Environnement

Pollution au large des côtes de l'Atlantique

Grande America 18 mars 2019 : Mesures de gestion du risque de pollution côtière

On voit nettement sur cette photo de la Marine Nationale les nappes de pollution
Publié le 15/03/2019
Grande America 18 mars 2019 : Mesures de gestion du risque de pollution côtière
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Communiqué du lundi 18 mars 2019

Traitement de la pollution maritime par le BSAA Argonaute

Depuis le naufrage du navire Grande America, dans le Golfe de Gascogne le 12 mars en milieu de journée, puis l’identification de plusieurs nappes d’hydrocarbures le 13 mars, les préfets de Gironde et de la Charente-Maritime travaillent en articulation permanente avec le préfet maritime, qui a décidé le déclenchement du plan POLMAR-Mer.

Le jeudi 14 mars, les préfets de la Gironde et de la Charente-Maritime ont décidé de placer les services concernés en phase de pré-alerte du plan POLMAR-Terre, en raison des estimations initiales de dérive, indiquant une approche des polluants dans un délai de 3 à 4 jours.

Les réunions en cellule de veille des services de l’État ont permis de procéder au travail de recensement des moyens. Les maires, qui gardent la responsabilité des opérations de dépollution lorsqu’elles ne dépassent pas les capacités de leur commune, ont adopté cette posture d’alerte et font remonter les moyens à leur disposition. Ils sont tenus informés des évolutions de la situation en mer. Les associations de protection de l’environnement concernées par l’éventuelle application des mesures du plan POLMAR-Terre ont également été intégrées à ces travaux.

L’efficacité de la chaîne d’alerte a pu être testée à l’occasion d’alerte sur le littoral des deux départements. La mise en œuvre du protocole instauré a permis d’analyser rapidement l’origine des polluants en Gironde, en mobilisant le Centre de Documentation et d’Expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux (CEDRE), qui a conclu qu’ils ne correspondaient pas aux hydrocarbures issus du Grande America.

Les dernières estimations du comité de dérive placé auprès du Préfet maritime, indiquent désormais que la pollution ne toucherait pas le littoral durant la semaine à venir. Il convient cependant de tenir compte des conditions de dérives différentes des débris et conteneurs, dont l’arrivée sur les côtes pourraient avoir lieu plus précocement. En raison des nombreux aléas et des évolutions météorologiques, l’estimation des points de côtes potentiellement touchés fait l’objet d’évaluations quotidiennes par le comité de dérive placé auprès du Préfet Maritime

La posture, en pré-alerte, des services concernés par le plan POLMAR-Terre sera ajustée en fonction des éléments fournis par le Préfet Maritime, du niveau des éventuelles pollutions anticipées, et de la nécessité de mobiliser des moyens dépassant les capacités communales ou départementales. L’ensemble des services de l’État reste mobilisé pour anticiper toute évolution de la situation.

Communiqué du vendredi 15 mars 2019

Les conditions météorologiques sur la zone du naufrage du Grande America sont actuellement très dégradées et ont rendu très difficiles les observations aériennes réalisées ce matin par un avion de surveillance maritime Falcon 50 de la Marine nationale.

Une nappe d’hydrocarbures d’une longueur de 4.5 km et d’une largeur de 500 mètres, d’aspect compact, a été observée à proximité de la zone de naufrage, à environ 175 nautiques (environ 325 km) des côtes françaises.

Cette observation semble confirmer qu’il y a toujours un rejet de fioul lourd depuis l’épave.

Les nappes détectées hier n’ont pu être observées à nouveau lors du vol de reconnaissance, en raison d’une mer très agitée.

Par ailleurs, deux conteneurs ont été localisés à la dérive : l’un à 17 nautiques (30 km) dans le nord-est de l’épave, l’autre à 49 nautiques (90 km) dans l’est de l’épave. Des avis urgents aux navigateurs ont été diffusés par la préfecture maritime de l’Atlantique (131 et 132) afin de prévenir les usagers de la mer de leur présence. L’armateur, en lien avec la préfecture maritime de l’Atlantique, planifie actuellement leur récupération.

Traitement de la pollution maritime par le BSAA Argonaute – Crédit Marine Nationale

Le dispositif de lutte antipollution présent sur la zone d’opérations est actuellement constitué :

  • des BSAA* Argonaute et VN Sapeur affrétés par la Marine nationale
  • du VN Partisan affrété par l’EMSA*
  • du BSAM* Rhône de la Marine nationale

Le Ria de Vigo affrété par l’EMSA* est en route et est prévu d’arriver sur zone le samedi 16 mars 2019.

En dépit de conditions météorologiques très dégradées sur la zone du naufrage du Grande America, les opérations de lutte antipollution ont débuté dans l’après-midi.

Leur efficacité restera cependant tributaire des conditions météorologiques.

A la demande des autorités maritimes françaises, une coopération franco-espagnole a été activée dans le cadre du BISCAYE Plan : le remorqueur espagnol Alonso de Chaves, équipé de capacités antipollution, rejoindra le dispositif des opérations en mer en début de semaine prochaine. Un second remorqueur espagnol, le Maria de Maetzu, sera en alerte et disponible à Santander. Enfin, l’avion 102 de la SASEMAR* pourra être sollicité pour des vols de reconnaissance.

Conditions météorologiques sur zone :

  • Vent de secteur Ouest dominant 15 à 20 nœuds (30 à 40 km/h)
  • Mer forte, avec des creux de 4 mètres.

Glossaire :

CEPPOL : Centre d’Expertises Pratiques de Lutte Antipollution
EMSA : Agence Européenne pour la Sécurité Maritime
BSAA : Bâtiment d’Assistance et de Soutien Affrété
BSAM : Bâtiment de Soutien et d’Assistance Métropolitain
SASEMAR : Agence gouvernementale espagnole en charge de la sauvegarde maritime

Les équipes à l’œuvre -Crédit Marine Nationale

Communiqué de Presse Préfecture Maritime de l'Atlantique

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