Environnement

Environnement Les Portes en Ré

AG de l’ASSIP : une association qui reste vigilante

© Catherine Bréjat - Intervention d’Alain Pochon, maire des Portes-en-Ré, en première partie de l‘Assemblée générale, au côté du président de l’ASSIP, Philippe de Longvilliers
Publié le 08/09/2021

C’est devant une salle quasiment pleine que s’est tenue l’Assemblée générale ordinaire de l’Association pour la sauvegarde des sites de la commune des Portes-en-Ré, le 16 août dernier, en présence de Lionel Quillet, président de la Communauté de Communes de l’île de Ré, d’Alain Pochon, maire des Portes-en-Ré et de Dominique Chevillon, président de Ré Nature Environnement et membre du collectif NEMO

Philippe de Longvilliers, président de l’association ? a précisé, lors de l’approbation des comptes 2019 et 2020, que le fait marquant de l’année 2020 avait été une baisse des cotisations, mais que par ailleurs, les dépenses ayant diminué, l’association enregistrait un exercice 2020 positif avec un solde de 1 313,05 €. L’ASSIP, l’une des plus anciennes associations rétaises est aussi l’une des plus importantes en nombre d’adhérents, 600 à ce jour, englobant aussi bien des résidents principaux que secondaires.

Philippe de Longvilliers présenta les nouveaux membres du Conseil : Corinne Nicolas, Étienne de Védrine, Catherine Barbé et Loïc Artru. Quant au Bureau, il est composé de Philippe de Longvilliers, président, Christophe Bertrand, Secrétaire général, Thierry Voiriot, trésorier et Bernadette Frigière, trésorière adjointe. Le président rappela que le Conseil d’administration comprenait 13 membres, mais que les statuts autorisaient un conseil allant jusqu’à 18 personnes et qu’il serait heureux de pouvoir accueillir de nouveaux membres, car l’association a besoin de s’entourer de compétences diverses et en particulier dans le domaine informatique.

Cette année 2020 a été marquée par la pandémie et les activités ont été moins nombreuses que les années précédentes néanmoins l’association est restée vigilante concernant certains projets comme les croisières de luxe du Ponant qui envisageaient de faire escale sur le banc du Bûcheron et l’installation de plateformes ULM dans le pertuis breton.

Alain Pochon : un programme de réalisations en 41 points

Depuis cinquante ans, l’ASSIP poursuit trois objectifs : la défense des côtes et la protection des espaces naturels, le dialogue avec les pouvoirs publics concernant l’environnement et l’information et la sensibilisation du public. Parmi ces grandes orientations, des sujets récurrents comme la propreté du village, les incivilités et dégradations, l’affichage sauvage font l’objet d’un dialogue régulier avec le maire des Portes. Alain Pochon, après avoir souligné la caractéristique de la commune des Portes qui est d’avoir beaucoup de résidences secondaires et peu de résidents permanents, est revenu, de façon détaillée, sur les 41 points du programme d’activités traités par la mairie durant sa première année de mandature. S’attardant sur la question des mouillages, projet important pour le port des Portes qui devrait aboutir en 2023, il expliqua que la mairie travaillait avec le Cabinet Odyssée développement. Il y a actuellement 540 mouillages. Afin d’être sûr d’obtenir un nombre suffisant, 780 ont été demandés. Il est également revenu sur la rénovation du phare de Trousse Chemise qui devrait être entreprise prochainement et mentionna celle de La Chapelle de la Redoute où rien n’a encore été commencé mais qui est au nombre des préoccupations du maire.

Les éoliennes : un véritable champ industriel

Lionel Quillet, président de la CdC est intervenu longuement, rappelant le combat qu’il a toujours mené pour la défense des côtes de l’île de Ré pour laquelle il a réussi à faire débloquer 100M€, dont 60 M€ ont déjà été utilisés. Cela ne s’est pas fait sans difficulté, car faire admettre à l’État de consacrer 100M€ à un territoire peuplé de 17 000 personnes n’est pas évident. Selon Lionel Quillet, il sera à l’avenir encore plus compliqué que Ré fasse partie des priorités, Dominique Bussereau, ami de l’île n’étant plus là et lui-même n’étant plus 1er vice-président du Département. Concernant le projet d’ouvrir une voie propre aux bus sur le pont, représentant un investissement de 30 M€, celui-ci « a été validé par L’Etat mais ne se fera pas, car le maire de Rivedoux est opposé à la 3e voix du pont. » Mais le grand dossier qui inquiète tous et toutes actuellement est celui des éoliennes. « Dans l’île de Ré, nous ne sommes pas « vert » mais « environnemental ». Nous ne faisons pas de politique. Or le projet des éoliennes est un sujet politique. C’est une folie ! » déclare Lionel Quillet. Le projet actuel, très différent de ce qui avait été annoncé, entourera les deux îles de Ré et d’Oléron d’un vaste champ d’éoliennes d’un côté et de l’autre, elles seront face au premier port Atlantique de France en plein développement. « Nous n’avons pas fait tout ce que nous avons entrepris en matière de protection de notre territoire pour en arriver là », conclut Lionel Quillet.

Un possible abandon du projet ?

Dominique Chevillon, ex-président du Ceser Nouvelle Aquitaine (Conseil économique, social et environnemental régional), président de Ré Nature Environnement et membre du collectif NEMO (non à l’éolien marin à Oléron et à son extension) est également intervenu sur le sujet des éoliennes. En décembre 2020, le collectif NEMO découvre sur une carte de l’Etat le projet de parcs éoliens offshore qui devraient longer les côtes oléronaises, rétaises et vendéennes jusqu’aux Sables d’Olonne, projet fondamentalement différent de ce qui était prévu par son gigantisme et son impact sur l’environnement. Choqué le collectif adresse un courrier aux élus et à la presse car il s’agit de la mise en place d’un véritable champ industriel et de ses scories : destruction des milieux marins, de la biodiversité, affaiblissement de la filière pêche… sans compter toutes les opérations de maintenance et de suivi qu’un tel chantier engendrerait. Ré à la Hune s’en est fait largement l’écho.

Le Débat Public devrait commencer fin septembre, après avoir été reporté à plusieurs reprises, et durer jusqu’au 31 janvier. La commission qui est chargée du Débat Public doit donner son avis dans les deux mois qui suivent. Une enquête publique sera diligentée en 2022, qui selon Dominique Chevillon pourrait être le point de départ d’une action contentieuse. De son côté, la LPO devrait s’engager dans un contentieux qui passera directement par le Conseil d’Etat, puis la Commission européenne. Des voies s’élèvent contre ce projet, des avis sont publiés sur l’impact potentiel important sur la biodiversité marine dont il faudra tenir compte. Dominique Chevillon a confiance dans l’abandon du projet.

D’ici là, NEMO continuera son travail d’information des élus, parlementaires et du grand public pour tâcher d’éviter ce qui serait une catastrophe écologique.

Catherine Bréjat

Réagir à cet article

Je souhaite réagir à cet article

* Champs obligatoires