentiel »

« Elle doit être délocalisée, elle est vétuste, cela ne fait aucun doute mais notre recours porte sur le plan luimême du projet. Prévu sur un terrain agricole, au milieu de terrains naturels, ce projet est démentiel, grand, moderne, absolument pas intégré à l’espace et au bâti environnant. Il y a sept requérants contre le Département. La mairie d’Ars semble très ouverte, acceptant des modifications afin de ne pas défigurer l’un des « plus beaux villages de France ». Il est hors de question d’accepter le projet du Département, mais celui-ci accepte de nous recevoir en septembre en vue d’un protocole d’accord, afin de revoir le projet et trouver une solution d’amélioration. S’il ne bouge pas sa ligne sur ce projet, nous continuerons notre recours. », explique ainsi Marie-Christine Hiva.

Une vigilance de tous les instants sur l’urbanisme

L’APSSC a aussi annoncé avoir déposé un recours en requérant volontaire contre la Commune qui a autorisé un bâtiment rue des Volées : « Il s’agit d’une rue construite en rez-de-chaussée, sur laquelle un architecte a dessiné les plans d’une maison de 7,23 mètres de hauteur, la mairie a validé le permis de construire. Nous avons déposé un recours gracieux. Un bâtiment énorme a déjà été construit rue des Tamaris, nous ne voulons pas de bis repetita. Les travaux ont été stoppés après les recours de quatre riverains qui ne veulent pas que cette construction fasse jurisprudence, la structure de la maison a toutefois déjà été érigée. » « Je n’ai pas d’arguments juridiques pour la refuser », rétorque la maire de Saint-Clément, Lina Besnier, qui n’a pu être présente à l’AG mais a souhaité apporter ses réponses via Ré à la Hune.

Concernant le projet de bâtiment agricole de 580 m2 du Godinand, avec germoir de pommes de terre, Marie-Christine Hiva constate : « Le permis a été affiché le 20 décembre 2020, au 20 décembre 2022 les travaux n’avaient pas été entamés, ce qui rend caduque le permis et oblige le propriétaire à le redéposer. J’ai pris des photos, nous allons faire dresser un constat d’huissier. » L’association craint, en effet, qu’une partie du bâtiment soit destinée à de la location touristique, avec détournement d’usage. Lina Besnier affirme de son côté que le propriétaire a commencé à couler la dalle. A suivre donc (lire notre article suite à l’AG de l’APSSC d’août 2022).

Un bon point pour le parking du Moulin Rouge

« La Java des Baleines, pour l’instant on n’en parle pas, le dossier étant au contentieux, je n’ai souhaité faire aucun commentaire. On attend le jugement du Tribunal Administratif en 2024, sans plus de précision de date. J’ai préféré passer sous silence ce sujet, pour éviter les polémiques. »

« On se réjouit du nouveau parking végétalisé du Moulin Rouge, nous avons félicité la maire, avec toutefois un petit bémol, l’entrée du parking de la mairie, situé en face de l’église, qui devait être végétalisé avec arbres et arbustes, va être bitumé pour permettre la circulation du bus scolaire, qui tourne à cet endroit. Nous sommes déçus. »

L’APSSC regrette que la mairie ait « changé d’avis au sujet du petit chemin piéton naturel, en caillebotis et bordé de végétation, prévu sur une largeur de 50/60 cm, entre le parking végétalisé et l’arrêt de bus des Salorges. Au lieu de cela, elle a fait une piste cyclable en bitume de 3 m de largeur, sans aucune autorisation ! » « Le Département a fait il y a quelques mois une piste cyclable allant des marais aux Salorges. Il fallait bien assurer la continuité pour les vélos, cyclistes et piétons y circulent. » rétorque Lina Besnier, refusant de faire la séparation végétalisée entre les deux sens réclamée par l’association, les différences de revêtement étant accidentogènes pour les vélos, selon elle.

Mobil home à étages et jacuzzi

Autre sujet d’exaspération pour les adhérents de l’APSSC, les quinze mobil home à étage du camping de la Plage, « installés sans autorisation ni demande de permis de construire, or la loi exige des campings de déclarer en mairie toute modification d’aspect paysager. » « Il y a un vide de la législation en la matière, ces mobil home sont démontables et n’ont pas besoin de permis de construire », estime Lina Besnier, qui a écrit plusieurs fois à ce sujet à la DREAL et à l’ABF*, « d’autant que ce camping est situé dans la bande des 100 m ». Pas de réponse reçue non plus par l’APSSC qui a aussi écrit aux services de l’Etat et dénonce l’installation de jacuzzi privés dans ces mobil-home au regard des économies d’eau à faire par tous.

Le projet de logement des Ouches en ligne de mire

Essentiel à la vie et au devenir de la commune, le projet de logements sociaux des Ouches « est en sommeil, le terrain n’a pas été vendu », estime Marie-Christine Hiva. « Nous nous réjouissons qu’il y ait des logements sociaux, Saint-Clément n’en a pas assez, mais nous ne les voulons pas aux Ouches, où ils seraient construits sur un remblai d’1,80 m de hauteur, avec des maisons perchées et sur pilotis ! Cinq requérants et l’APSSC sont bien décidés à faire chacun un recours indépendant, d’ailleurs lors des voeux du maire de Saint-Clément, Lionel Quillet, président de la CdC de l’île de Ré, a dit qu’il y aurait des logements sociaux à Saint- Clément, « aux Ouches ou ailleurs », ce qui prouve que les élus savent que ce n’est pas faisable aux Ouches. » A ce sujet, aucun commentaire de Lina Besnier, qui ne souhaite pas évoquer les éventuelles avancées du projet.

Solaire non encastré : « oui, mais… »

Enfin, l’APSSC va adresser ces jours-ci un courrier à la CdC dans le cadre de la modification simplifiée N° 2 du PLUi* permettant l’installation de panneaux solaires non encastrés dans les toitures. « Nous ne sommes pas spécialement contre à condition que ces panneaux solaires restent dans le ton du toit (pas noirs), à l’abri des regards et à raison d’un seul panneau par toiture. Nous souhaitons contextualiser, préciser cette autorisation. Nous accepterons cette modification du PLUi sous réserve que ces précisions soient apportées. », conclue Marie-Christine Hiva, qui s’emploie à maintenir des relations courtoises avec Lina Besnier, « malgré nos sujets de désaccords et nos échanges parfois tendus », ce qui ne fut pas toujours le cas de l’association lors de la précédente présidence.

*ABF : Architecte des bâtiments de France / DREAL : Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement / PLUi : Plan local d’urbanisme intercommunal

Nathalie Vauchez

Réagir à cet article

Je souhaite réagir à cet article

* Champs obligatoires