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ADMR Île de Ré : une forte demande mais le personnel manque

©Frédéric Pelé - Remise d’une médaille par David Boussat, directeur de la Fédération ADMR Charente Maritime et Geneviève Teruin, co-présidente de l’association ADMR Ile de Ré, à Valérie Guérin, salariée de l’ADMR Ile de Ré depuis plus de vingt ans.
Publié le 23/06/2022

Fondé en 1945, le premier réseau associatif français de services à la personne, l’ADMR, va fêter cette Sannée ses 77 ans. pécialisé dans quatre domaines que sont l’autonomie, le service de confort à domicile, la famille et la santé, l’ADMR a une forte demande sur le territoire rétais mais, selon son co-président Didier Poussin, elle manque clairement de personnel…

Ré à la Hune : Didier Poussin, quelle est l’identité de l’ADMR sur l’île de Ré ?

Didier Poussin : L’ADMR Île de Ré est une association autonome fédérée appartenant à la fédération de l’ADMR de Charente-Maritime, qui elle-même est reliée au réseau national. Le réseau ADMR est un peu atypique car les bénévoles y ont une grande présence en matière de gestion, il n’y a pas que des salariés. Il y a une volonté que ce soit des personnes du territoire qui s’occupent des demandes et des besoins. C’est pour cela qu’il existe tant d’entités différentes, vingt- cinq juste pour le département de la Charente-Maritime.

Quel est le fonctionnement de l’association rétaise ?

Nous sommes une association certifiée NF Services gérée par deux co-présidents sur le territoire, Geneviève Teruin et moi-même, ce qui n’est pas de trop au vu des demandes. Pour vous donner quelques chiffres, nous comptons 19 salariés et 6 bénévoles qui ont effec- tué, l’année dernière, 17 472 heures de service pour aider 184 personnes. Nous intervenons principalement sur La Flotte, Sainte-Marie, Le Bois-Plage et Saint-Martin. Après une enquête faite auprès de nos clients, nous pouvons dire que 98% d’entre eux sont satisfaits, ce qui est très gratifiant car les clients mécontents savent le dire en général.

Quels sont vos pôles d’activités principaux ? 

Nous intervenons essentiellement sur deux pôles, l’autonomie et le confort. L’autonomie est financée par le Département qui évalue les degrés de dépendance, et qui propose par la suite un plan d’aide à la famille. L’ADMR est donc là pour exécuter ce plan d’aide si la famille a fait le choix de faire appel à elle. L’association, en cas de besoin de réévaluation des besoins, peut alerter la famille pour qu’elle fasse une nouvelle demande auprès du département. L’ADMR est le seul service à domicile sur le département à s’occuper de l’APA, Aide Personnalisé à l’Autonomie pour les personnes dépendantes. Notre seconde activité principale est donc du confort, tout le monde peut y avoir recours, il s’agît notamment de services de ménages, Une troisième activité qui se développe est celle du portage de repas, sept jours sur sept, ainsi qu’un service d’assistance pour les personnes qui font sonner un bracelet en cas de besoin tel qu’une chute ou autre.

Quelles sont vos principales difficultés ?

Notre principale problématique est le recrutement pour deux raisons différentes. La première est que le secteur de l’aide à domicile est en grande difficulté depuis des années, notamment pour recruter des personnes formées et qualifiées, nous trouvons assez facilement des personnes pour faire le ménage, mais pas forcément pour s’occuper de personnes dépendantes. La seconde

problématique est la localisation de l’île de Ré car nous avons très peu d’aides à domicile qui y vivent à cause des loyers trop élevés comparativement à leurs salaires. Les personnes qui postulent préfèrent donc travailler pour l’agence ADMR de La Rochelle afin d’éviter de faire trop de kilomètres. C’est pourquoi nous travaillons prioritairement sur les communes du Sud de l’île plutôt que dans le Nord, par exemple, l’année der- nière, nous avons fait 4681 heures de services à La Flotte contre 63 heures aux Portes. L’aide à domicile est un sec- teur peu valorisé en termes d’image et de rémunération.

Que mettez-vous en place pour favoriser le recrutement ?

Nous mettons à disposition douze véhicules de service, changés chaque année, pour nos salariés qui travaillent au moins 110 heures par mois, alors que jusqu’en 2021 il fallait faire 120 heures pour en bénéficier, nous avons donc baissé le temps de travail pour attirer plus de personnel. De plus, depuis octobre 2021, nous avons appliqué la réforme de la convention collective de l’aide à domicile avec l’avenant 43 qui prévoit une revalorisation des rémunérations et une refonte du système de classifications des salariés. Cela a généré une grande différence pour les salariés avec de l’ancienneté avec des augmentations de 400 à 500 € pour une personne avec vingt-ans de métier, ce qui fidélise les anciens car c’est une vraie reconnaissance de leur travail mais cela n’a pas beaucoup fait changer les choses sur les salaires entrants, ça ne résout donc pas complètement notre problématique de recrutement. De plus, nous avons organisé le 18 mai dernier, à la salle Robert Vergnaud de Rivedoux, une assemblée générale pour mettre en avant nos salariés, dont une avec vingt- ans d’ancienneté à qui nous avons remis une médaille et un bouquet de fleurs pour la remercier de son investissement dans la société et une autre qui partait à la retraite. L’occasion également de remercier l’ensemble du personnel et des bénévoles en leur offrant le verre de l’amitié et de quoi se restaurer.

Avez-vous des projets ?

Lors de notre assemblée générale, Patrice Raffarin était présent et nous a parlé d’un projet de cantine centrale pour les écoles porté par la Communauté de Communes de l’île de Ré. Nous avons donc immédiatement expliqué que nous serions intéressés pour faire partie de cette collectivité de repas puisque actuellement nous allons les chercher auprès d’une association d’insertion à Aytré, alors qu’il serait préférable pour nous de travailler en local. Affaire à suivre…

Stessy Bourreau

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