Enfants et jeunes

La nuit de la pédagogie - Saint martin de ré

Des approches pédagogiques « nouvelles » pour motiver élèves et enseignants

Inspectrice de l'Education Nationale, Pascale Raveau souhaite, avec ce type de soirée, motiver les enseignants à explorer de nouvelles approches pédagogiques.
Publié le 05/02/2019
Des approches pédagogiques « nouvelles » pour motiver élèves et enseignants
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Simulation globale, cogni-classe, école du dehors ou encore apprentissages émotionnels, sont autant de concepts présentés aux plans théoriques mais aussi pratiques, illustrés de témoignages d’enseignants les ayant mis en place, en Charente-Maritime.

Initiée par l’Inspectrice La Rochelle Ouest – île de Ré de l’Education Nationale, la « nuit de la pédagogie » a attiré nombre d’enseignants et professionnels de l’enfance ainsi que quelques parents, jeudi 17 janvier 2019 à Saint-Martin de Ré. Ils ont été accueillis par le mot du Maire, Patrice Déchelette, ancien professeur au Collège des Salières qui avoue de plus être au fait des avancées pédagogiques depuis neuf ans, mais est toujours très attentif aux effectifs de l’école. Pascale Raveau, l’Inspectrice, a introduit la soirée et fait le lien entre chaque intervenant expliquant que la présentation de ces nouvelles pédagogies, ou parfois anciennes remises à jour, a pour but de donner envie aux enseignants d’en approfondir certaines, afin de développer leur motivation et celle de leurs élèves.

La simulation globale via la création d’un univers de référence

Présentée par l’école de La Rochelle- Laleu, la « simulation globale » est un scénario cadre qui permet à un groupe d’élèves de créer un univers de référence, un immeuble, un village, une île, un cirque… de l’animer de personnages en interaction et d’y simuler toutes les fonctions du langage que cet univers requière. L’enseignant fixe le scénario de départ, puis est l’animateur-médiateur, tandis que ce sont les élèves euxmêmes qui construisent le contexte et le font vivre.

Ainsi, les 53 élèves de CP, CE1 et CE2 encadrés par trois enseignants ontils créé un immeuble futuriste, imaginé ses habitants avec des identités fictives, noué des interactions entre eux. L’immeuble est « un prétexte » pour aborder les apprentissages dans le domaine du langage, mais aussi de l’écrit, du partage, des interactions entre vie sociale et vie privée, des différences : « nous sommes tous pareils, mais tous différents »… Une vraie interdisciplinarité en somme. Un intervenant est venu aussi présenter la Cité radieuse de Le Corbusier à Marseille, modèle architectural, où les habitants participent au fonctionnement et partagent des espaces de loisirs. « C’est un travail d’équipe dynamisant et enthousiasmant », a expliqué l’intervenante, « on fait des élèves des metteurs en scène et acteurs, qui construisent et jouent le scénario, apprennent à rédiger et travaillent en groupes, chacun d’entre eux investissant une identité fictive ».

Les sciences cognitives appliquées à l’apprentissage : les cogni-classes

Le réseau ECLORE de La Rochelle Ouest travaille sur la motivation, or une cogniclasse est un travail d’équipe pour des enseignants qui décident de mettre en oeuvre dans leurs classes les pistes données par les derniers travaux de sciences cognitives appliquées à l’apprentissage. Les professeurs sont formés aux sciences cognitives et les élèves au fonctionnement de leur cerveau. Chacun a ainsi une conscience plus fine de ce qui se joue au sein de la classe. Les objectifs d’une cogni-classe visent un apprentissage plus efficace à moyen et long terme ; Attractif et motivant pour tous les élèves ; Moins discriminant. Les activités scolaires mobilisent des dizaines de fonctions mémorielles qui travaillent de façon complémentaire, parfois éphémère et limitée. Comment l’élève peut-il mieux retenir ce qu’il apprend ? En s’assurant qu’il a bien compris, en ré apprenant plusieurs fois le temps, en se posant des questions et en étant concentré sur l’information à apprendre. Enfin en rectifiant rapidement la réponse si elle est erronée par un feed-back. Dans ce cadre, les enseignants doivent fournir aux élèves une fiche de mémorisation active (avec des questions et des réponses), des logiciels de mémorisation individualisée et une sélection des essentiels à retenir à terme. Ainsi l’école de Bourcefranc-le Chapus a t-elle mis en place une cogniclasse, elle vise à rendre les enfants plus calmes et davantage acteurs de leurs apprentissages. Rien de tel que se poser une question et y répondre, pour bien apprendre et durablement. Un petit film présentant les méthodes des enseignants ont sans doute donné envie d’aller plus loin à certains enseignants en s’informant sur sciencescognitives.fr rubrique « se former », où ils découvriront par exemple les dix-sept conditions et les clés de la motivation. La réactivation en mode collectif avec un logiciel de test fait de ce dernier un mode d’apprentissage et non plus un contrôle, principe même de la mémorisation active. Plusieurs applications gratuites permettent de voir les résultats de tous les élèves telles PLICKERS, SOCRATIVE et KAHOOT.

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L’école de dehors, une idée qui a le vent en poupe, déclinable de façon variée

D’après une étude réalisée sur un panel de 12 000 parents, le temps de jeu des enfants a spectaculairement diminué et le temps passé à l’extérieur est devenu, pour certains, plus faible que celui d’un détenu. Or le jeu constitue un facteur essentiel pour l’épanouissement de l’enfant, qui doit faire partie de son quotidien. Apprendre en extérieur, en expérimentant, donner aux enfants une plus grande conscience de l’environnement, rendre leurs apprentissages plus stimulants, tels sont les objectifs de l’école du dehors. Ceci en accord avec les programmes, bien sûr.

Ainsi deux petits films ont été projetés, l’un montrant les comportements d’enfants en sortie dans la nature, l’autre un aménagement de jardin et jeux de nature dans une cour de récréation. Pas toujours facile à décliner, les sorties étant de plus en plus encadrées réglementairement parlant.

Les apprentissages émotionnels : la méditation à l’école, pourquoi ?

Méditer, c’est apprendre à se poser, s’apaiser et se recentrer. Cette pratique enseigne aux enfants comment faire attention, être plus attentifs et attentionnés, à l’école comme à la maison. Les bénéfices en sont multiples : réduction du stress des enfants et des enseignants, renforcement des capacités d’attention, développement des compétences émotionnelles, notamment la confiance en soi, climat de bienveillance et de paix à l’école. Les jeunes enfants sont de plus en plus sollicités, de moins en moins capables de se concentrer, on imagine aisément les bienfaits de moments de méditation qui leur sont proposés dans la journée.

Le programme pédagogique et ludique, Voltaire et les Zamizen, en ligne a été présenté, qui procure une initiation à la méditation en pleine conscience pour les enfants de 6 à 10 ans, à l’école, en périscolaire ou à la maison. Facile à animer par un adulte non spécialiste, ce dispositif comprend des informations et outils d’approfondissement.

Des enseignantes motivées pour explorer de nouvelles méthodes pédagogiques

Interrogées par Ré à la Hune, les enseignantes de l’école élémentaire de La Flotte, toutes présentes à cette « nuit de la pédagogie », ont chacune relevé une approche qui les intéresse plus particulièrement. Ainsi, s’inspirant des exemples de gestion émotionnelle, la maîtresse de CP/CE1 a-t-elle dès la semaine suivante instauré des moments calmes avec diffusion de musique, après les récréations et envisage d’aller plus loin. Plusieurs enseignantes étant intéressées, la directrice pourrait envisager l’abonnement (payant) au programme Voltaire et les Zamizen et a commencé des recherches en ligne pour approfondir. L’approche de simulation globale paraitrait plus compliquée à développer dans des classes de 25 élèves, alors qu’à l’école de La Pallice les classes sont d’une douzaine d’élèves. L’enseignante des CM2 voudrait approfondir le concept des cogni-classes, a priori fort intéressant mais insuffisamment développé dans sa présentation. L’ « école du dehors » a bien sûr séduit tout le monde, elle s’applique surtout aux plus petits et n’est pas évidente à gérer pour un enseignant. L’ensemble des méthodes que les enseignantes ont découvertes, de façon volontaire sur leur temps personnel, visent à redonner du sens aux apprentissages, à optimiser ceux-ci et à motiver les enfants. Belle initiative que cette nuit de la pédagogie, pour donner l’ « envie d’avoir envie », celle de développer de nouvelles méthodes pédagogiques pour les enseignants, celle d’apprendre pour les élèves.

Nathalie Vauchez

Quelques clefs pour mieux mémoriser
1/ Savoir
2/ Comprendre ce savoir
3/ Le mémoriser
– Oraliser (puissant mode de mémorisation).
– Développer l’attention : limiter la présence des distractions, élaborer des images mentales.
– Se poser une question est beaucoup plus efficace que de lire ou de regarder.
– Bénéficier d’un feed-back proche avec la bonne réponse.
– Expliquer à son tour ce que l’on vient d’apprendre permet d’en retenir 90% !

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